GRENELLE DES VIOLENCES CONJUGALES : VIOLENCES FAITES AUX FEMMES, LE SILENCE DES CRIS

Un Grenelle des violences conjugales, la une des journaux.

Des chiffres, des statistiques, et une femme qui pleure, un enfant caché dans le silence qui voit la violence, un appel à la police. Un appel au secours, un appel qui restera dans la nuit , celle où tout s’effondre, où tout se brise, et une mère qui rêve de s’échapper. De partir, et qui répète dans le silence des nuits de violences , pourquoi je ne peux pas ?

Elle sait les impossibilités, l’argent, la police, la justice, une éducation patriarcale, des hommes, des femmes, on ne se libère pas de tant de siècles d’endoctrinement en un coup de vent.

La vie alors devient plus petite que.

Elle devrait être le plus grand que car elle l’est mais le mensonge circule plus vite que le sang dans les veines.

Ce que vit une femme prisonnière d’un prédateur est ce que vit notre société humaine pris au piège des mensonges à la source.

La Terre plus grande que tout, et pourtant la plus fragile, celle que d’une main de maître nous détruisons.

File la vie, elle pleure, elle est cette mère qui se heurte aux impossibilités.

Pourtant, il n’existe pas de lois pour ne pas tuer, pour ne pas détruire. Il existe des lois pour punir ces actes de destruction mais elles ne s’appliquent pas.

L’homme continue dans son acharnement de violences et ainsi au-delà de notre culture.

Cet homme à créer la vie, cet homme face à son plus grand orgueil , celui qui se fait César, peu importe le nom d’Empire ou de République, il se veut dominant et dans cette folie consciente, il a créé dans son incapacité, le pouvoir .

Qu’il soit d’argent, politique, économique ou sexuel.

Puis, il s’est posé dans une bourgeoisie confortable aux allures de progrès se donnant les moyens d’aller plus loin et en résultat de détruire plus fortement le plus petit que , le plus petit qui est pourtant le plus grand, la vie.

L’homme mène une bataille contre la vie, contre lui-même, et l’Etat n’est que son armée de lois, de technocratie, de pouvoir, de soumettre l’autre à son obéissance.

Le peuple est cette femme maltraitée otage qu’il soit pauvre ou bourgeois, car au final ils sont sur la même arche et quand la Terre les abandonnera, ils mourront de la même manière.

Au final, le prédateur bâtit sa propre perte en imposant sa domination.

Nuire au plus petit, c’est nuire au plus grand.

Ce grand n’est pas le pouvoir politique d’hommes et de femmes, ni aux femmes aveuglées par ce monde de prestiges plus faux que tout, qui cède aux prédateurs pensant y assoir leur réussite, leurs lâchetés à ne pas se révolter et à croire en étouffant leur propre liberté que les femmes criant le droit de vivre par le respect plein et entier de leur humanité, sans à avoir et voir autre d’elle-même que leur humanité.

Une droite conservatrice et un socialisme, tous deux bercés de douces hypocrisies et politesses, une politique qui se perd dans cette théorie du  bon roi patriarcal qui veille aux grains pendant que nous resterions sans la force de la colère, de la peine, assises et assis, devant le corps d’une femme violée, battue, tuée.

Celles et ceux qui pensent qu’il est excessif ce combat des femmes à crier de douleurs quand une des leurs meurt, à ceux et celles qui ont peur de lever le voile de leur conscience, de perdre leur liberté de confort bourgeois, à ceux qui regardent les nappes en dentelles couvrir les tables où se posent en silence et invisible la misère de notre humanité à conserver la pauvreté comme nature morte d’un tableau immuable qui ne changera jamais.

Si tout était Un alors nous verrions que nous ne pouvons pas lutter contre les violences conjugales, faites aux femmes et aux enfants, sans une révolution profonde de notre société, de notre esprit à la source.

J’écrirai mille fois s’il le faut aux prédateurs, je leur écrirai mille fois le mot vie mais pas un seul sourire ne viendra de leur cœur, et ils me répondront jusqu’à l’infini qu’ils ne rêvent pas.

J’écrirai leurs mots violents, leurs actes poussant une femme.

J’écrirai leur corps dont ils font l’outil de leur violence. J’écrirai le cri de leur cœur emprisonné dans leur violence, leur liberté de vie meurtrie à jamais par leur haine, leurs mains humaines qui ne se tendent jamais pour partager mais toujours pour frapper. J’écrirai leurs rires devant une femme épuisée. J’écrirai leur plaisir à lire la peur dans les yeux de celle qu’ils agressent. J’écrirai leur désir de voir les larmes brûlantes déchirées le visage d’une femme. J’écrirai à ces hommes qui ont dépassé la limite qui leur aurait permise de demeurer dans la vie.

