CABU , CHARLIE , L’ ANNIVERSAIRE EN HOMMAGE 5 ANS APRÈS ET LA PAIX TOUJOURS PLUS MENACÉE

Cabu, Charlie l’anniversaire des adieux

Mémoire traumatique

La mémoire, la mémoire collective, traumatique s’éveille.
Le profeseur Francis Eustache, neuroscientique travaille en collaboration avec l’écrivain Denis Peschanski sur l’impact individuel et collectif de l’attentat du 13 novembre 2015
En son laboratoire de Cyceron à Caen, il étudie la mémoire blessée, traumatisée en étant à l’écoute des victimes, la force des témoignages, complétée par les études médicales à partir d’IRM pour comprendre l’impact majeur des stress post traumatisque sur le cerveau .
Une étude en première mondiale qui réunit de multiples disciplines universitaires pour pouvoir comprendre au mieux pour pouvoir guérir la mémoire.

Lors du Sommet sur l’intelligence artificielle qui a eu lieu au printemps dernier à Caen, LiberTerra a pu recueillir les propos du professeur Francis Eustache.
Le Professeur Francis Eustache considérant que la mémoire est « le futur », notre futur car elle sera l’imaginaire de la conception de nos sociétés de demain.
Une mémoire traumatisée de façon individuelle et collective aura une forte empreinte sur la construction du monde à venir. Elle aura également des conséquences médicales puisqu’elle peut agir en bombe à retardement.
Les victimes de traumatisme peuvent développer des années après l’état de choc subit, des pathologies graves comme des accidents cardiaques, neurovasculaires, des tentatives de suicide tant la souffrance que provoque la mémoire traumatisée est intense.
Notre mémoire est le secret de notre intelligence, de notre cerveau. Sa complexité et sa richesse font qu’elle demeure un mystère même si nos connaissances grandissent en la matière.
Pour autant, malgré le vertueux et très grand sérieux de l’étude scientifique engagée par le professeur Francis Eustache, « on se sait pas guérir la mémoire » nous dit-il.
Les attentats de l’année 2015 marque notre mémoire qui s’exprime en ce jour anniversaire.
Le choc, la peur, la douleur, les larmes, la colére reviennent à nous dans ce calme qu’est après l’évènement passé.
Le calme du recueillement, du souvenir et sa tristesse qui se prononce collectivement et individuellement.

Cabu et Charlie

L’attentat de Charlie Hebdo et chacun revit son souvenir de Cabu. Ce sera Cabu simple, discret, croisé dans une gare parisienne, ce sera l’équipe de Charlie Hebdo et les années de l’Idiot International, ce sera un dessin, la culture, Paris, des mots, un visage, une voix et tant d’instants.
Ce sera Cabu et son crayon à la mine poétique. Ce sera un coup de couleur dans le gris parisien, une différence, une poésie.
Ce sera « Je suis Charlie » en noir et blanc dans cette dualité du bien et du mal, des lettres blanches vivantes sur un fond noir en deuil.
Ce sera cette foule, cette radio qui diffuse le drame, ce seront ces visages, cette foule, ces gens réunis et l’on veut croire en cette france réconciliée où la liberté d’expression court de ligne en ligne sans se heurter aux murs.
Puis, ce sera le temps de la division semée par les politiques qui pourtant étaient sur le parvis de la peine brandissant « Je suis Charlie ». Et l’espoir d’un peuple pauvre qui veut se retrouver, un peuple qui caricature le politique, un peuple qui s’empare de la plume, du crayon et qui griment les politiques, dresse les injustices. Ce peuple libre est celui qui porte le souvenir fort de ceux morts pour avoir dessiné librement sur les pages.
Ces mots, ces dessins sur les murs, ces tags toujours qui s’inscrivent et qui aujourd’hui sont condamnés car ils ne plaisent pas au pouvoir.
Il est des poésies en tags qui se révoltent sur les murs. Des mots écrits en vitesse, cachés. Des mots évadés, une parole libérée.

La libre expression doit-elle être officielle ?

Puisqu’elle est libre, elle est sur les murs, sur des pages, elle est.
Cette expression qui se crie et s’écrit. Celle qui ne demande aucune permission, qui ne répond à aucune norme, qui en trait de blessures cicatrise sur la pierre des rues. C’est celle qui se jette en révolte au regard des passants, celle qui s’efface et s’oublie sauf dans le coin mystérieux de nos mémoires, sauf à l’oeil d’une photo « Le front de libération de l’amour » est en grande lettre sur un mur.
Nul visage, nul signature, la libre expression est un, un et une, de ce peuple libre qui brise la mine de graphite sur une feuille de pierre, de béton.
Cabu est cet oiseau de papier qui s’en allé, dessinant sur ses ailes un peu de liberté, un fleur, un air rêveur.

Le 7 janvier 2015
Deux frères marqueront notre mémoire, Chérif et Saïd Kouaehi. Toute leur haine, tout leur sombre va déferler et tuer des vies. Ils entrent au siège du journal Charlie Hebdo et douze personnes décèderont.

