Un jeune homme s’est immolé à Lyon : Les étudiants solidaires dénoncent la précarité qu’ils subissent

Un jeune homme de 22 ans est brûlé à 90 % après s’être immolé par le feu devant le restaurant universitaire de Lyon 2, le 9 novembre dernier, révèlait alors Le Progrès.
Un jeune homme de 22 ans « Entre la vie et la mort », annonçait le syndicat étudiant Solidaires.
Ce jeune homme avait posté un message sur Facebook retranscrit dans la presse où il accusait les politiques tel que « Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de (l’) avoir tué » ….  » J’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires »
Il faisait part également de la précarité dans laquelle il se trouvait après avoir triplé sa deuxième année en sciences politiques et ne touchant plus aucune bourse de ce fait, publiait Libération.
Le syndicat Solidaires témoigne de la pauvreté d’étudiants dans un communiqué intitulé « la précarité détruit nos vies »

Un drame qui aurait pu être évité ?


Des publications dénonçant la précarité des étudiants ont été depuis plusieurs années notamment avec un élément déclenchant la parole, Nuit Debout.
Il est alors des étudiants qui se rejoignent, s’expriment, partagent et s’entraident.
On peut critiquer l’initiative de Nuit Debout, mais elle a permis à la parole de se libérer.
Les sujets qui nous trouvons aujourd’hui en lien tous les uns avec les autres pour une lutte, celle pour la vie, étaient abordés à Nuit Debout.
Il est une misère à combattre qui touche des étudiants, des familles, des mères isolées, des petits retraités, des personnes handicapées, des SDF, des citoyens de plus en plus nombreux en situation de survie.
Ce sont des jeunes à la rue, des mineurs et en 2018 ce sont 13 mineurs qui sont décédés à la rue en France dont 6 avaient moins de 5 ans.

Un long constat, les manifestations des étudiants, occupations d’universités dénonçant la pauvreté sont-elles oubliées ?

Ce sera la mobilisation des lycéens et étudiants contre la loi travail en 2016.


2016
Des jeunes manifestent, des cortèges coupés en deux avec d’un côté les jeunes et de l’autre les syndicats.
L’idée de la convergence des luttes, des collectifs de lutte, tout se met en place. Il est également la corrélation entre le combat social et écologique. Et, celui-ci prend tout son sens notamment avec les Zads comme celle de Notre Dame des Landes mais aussi celles d’un peu partout comme la ZAD à Villenave D’Ornon contre la construction d’un golf sur une zone humide qui avait été classée Natura 2000.
« On lâche rien  » est déjà des solgans et l’étonnant de manifestations au coeur des villes , la police matraquant, les gaz lacrymogènes utilisés, les nasses et les gens en terrasse sans réaction ni même simple curiosité de comprendre ce qui se passe .
Cet un jeune qui vient de recevoir un coup de matraque sur la tête.
En sang aidé d’un autre jeune, il sera amené dans un café pour avoir un peu d’eau. Aucune des personnes en terrasse ne se posera une question ni se lèvera .
L’indifférence est frappante comme s’il assistait à une télé réalité, qu’il y avait un écran et que la vie ne se différenciait plus du virtuel.
Les médias pour beaucoup manipulent, discréditent les manifestants et les politiques socialistes pour certains se révèlaient être uniquement des arrivistes, des manipulateurs faisant des causes de gauche leur fond de commerce.
La police tint son rôle et les fichages allaient bon train.
Les manifestations se succèdent, Macron qui se profile l’air de rien en futur candidat aux présidentielles, est au gouvernement Hollande en tant que ministre de l’Économie jusqu’en Août 2016. Les élus socialistes seront quant à eux pour beaucoup absents auprès de citoyens manisfestants, conscients, que la loi travail est celle oeuvrant pour un futur appelant d’autres lois menant à un appauvrissement lourd de la population hors bourgeoisie.
Puis, le terme sociaux-traîtes s’affiche, la loi passera .