Car l’est-on encore quand on sème la mort ?

Eux-mêmes, ils sont vivants d’apparence et sera-t-il possible de les retrouver un jour comme un de nos frères si leur liberté d’être humain se libérait de leurs morbides violences ?

Faut-il tous les emprisonner par le bras d’une justice qui a condamné les victimes avant de penser à arrêter les coupables ?

Pensons-nous que le carcan d’un endoctrinement culturel va se libérer et rendre une justice respectueuse de l’humain alors qu’elle est la première à briser ?

Pensons-nous qu’au moment où l’on sait  que l’État n’a plus de moyens financiers , il va agir et commencer à faire appliquer les lois existantes qui ne donnent pas le droit à un homme d’user de sa force de violences contre une femme car elle est un être humain et que les lois s’appliquent pour tout être humain ?

Des condamnations d’obligations de soins qui sont une aberration, on ne peut soigner l’âme de celui qui ne veut pas, une âme perdue dans une société où le but est de gagner le plus d’argent pour régner.

Nous sommes cette civilisation perdue qui s’est trompée à la source.

Une civilisation de conquêtes par les guerres, se servant de la pauvreté pour construire ses armées, ces fidèles du pouvoir politique.

Une civilisation qui avait la nécessité de richesses pour exister, la nécessité de combattre sa nudité dans une nature qui se faisait sa dualité.

Elle accueille sa vie, tout comme elle l’a rend impossible.

L’homme contraint d’être intelligent pour se vêtir, chasser et s’échappant de sa condition animale par ses inventions.

L’homme au fil du temps maîtrisant son environnement, le modifiant à ses convenances, devenant l’artisan de la planète, et ne sachant arrêter une élaboration de ses cités, les amplifiant au-delà de la réalité de ses besoins.

La Tour la plus haute, le pont le plus grand, la première puissance, il est devenu cet infernal de son intelligence.

Pour que l’homme puisse de nouveau voir la vie, la source d’elle, et elle est femme, il lui faudrait revenir à la source de ses rêves, à savoir être ce qu’il ne maitrise pas.

Les prédateurs ne cesseront pas d’exister et de tuer dans une civilisation qui est née de la violence des hommes qui n’a cessé de grandir.

Demandons à un prédateur de cesser, demandons à un politique dominant par son pouvoir de démissionner.

Ni l’un ni l’autre ne le feront car ils partagent la même éducation les conduisant à être des murs d’eux-mêmes.

Demander aux marchés de dévaloriser l’argent, de lui rendre sa vraie valeur de pierre, ils ne le feront pas.

Ils calculeront leur impunité, leur continuité, abandonnant leurs victimes blessées, ne tendant jamais une main fraternelle sincère.

La force d’être en colère envers ceux qui perpétuent la violence, leur impunité, leurs indifférences par une société construite pour le leur permettre. Puis des femmes se dressant devant les femmes combattant des hommes qui ont le mental de l’attaque comme raisonnement pour l’autre, la manipulation comme art, qui se fera toujours redoutable pour rester les dominants même si tout s’écroule.

Tout se hâte à se perdre, l’environnement, le feu brûle et ravage, les menaces de forts déséquilibres économiques, les menaces contre la paix, un armement toujours plus intense et dévastateur, la pauvreté grandissante, des enfants mourant de faim, des femmes violées, maltraitées, tuées, il n’y a pas des combats, il y en a un seul, celui pour la Vie.

Quand tous et toutes se lèveront pour lui , nous aurons l’espoir, qu’un jour, un matin jusqu’au soir, aucune femme ait la vie brisée par la cruauté violente d’un homme.

Ces femmes qui ont la force extraordinaire de vie, de volonté de résistance, celles qui se sauvent par courage et chance.

Merci la chance d’être en vie.

Pendant que je respire des prédateurs comptent sur leurs doigts dans leur théâtre abominable de haines, une femme agressée, une femme maltraitée, une femme tuée.

Demain, le Grenelle des violences conjugales sera fini et des prédateurs resteront impunis, un État le restera aussi.

Quand les alertes se lancent, se lancent depuis des années et que l’État laisse des hommes tuer.

 Et, celles à la vie détruite qui se reconstruisent avec la même force dont elles se sont nourries pour lutter contre un compagnon saccageant leur vie.

Pardon d’être en vie, il fallait faire comme l’État laisser mourir, lui qui pense depuis des décennies respecter la République.

Elle qui sommeille et qui n’a pas le droit de vivre.

La Marianne au buste de marbre, est de chaire sur le corps des femmes qui tombent sous les coups, les viols, les traumatismes, des larmes en lames.