Le 9 janvier 2015
Ils conitnueront absorbés par un désosdre de mort et prendront en otage deux employés et le gérant d’une imprimerie à Dammartin-en-Goële. Ils seront abattus lors de l’assaut par le GIGN dont l’ordre a été donné par François Hollande.
Un ordre qui sera pour intervenir sur deux situations lors de cette après-midi du 9 janvier.
Une autre prise d’otage a lieu à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Le preneur d’otage, Amédy Coulibaly que les frères Kouaehi ont rencontré à la prison de Fleury-Mérogis, menace de tuer tous les otages si le GIGN intervient sur le site de la prise d’otage à l’imprimerie.
L’assaut aura lieu en premier sur le site de l’imprimerie et quelques minutes plus tard, le RAID et la BRI interviendront sur le site de l’Hyper Cacher.
Le président Hollande qualifie cette prise d’otage d’  » acte antisémite effroyable » qui fera 4 morts . Quatre hommes juifs qui décèderont tués par l’horreur qu’est la haine.

La haine

Elle est effroyable. Pas une once d’amour n’y vit. Elle prend l’être, l’enferme dans un mental de mort et détruit tout ce qui est vie, différence, liberté, tout ce qui s’oppose à elle, tout ce qui est vérité, innocence.
La haine ne souffre pas. Elle fait de son absence d’espérance une puissance. La faiblesse s’achète la force en faisant souffrir, en dominant par le mal qu’elle fait sans limite, rapide par cette lâcheté de concevoir pour posséder facilement.
Écraser une fleur entre ses mains ne demande aucune volonté de vie. La protéger, attendre qu’elle grandisse, la laisser libre , l’aimer sans la posséder demande de la patience, une envie de vivre et de savoir y percevoir le bonheur en recevant et non en prenant.
Le terrorisme se nourrit de haine, de puissance par une récurrente violence sans fin pour prendre un pouvoir qu’il ne peut obtenir autrement que par la contrainte et l’horreur qu’il fait subir.
Sans cette violence qu’il répand et dont il menace toujours, il n’existerait plus. Il ne combat pas pour trouver un jour la paix par ce qu’il aurait obtenu, il vivra toujours par la haine et le maintient de la violence. Il est cette conception mentale.
Elle ne change pas, ne s’arrête pas. Ou elle est ou elle n’est plus.
Seule la force de paix et de vérité combat le terrorisme à long terme et la réponse donnée par les gouvernements dans une accélération de se battre en état de confusion, de posséder également, de complexités politiques à plusieurs têtes, plusieurs cercles de pouvoirs et intérêts, peut entraîner le monde par cette haine dans l’effroyable qu’est la haine, la guerre.

1995


10 attentats auront lieu de juillet à octobre 1995 dont deux tentatives d’attentats où les bombes seront désamorcées.
Le terrible attentat de Saint Michel RER B causera la vie à 8 personnes et fera 117 blessés.
La mémoire traumatique a parcouru toutes ces années pour se confronter à de nouveaux chocs en 2015 et 2016 avec l’attentat de Nice.
Le 13 novembre 2015, l’attentat au Bataclan, 131 victimes, des jeunes disparus par cet éclair de haine qui s’était encore abattu sur notre pays.
La mémoire collective et ce 13 novembre qui marque profondément chacun de nous.
Ce 13 novembre dramatique, insoutenable et toute la solidarité qui a été pour porter secours. L’incroyable force des soignants recevant les blessés graves, toute cette énergie donnée pour sauver, cette force de la vie, cet amour qui a été entre les soignants et les victimes, c’est cela qui combattra toujours profondément le terrorisme, sa haine.

7 janvier 2020


L’instable surgit et le monde est en suspend dans ce long combat avec le terrorisme qui frappe tous les continents.
Les politiques, leurs intérêts, leurs secrets, leurs guerres et la paix est aujourd’hui terriblement menacée.
Ce 7 janvier 2020, une foule immense était dans la ville de Kerman dans le sud-est de l’Iran pour les funérailles et rendre hommage au général iranien Ghassem Soleimani, tué le 3 janvier dernier par un drone américain à Bagdad.
Une procession funéraire qui a tourné au drame lors d’une bousculade qui aurait fait plus de 50 morts selon l’Agence de presse officielle de la République islamique (IRNA)
L’ IRNA qui publie les propos du commandant en chef des gardiens de la révolution iranienne  » Nous allons nous venger, une vengeance dure et définitive. »
Il serait en ce 7 janvier 2020, 5 ans après l’attentat de Charlie Hebdo, d’être dans une volonté de paix internationale, être à la simplicité de Cabu, au crayon libre et nous sommes à vivre la paix en danger, le déséquilibre d’un monde qu’un capitaliste acharné impose aux peuples comme il le fait subir à la Terre.

Alors, il nous faudrait un trait, un trait de crayon, de poésie pour gommer la haine et dessiner une fleur .

©Fédora hélène
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