LiberTerra : LETTTRE OUVERTE À UN PRÉDATEUR

En agressant le corps d’une femme, un prédateur agresse le corps de sa naissance, le corps humain d’une femme dont sa vie est issue.

Lettre ouverte à un prédateur

« J’ai honte d’avoir mis cet homme au monde », « Il est fondamentalement méchant » « Il prend plaisir à faire du mal » « rien ne le touche » « il a détruit son père » « on ne peut pas laisser un homme aussi violent avec un enfant » « il est très menteur » « il harcèle, menace, appelle les siens, charognes » « il est ivre et il conduit » « il ne connait rien à la vie » « né avec une cuillère d’argent dans la bouche, il ne mérite que des coups de pieds au cul »

Tous parlent, voisins, famille et sa propre mère.

Les mots tapent, se vengent, la colère, la souffrance, l’incompréhension gisent là .

« J’ai honte d’avoir mis cet homme au monde » comment une mère peut dire cela ? Pourquoi ?

« Merci d’exister, merci d’être la vie gagnant tous les combats, merci je vous aime, merci de nous le dire tout le temps. Je vous aime et toutes les épreuves se surmontent. Je t’aime, mes enfants que je veux libres, libres de devenir des femmes et des hommes libres » Ces paroles se prononcent chaque jour en actes, en patience, en respect, en écoute et en soutien pour que mes enfants réalisent leurs rêves, leurs passions. Je les accompagne avec la force, le courage, l’abnégation et la foi de l’Amour. Porter sa famille, les protéger des chemins de pierre.

Leur donner la vie en sauvant leur vie quand un enfant nait en extrême urgence.

La foi était là inspirant la vie. La foi si facilement insultée par l’ignorance, l’obscurantisme, les préjugés qui confondent la foi, la religion, l’église. Et, qui font des amalgames haineux. Il est très important de s’ouvrir aux autres et c’est un enrichissement de partager la richesse des croyances, des pratiquants et non pratiquants, de toutes les religions et des athées. Un être humain fait un choix, le bien ou le mal. Sa liberté est d’être Humain et fraternel dans le but essentiel de se soutenir les uns les autres, de s’entraider, en confiance sans la trahison, les mensonges et les violences. Pour cela l’être humain n’a besoin que de la valeur de son humanité.

Certains ne font pas la différence entre leur obéissance hypocrite à un système, leur haine, leur frustrations, leur rancœurs, leur BA de m’as-tu-vu, et les gens concrets sans détours ni calculs.

Serais-tu issu de cette éducation de l’ Enfant roi, parfait formaté, qui répond à la norme, aux préjugés sociaux, aux codes établis .

Serais-tu de ceux sans convictions, sans idéal ? Serais-tu de ces hommes qui acceptent le stuque, le paraître, le banal toujours à la même place sans horizon. Les mêmes cercles, une boucle sans fin sans la curiosité de découvrir autre choses, de partir loin.

Ces hommes qui ne réalisent aucuns rêves, aucunes passions, vouant leur vie à l’inutile nocif, à l’inexistant, au néant, à l’argent.

Ces hommes incapables d’aimer, incapables d’être aimé. Ces hommes qui ne fondent pas car sans volonté. Ceux qui abandonnent. Ceux qui détruisent. Ceux qui font du mal.

Que sont devenus tes rêves, peut-être n’en as-tu jamais eu ?

Vivre en bâtissant ta maison autonome, vivre détaché de l’argent, libre de créer, d’imaginer, vivre et devenir. D’aller, sur les routes, les sentiers inconnus en ne comptant que sur toi, d’avoir la volonté de rencontrer l’Amour ?

Qu’as-tu fait de toi ?

Moi, j’aime les hommes qui ont le courage d’échouer. Leur tendresse, leurs larmes. J’aime ces hommes beaux de la grandeur de leur humanité. J’aime ces alpinistes aux mains nues qui offrent le Respect à la vie. J’aime ces passionnés qui cultivent la poésie, la force de crier qu’ils sont vivants. Ceux qui te serrent dans leur bras, qui font l’amour puissant au profondeur de l’océan, les corps unis qui chantent le cantique des cantiques aux perles de chaleur qui goutte à goutte inondent de miel les champs de culture d’aimer.

Ce couple d’oiseaux cachés qui s’aiment aux douces après-midi d’été jusqu’aux nuits d’hiver, j’ai eu la chance de le rencontrer.

Puis, il y a les êtres obscurs, qui tiennent à masquer de leurs mensonges, la vie.

Il y a ces larmes qui peuvent me tuer, cette profonde tristesse qui illumine mes yeux de la peine, de la souffrance. De celle qui appelle à mourir à cause de ces hommes qui te poussent dans leur vide mais la foi est là. Elle me tend la vie à bout de bras. Je dois dépasser un traumatisme et ne plus voir mon fils crier en larmes, « j’ai eu peur de te perdre ». Les urgences, des prédateurs ont volé un temps de ma vie.

Mon corps sombre, tombe.

Paul* est là « j’ai eu peur, je t’ai vu partir», il est en larmes. Et, pourtant, le clair-obscur des manipulateurs met en état de choc.

Insultée, harcelée, agressée, menacée, violée .