Elles qui n’en finissent pas de cacher leurs yeux rougis de souffrances, et celles qui seins nus écrivent sur leur poitrine au souffle de vie « une femme tuée ».

J’écrirai les mots, porte-paroles, de l’intelligence du corps, de celui dont la mémoire se souvient de la main humaine d’un homme  violant sa liberté, sa paix.

Ce corps sans voix, je mettrai ses silences en son de mes mots.

J’écrirai ces chants d’oiseaux qui le matin lui redonnait vie, après que la nuit, un homme l’eut blessé.

J’écrirai les cris des corps de femmes figés dans le silence quand un homme l’agresse.

J’écrirai pour cette femme enceinte pleurant la nuit dans le silence de la souffrance.

De ces rêves interdits d’être libres.

Dans nos cités évoluées, où tout va de plus en plus vite, la violence elle aussi courent de plus en plus vite, et meurent sur les trottoirs froids et gris les milliers de pas que l’espérance fait chaque jour.

Demain, une nouveau jour sera. Nous le voudrions différent de tout ce passé de nos sociétés.

Je le voudrais telle une hirondelle chantant en hiver, rendant les rêves vivant, l’impossible possible, pour qu’un chagrin ne s’écoule plus en infini détresse, pour que la liberté soit dans l’intégralité de son existence pour une femme, un homme, un instant d’Eden, être une civilisation comprenant qu’aimer nous permet de vivre, et le reste de survivre.

Que l’argent, la domination, la méchanceté, cette folie consciente des prédateurs ne leur permettra pas de faire autre chose que de suffire jusqu’à leur propre mort. Briser la vie de l’autre ne les rend pas immortel. Ils volent une vie, ce temps précieux donné à chaque être humain, pensant projeter la leur dans un élan de supériorité en pensant échapper à leur condition de faibles, à leur condition mortelle aussi.

Pensent-ils que de l’enfer qu’ils fabriquent, ils en tireront la gloire de leur démence à faire souffrir ce qu’ils ne peuvent atteindre, aimer. Être aimé et aimé pour être cette vie belle et non uniquement concevoir la ligne qu’ils tracent d’une encre noire sur laquelle une larme tombe et l’efface.

Des larmes et des larmes, unies, qui effaceront toute la ligne que les prédateurs se sont tracés pour but dans la vie.

La force du témoignage, la force de résister, de ne plus retenir le silence dans des pleurs, mais l’exprimer, lui donner sa voix, pour que les enfants dans ce demain qui vient ne vivent pas ce chaos de la violence qui peut détruire la vie.

Pour que les garçons ne soient pas eux-mêmes prisonniers dans la haine d’une culture qui les fait ennemis de l’autre par cette redoutable hiérarchie du plus fort qui classe les êtres humains par ordre d’importance.

La compétitivité, le mot à bannir, si nous voulons que se réalise véritablement  une Paix et Liberté de vivre et non celle accordant aux plus forts le droit d’exister dans son abondance de droits en tuant ceux des autres.

Il n’y a aucune raison pour que l’être humain échoue car comment choisirait-il de ne pas vivre ?

Sa connaissance de la méchanceté sera son pire obstacle, c’est celui que nous impose aujourd’hui, une violence démente de la part d’hommes agressant la moitié de l’humanité, les femmes.

Violences faites aux femmes, le silence des cris.

©Fédora Hélène

Une réflexion sur “GRENELLE DES VIOLENCES CONJUGALES : VIOLENCES FAITES AUX FEMMES, LE SILENCE DES CRIS

  1. Bravo, et merci de ton texte touchant qui contribue à faire ouvrir les yeux de ceux qui ne veulent pas voir, et regardent ailleurs. Beaucoup n’ont ni cœur, ni morale, c’est triste, et révoltant.
    Il existe pourtant des hommes gentils, et doués d’une sensibilité qui parait parfois trop féminine, voire féministe.
    Il faut que les femmes persécutées trouvent le courage de parler, et je suis certains que bien des hommes se lèveront à leur côté pour dire stop! Pas en notre nom, nous n’acceptons pas les violences faite à autrui quel que soit son sexe.
    Il faut garder de l’espoir, l’humain est imparfait, mais il peut apprendre de ces erreurs, et il peut changer.
    N’oublions pas qu’il existe des femmes qui assassinent leur mari, et leurs enfants. Bien sûr c’est plus rare, mais je ne reconnais pas plus le statut d’être humain aux femmes infanticides.
    L’espoir est dans le dialogue, et dans la compréhension des uns par les autres.
    Respect en tous cas pour ce texte.
    Benjamin

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