2016 les conséquences de la loi LRU ou dite loi Pécresse

2007, les oppositions et manifestations s’élèvent contre cette réforme.
Sarkozy ouvre la boite de Pandore, la précarité des étudiants va s’intensifier au fur et à mesure de l’avancée du capitalisme .
Nombreux étudiants boursiers sont obligés depuis longtemps de travailler pour survivre.
Les charges sont lourdes, les familles modestes aident leurs enfants étudiants autant qu’elles le peuvent, étant elles-mêmes en difficulté.
Nombre d’étudiants sont épuisés, déprimés, se confrontent à la solitude, ne sentent sacrifiés, être les Rien d’un sarkosisme de pouvoir qui ordonne et la misère avance.
Mis en difficultés, absolument pas soutenus par leurs universités, certains échouent.

La loi du plus fort s’impose, la drogue et l’alcool deviennent parfois le moyen pour ne plus souffrir face à une dureté non seulement économique mais aussi affective.
La système n’aime sa jeunesse qu’en produit de rentabilité et de consommation.
Des adultes absents, indifférents, un mal être profond se dessine. Des grèves, des manifestations mais un mur virtuel s’oppose aux espérances de toute une jeunesse.
Des étudiants passionnés se destinant à la recherche, renoncent et accusent une dépression avant l’âge de 25 ans .
Chacun selon ses moyens résiste et ceux qui n’y arrivent plus se jugent par le regard de ce monde de l’argent.
Une douleur de vivre, une culpabilité, la souffrance martèle, se fait silence et le suicide, l’idée de mettre fin à ses jours. Si on n’y arrive plus, la détresse est là, en veille dans la mémoire et tout un jour peut basculer vers un drame.

2016 , « j’ai faim »


« J’ai faim de vivre, faim de joie de vivre, faim d’insouciance, faim d’y croire, faim de liberté, faim car la pauvreté est là, je ne mange pas. »
Une parole d’étudiant, un parmi des millers qui derrière les murs des cités universitaires sont en peine dans le silence.
Ils n’alertent pas leur famille qui sont souvent à lutter pour vivre. Ils prennent sur eux dans un silence redoutable.
Ils sont nombreux et pourtant sont invivsibles. L’indifférence est cette négation de l’autre, cette atroce lâcheté. Les technocrates et politiques savent mais leur conscience regarde ailleurs.
Leurs carrières, leurs intérêts, le prestige de posséder un titre et de l’argent, les notables appartiennent à leur environement de liberté de confort et ne tiennent pas à le remettre en cause.
Pendant ce temps là, l’injustice continue sa route.

Des logements étudiants

Des chambres de 9m2, les moins onéreuses et les bâtiments non rénovés scandaleusement vétustes avec cafards et autres nuisibles. Pourtant un loyer est payé.
Les bâtiments dits rénovés offrent parfois des chambres de 9m2 en couloir où se case un lit, un bureau, un mobilier de rangements restreints et une minuscule salle d’eau qui servivra aussi de cuisine.
On est heureux quand même, l’université dans l’esprit reste une chance, un rêve à accomplir.
Puis très vite cela va changer et se transformer en une tout autre réalité.

2016, te revoilà, la lutte prend la parole

C’est cet étudiant en première année de médecine face à l’aberrant numérus clausus et PACES alors en place depuis 2010.
Son rêve devenir médecin. Boursier, il fera plus de quatre heures de transport par jour pour rejoindre depuis son domicile, la faculté.
Epuisé, il décide de laisser ses économies et de prendre une chambre proche de l’université.
18 ans, il se débrouille seul, ne se plaint jamais. Il a faim et il se tait.
Amaigri, pâle, il ne dit rien. Puis libère la parole.
Il explique qu’arrivé au 15 du mois, il ne fait plus qu’un seul repas, composé de pâte à l’eau.
D’autres étudiants s’expriment et témoignent de la même précarité.
La fatigue, la faim, les études en pâtissent, le rêve semble prendre fin.
En cette année 2016, la parole se transmet auprès de ceux qui pourraient apporter une réponse à cette pauvreté des étudiants, comme aux lycées et université
La situation de pauvreté d’étudiants est évoquée sur le fait que se nourrir normalement est impossible, sur la faim, ce terrible qu’ils vivent. Sa réponse sera d’un ton froid et sans appel « Je ne comprends pas ». Ce chargé de mission socialiste ne comprend pas qu’un être humain puisse avoir faim.
L’inacceptable est accepté et l’inacceptable domine.
Ceux qui pourraient prendre conscience de ce système inhumain et avoir la volonté de soutenir les étudiants en situation de pauvreté, sont pour certains ceux qui ne font que le maintenir.
« je ne comprends pas ». Le ton méprisant, il se révèlera être un prédateur, rien n’est hasard et l’injustice n’est pas par hasard. Puis, la confiance que nous pouvions avoir en nos institutions, d’un coup s’écroule.

