CHIRAC LE DERNIER GRAND PRÉSIDENT DE LA V ème

Jacques Chirac nous a quitté à l’âge de 86 ans le 26 septembre 2019 à Paris

Chirac, la noble conscience

« Notre maison brûle« , la phrase de jacques Chirac prononcée ,lors du Sommet de la Terre à Johannesburg le 2 septembre 2002 se rappelait à nous depuis ce mois d’août où l’Amazonie est prise au piège des flammes des incendies provoqués par la déforestation.
Le discours de Jacques Chirac est considéré alors par les médias de l’époque comme « Très offensif » .
Une conscience que Jacques Chirac avait éveillée dans le monde politique.
Un appel que la majorité des dirigeants n’ont pas voulu entendre durant les jours de ce sommet en Afrique du Sud et qui continue son cheminement jusqu’à aujourd’hui, face aux consciences sourdes.
Un sommet en cette année 2002, aux personnalitées d’exception comme Nelson Mandela écoutant attentivement l’alerte lancée par l’ancien président lors de son discours. Sans oublier, la belle rencontre avec Myriam Makeba à qui Jacques Chirac remis la légion d’honneur à cette occasion.


« Nous ne pourons pas dire que nous ne savions pas. Prenons garde que le 21 ème siècle ne devienne pas pour les générations futures celui d’un crime de l’humanité contre la vie. » Jacques Chirac


Yves Cochet qui cet été donnait des interviews expliquant un probable futur apocalyptique, était alors critique et soulignait à l’époque que l’argent n’était pas au rendez-vous pour financier l’écologie.
Nicolas Hulot, quant à lui sera plus optimiste face au discours de Chirac et pense que « les solutions, elles ne vont pas sortir d’ici, elles vont être suggérées ».
Et un point important souligné par Hulot à la fin de ce Sommet , « les derniers doutes sont levés« .
De quoi réveiller la conscience des politiques actuels qui n’en finissent pas de critiquer vivement Greta Thunberg et de penser qu’elle est instrumentalisée.
La vérité ne l’est pas, le mensonge l’est et affirmer aujourd’hui que l’urgence climatique ne fait pas des enfants des victimes, c’est ignorer les paroles vraies de Chirac prononcée lors de son discours que nous titrons actuellement « Notre maison brûle ».

Chirac par ses mots traversant notre histoire politique est le président aimé même par ceux qui ne partageaient pas ses idées politiques, même si les affaires politiques ont été dans les années fin 80 et 90.
Jacques Chirac a été l’homme politique de plusieurs générations et pour les jeunes :  » C’est le Président de toute mon enfance », « Je l’aimais bien », « Il était humain et ne s’attaquait pas aux petits », « Lui, il n’harcelait pas les gens »,  » une époque est bien finie », « Après lui plus rien », « Il n’aimait pas Sarkozy et les Français auraient dû comprendre pourquoi il avait raison ! », « Il a su être aux côtés de Simone Veil pour la loi sur l’IVG. », « C’était un politique bien sûr mais il avait une dignité, une proximité avec chacun qui après lui n’a plus existé. »  » Il aimait vraiment la France. »
Le dernier président intergérationnel qui est celui « qu’on aimait ». Un qualificatif qu’aucun après lui ne peut se targuer d’avoir pour être défini par les citoyens.

Avec Chirac c’est une société qui s’éteint.


Une idée de grandeur, de respect des gens.
« Arrêtez d’emmerder les Français! » s’exclamait Pompidou en 1966 regrettant une technocratie envahissante et il s’adressait alors au jeune Chirac.
« il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! » affirmait Pompidou.
Jacques Chirac diplômé de l’ENA a peut-être pas oublié le conseil de Georges Pompidou.
Alain Juppé ne verra pas un prolongement par sa réforme des retraites du système de Balladur de 1993.
Pourtant le lancement des années réformes se dessine.
En 2002, dans son discours à Troyes sur le pacte républicain, les réformes sont énumérées.
Elles seront dèjà sur la « réforme de libertés locales,…. réforme de l’État,… réforme de notre économie,… réforme de la formation professionnelle,… réforme de notre protection sociale…. et réforme de l’Europe. » présente et définit donc le président Chirac à Troyes le 14 octobre 2002.