Être traumatisée pour être encore traumatisée, il faut hisser la force de vivre, ne pas partir mais tenir. Il me manipule. Il sait ce que j’ai vécu. Il sait mais sans humanité pour moi. Les hommes au cœur rongé ne voient plus la lumière.

Fragile, si fragile, je ne reste pas couchée ni à genoux mais debout quitte à mourir, je ne cèderai jamais face à ces hommes voleurs de vie, ces manipulateurs mythomanes dangereux.

Les larmes en lames battent mon visage. Mon histoire, c’est mon corps, celui de mes enfants.

« Mettez des mots sur ce que j’ai vécu, aidez-moi »

Les associations d’aides aux victimes écoutent. Elles voient, elles entendent ma voix, et leur verdict m’abat encore, encore.

« Vous avez été victime d’une agression sexuelle avec violences »

Un traumatisme se répand tel un cancer. Il est là. Il faut se lever tous les matins et continuer à avancer, à marcher, à construire. Ma famille, mes amis sont là tous les jours. Quand la douleur me saisit, ils me disent les plus beaux mots : « je t’aime, tu n’es pas seule. Toi, personne ne doute de toi. On est tous là ».

« Lui, sa propre mère ne croit pas en lui »

Je ne peux pas pardonner. J’ai déjà tant pardonné, pardonné l’impardonnable.

Mais ces êtres nocifs prennent le pardon pour un droit à recommencer. Ils ne le reçoivent pas. Il faudrait qu’ils soient exigeants avec eux-mêmes, qu’ils changent profondément.

Mais ça serait orgueilleux de vouloir changer leur obscure méchanceté en bonté.

Ils ne changent jamais. Puis, la vie m’apprend qu’un homme qui ne rend pas son enfant heureux n’a que son squelette pour lui dire qu’il est vivant.

Que peut-il puisqu’il a fait le pire ?

Puis, j’entends les paroles de sœur Emmanuelle « en chaque homme au cœur de son cœur, il y a un soleil, même si cet homme le cache par une pierre »

Le pardon, cette paix, que l’espérance soit un soleil. Cette reconnaissance qui ne sera jamais.

Ils sont conscients et responsables. Le mal qu’ils font, ils l’ont voulu, conçu. Ce n’est pas un hasard, un accident. La victime leur est toujours inférieure. Il leur est facile de dire les mots sans sens pour répondre à la souffrance qu’ils ont causée. La victime est une merde, une folle. Facile de lui cracher à la gueule, de mentir. Semer le désordre, le chaos pour triompher pour eux pensent-ils. Que le mal qu’ils ont fait ne soit pas perdu. Que le néant ne soit pas leur réalité.

Parce qu’ils n’ont pas la force de la victime de dépasser, d’aimer la vie plus que tout. D’admettre ces drames, les lâches qui traversent la route du destin en faisant des chantages aux suicides en chleuasmes constants cultivant un hédonisme colérique, compulsif d’une sexualité agressive, violente aux mots odieux et salaces de ces hommes faibles qui abattent l’amour et sa fraternité et mettent en état de choc.

De ces manipulateurs qui se victimisent, qui n’entendent que la voix de leur déni. Leur haine, leur colère, l’alcool qui leur font oublier leurs mensonges. La peur se glisse et devient la dominante de ce qu’ils transmettent. Ils deviennent un piège récurrent où ils se piègent eux-mêmes.

Moi, je suis de celles et de ceux qui n’abandonnent pas et qui aiment au-delà des épreuves. Qui donnent tout pour sauver et ne cèdent jamais au poison de la haine. C’est l’amour véritable, vivant, fidèle.

P* a perdu cette lumière pour toujours.

À ta différence, toi prédateur, lui l’a connu.

Elle a été présente près de lui pendant des décennies, je lui ai apporté mon amour, sa patience, sa douceur, ses pardons.

Je garderai dans mon âme les beaux moments où un homme reçoit le bonheur d’être aimé, où son regard parle de tendresse.

Je regarde mes enfants, ils sont magnifiques. Ils sont témoins que l’amour existe. Leurs sourires enseignent et grandissent. Ma vie a un but.

Toi, prédateur, tu ignores tant de la vie.

Tu ignores tout de l’énergie qu’il faut pour porter une famille en la protégeant des tumultes de l’existence, des chaos et des chocs qui te saisissent comme la nature peut t’ emporter telle un fétu de paille.

De la conscience que la vie peut t échapper.

Tu ignores tout de la vérité qui offre la dignité à l’âme. Qu’as-tu fait de ton cœur ?

La méchanceté chez un homme est-elle la folie ?

Où la conscience cruelle des hommes qui détruisent ?

Il me faut atteindre le ciel au sommet des montagnes et pardonner. Je le dois à la vie. À la beauté de mes enfants, de ma famille, celle que j’ai fondée, celle qui respire la vie et accueille à bras ouverts des amis pour partager, pour trouver la sincérité, les rires, la vérité de nos combats, de nos blessures, de nos jours et soirées de rires.

Il faut vivre avec le sens d’Aimer.

Un jour viendra, la bienveillance de mon cœur anéantira la mémoire traumatique et je pourrais dire, je te pardonne.

LiberTerra 2019

LiberTerra respecte votre anonymat.

P* prénom remplacé.

Solgan lors de la marche contre les violences sexuelles et sexistes, Paris, 23 novembre 2019

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