Un système de mensonges, de prédateurs, quelle chance ont les étudiants vulnérables ?

2018 , universités occupées

La réforme des universités se dresse à nouveau. Elles sont en complèment les unes aux autres. Elles aggravent un peu plus chaque année les conditions de vie des étudiants et de leur famille.
En ce printemps 2018, des étudiants occupent des universités durant plusieurs jours et semaines.
Bordeaux, l’université à la Victoire est occupée du 15 mars au dimanche 29 avril. Les étudiants seuls avec leur volonté et courage ont essayé d’agir et ils quitteront les lieux occupés par une simple phrase « Ce soir, nous quittons la fac« 
Montpelier, Toulouse, Paris, Rennes, partout en France des étudiants résistent.
Puis, des évacuations choquantes sont menées par les autorités.
Des directions d’universités s’opposant à la lutte, la police entre dans les lieux de savoir, des tâches de sang figurent sur le mur d’un amphi.
Des étudiants témoignent et disent avoir été maltraités, blessés, insultés, menacés.
Puis, l’indifférence s’imposera de nouveau. Le pouvoir politique et technocratique dominent.
« Ce soir, nous quittons la fac« . Ce ne sont pas eux qui ont abandonné, c’est un pouvoir politique qui depuis des décennies excelle dans l’art du mensonge et des cupidités.

17 novembre 2018
Les Gilets jaunes investissent les ronds-points, voies de circulations sur les périphériques et autoroutes.
La méfiance est entre les différents mouvements de contestations engagées contre le gouvernement. Puis, les manisfestations sont tous les samedis. Chacun apprend, transmet, évolue au fil des mois qui n’ont jamais cessés d’être à la lutte. La convergence des luttes viendra en évidence. Les mouvements se confirment, rebelles et pacifiques, les définitions se forment et l’union est pour une cause communue, la vie.
Une connexion entre tous et tous les pleuples se révèlent, ce qu’on avait oublié, l’universalité de la solidarité.
Un combat, la liberté. Une lutte pour le respect de la vie, celle de notre Terre Mère et de notre humanité.

L’espoir se lève et un jeune homme de 22 ans tente brutalement de mettre fin à ces jours par cette douleur de vivre.
Cette douleur imposée par un système de prédateur, par cette injustice qui s’instaure en puissance.

« J’ai faim », 2016 et la faim s’est aggravée en 2019

L’injustice frappe et devient insupportable; l’inacceptable demeure puissant.
Les Gilets jaunes, des blessés graves, mutilés, des réformes continuant sans conscience, un chargé de mission disant « je ne comprends pas » que des étudiants aient faim, leur tournant le dos.

Novembre 2019

Tout est semblable : la pauvreté s’étend, les urgences et le pompiers sont en grève, l’injustice demeure en place forte.

Mardi 12 novembre 2019
Les étudiants bloquent les restaurants universitaires et donnent un accès gratuit aux étudiants en geste symbolique contre la faim, en soutien à ce jeune homme grièvement brûlé. Des étudiants de Lyon 2 appellent à bloquer l’université.
En espoir, il est à construire une civilisation de respect de la dignité huamaine, de la liberté dans sa dimension de vie , pour que l’argent ne tue plus, que la pauvreté ne détruise plus des êtres humains car elles sera anéantie.
« J’ai faim de vivre, faim de joie de vivre, faim d’insouciance, faim d’y croire, faim de liberté, faim car la pauvreté est là, je ne mange pas. »

©Fédora Hélène

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