2019 bis repetita , le président Macron réforme tout !

Le courage de Chirac

Le Vel d’Hiv

Il sera le premier Président Français à reconnaître la responsabilité et colloboration de la France avec les occupants de l’Allemagne nazie au moment de la rafle du Vel d’Hiv’.
« Oui, la folie criminelle de l’occupant a été, chancun le sait, secondée par des Français, secondée par l’État français. » Chirac, commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1995.

Palestine

Puis, il y aura son courage, sa colère face aux services de sécurité israélien lors de sa visite en Israël le 22 octobre 1996.
Des journalistes bousculés, empêchés de faire leur travail, leurs appareils photos cassés et Chirac ne pourra pas aller à la rencontre des Palestiens ni leur serrer la main lors de ce déplacement dans le quartier arabe . Il ne le supporte pas et réagit face aux comportements de la sécurité.
La diplomatie n’est plus trop dans le ton, la confiance n’est plus stable de part et d’autres, et Chirac n’hésite pas et répond au chef de la sécurité israélienne : « Qu’est qu’il y a encore comme problème ? Je commence à en avoir assez ! What do you want ? Me to go back to my plane, and go back to France ? (Que je reprenne l’avion et que que je rentre en France ?) Is that what you want ? ( C’est ça que vous voulez ?) Then let them go. Let them do. … no danger, no problem. This is not a method. That is provocation. ( Alors laissez les faire. Il n’y a pas de danger, pas de problème. Ce n’est pas une méthode. C’est de la provocation.) »
Un deuxième incident aura lieu devant l’église Sainte Anne qui est sur le territoire français et où Jacques Chirac doit rencontrer le patriarche catholique Monseigneur Sabbah. Des soldats israëliens sont positionnés à l’intérieur. Chirac refuse alors d’entrer et déclare «  Je ne veux pas de gens armés en territoire français. J’attendrai. »
La sécurité israélienne cède et les soldats quittent l’église.
Ces prises de paroles fortes feront de Chirac le Président aimé par le monde arabe.

Complexités sur l’immigration

Les débats et polémiques n’en finissent toujours pas à l’heure actuelle avec un danger majeur, celui du fascisme pour réponse.
Entre 2000 et 2001, la gauche décide plusieurs mesures pour lutter contre la discrimination et la rascisme comme la crétion d’un numéro d’appel le 114 et la loi contre la discrimination à l’embauche.
Mais les mentalités n’évoluent pas rapidement et l’obscurantisme du racisme reste tenace.
Chirac décide alors en 2002 de la création d’une « autorité indépendante » pour lutter contre toutes les formes de « discriminations, qu’elles proviennent du racisme, de l’intolérance religieuse, du sexisme ou de l’homophobie. »

Son opposition à l’extrème droite

Chirac refuse de débattre avec Jean-Marie le Pen lors du deuxième tour à l’élection présidentielle le 23 avril 2002 qui l’oppose au président du FN.
Chirac déclara « Je ne peux accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine. »
Le débat traditionnel né en 1974 entre les candidats du deuxième tour des présidentielles n’aura pas lieu. Une date dans l’histoire.

Propos sur l’immigration

1991, Chirac est maire de Paris et président du RPR et le 19 juin, il est un discours q devant notamment 1 300 militants à Orléans qui choquera l’opposition et associations tel que SOS Racisme .
Il parle alors du quartier de la Goutte d’Or à Paris où il s’est rendu avec Alain juppé et dit avoir écouté les gens et entendu des témoignages.
Et, il relate celui-ci : « Le travailleur qui habite à la Goutte d’Or et travaille avec sa femme pour gagner environ 15 000 francs. …. Sur son palier d’HLM, …, une famille entassée avec le père, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, qui touche 50 000 francs de prestations sociales sans naturellement travailler… Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, le travailleur français sur le palier, il devient fou. »
Il s’en justifiera notamment au jounal du 20 h d’ Antenne 2, en disant avoir « voulu apporter un témoignage pour montrer qu’il y a un vrai problème… je ne fais pas mien bien entendu le témoignage que j’ai rapporté . » Chirac dit parler « sans langue de bois » , critique vivement la politique sur l’immigration de Rocard et explique que la France n’a plus les moyens de réaliser le regroupement familial. Puis, il tient à préciser qu’il ne « peut admettre » que soit remis en cause ses « convictions dans le domaine des droits de l’homme et dans le domaine du rascisme ».

Et, SOS Racisme en ces jours de deuil national déclare à la presse que Chirac fut un « rempart à l’extrême droite. »

Les mots cultes de Chirac


Le meilleur pour la route


Au sujet de Sarkozy, chirac est sans ménagement « Sarkozy, il faut lui marcher dessus, du pied gauche. D’abord, parce que ça porte bonheur et puis parce qu’il n’y a que ça qu’il comprenne. » Phrase à lire dans le « Fiasco » de Ghislaine Ottenheimer.

« Pschitt » réponse au sujet des « affaires »

« Qu’est-ce qu’elle veut la ménagère, mes couilles sur un plateau  » à propos de margaret Thatcher en 1988 lors d’un sommet européen

« ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » les expressions de Chirac

« j’aime beaucoup les pommes. Je suis un mangeur de pommes. » 1995, campagne présidentielle et le logo du pommier.

« Bien sûr que je suis de gauche ! Je mange de la choucroute et je bois de la bière » 1995, campagne présidentielle lors d’un entretien avec le journal Libération.

« Aujourd’hui on rapporte une histoire abracadabrantesque » durant l’époque des « affaires » , Chirac répond à Elise Lucet lors d’un entretien sur France 3

« On n’exporte pas la démocratie dans un fourgon blindé » Propos adressé à Berlusconi en 2003 lors du débat sur la guerre en Irak

« C’est loin mais c’est beau » en 2002 lors de la visite d’une ferme pendant la campagne pour sa réelection.

1998 l’année de la coupe du monde.
Le président chirac reçoit le 14 juillet 1998 les joueurs à l’Élysée et y sont invités 4 000 jeunes heureux de vivre cet évènement qui a porté toute la France.
Chirac a su transmettre par sa joie de vivre, ce que nous ne retrouvons pas depuis, un sentiment d’unité et de joie, une culture française de « bon vivant », qu’il aimait et partageait.
Il fit alors ce célèbre lapsus « Je leur fais un cadeau, le plus beau cadeau: l’équipe de France et la coupe de France » et de rectifier « la coupe du monde ».

Chirac, le président aimé

Il restera dans nos mémoires cette époque où le temps était déjà sous l’emprise de l’argent mais où perçait encore cette joie de vivre.
Chirac aimait profondément la France et les « affaires » liées au monde politique, n’était pas ce qu’il fallait considérer comme essentiel et traduisait-il cette pensée en les qualifiant de « Pschitt »?
Il y avait bien au delà l’ homme avec ses qualités et ses défauts, et qui par sa sincérité, son franc parlé, son respect de la vie et donc des gens, son courage d’exprimer une colère fasse à ce qui est injuste, construisait l’essentiel d’une valeur politique tant pour la conscience climatique que pour la Palestine.
Puis, la reconnaissance qu’il eut de la vérité de notre histoire, construisait bien plus l’avenir qu’un raisonnemnt technocratique dur, de réformes pour courir après l’argent, de polémiques de vieilles lunes des « affaires » qu’il qualifia d’un mot « abracadabrantesques ».

Il aurait peut-être fallu faire table rase et construire une société nouvelle, plutôt que de nourrir les échecs d’un système en le poursuivant tout en le continuant.
Une véritable réconciliation entre le politique et les citoyens, d’accorder à tous , une annulation des dettes, pour renaître sur une priorité préparer l’avenir des futures générations.
Mettre un terme à un système avant que les mots se réalisent et que ceux de Chirac nommant la non action des dirigeants face à l’urgence climatique de  » crime de l’humanité contre la vie ».
C’est ce qui est. Et, il n’est pas de s’offusquer des propos de Greta Thunberg qui est une victime et tous, nous le sommes avec elle.
Depuis longtemps les États savent les conséquences dramatiques du bouleversement climatique qui aujourd’hui sont actives.

Chirac restara cet homme aimé, ce bon qui se dégageait de lui. Il demeurera notre histoire pendant que certains de ceux qui lui ont succédé font la course après l’argent et servent les politiques de communication pour être dans l’histoire …

©Fédora hélène

Jacques Chirac

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