6 février – Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilisations génitales

EXCISION

  • 200 millions de fillettes et de femmes sont dans le monde victimes d’excision
  • toutes les 10 à 15 secondes 1 fillette dans le monde subit une excision

Des décennies de plan de lutte contre les violences faites aux femmes et le rituel patriarcal continue de commettre des excisions

Des plans de lutte contre les violences faites aux femmes ont été établis par les Nations Unies, par le Conseil de l’Europe avec pour référence la Convention d’Istanbul de 2011, des lois sont depuis des années comme en République centrafricaine où depuis 1966 la loi interdit l’excision et pourtant cette pratique demeure toujours très répandue.
Le plan international élaboré par l’Onu travaille auprès des communautés pour qu’elles abandonnent ce rituel mais en attendant ce sont des filles qui dès l’âge moyen de 5 ans subissent l’atroce de l’excision.
En Egypte, en 2015, l’Onu établissait que 97 % des filles entre 15 et 19 ans couraient le risque d’être excisées. L’Onu rappelant dans son rapport de 2016 que l’Egypte se classe parmi les pays les plus inégalitaires entre les hommes et les femmes. Contre ce fait, la lutte des militantes permet d’accéder marche par marche à des droits. Ce fut le cas, historique, en Egypte lors des élections législatives de 2015 où 89 femmes ont été élues et siègent aux parlements.
La Guinée est le 2 ème pays touché par le fléau de l’excision et où malgré les initiatives du plan international, la pratique de l’excision ne régresse pas. Ce sont 97 % des femmes qui subissent une excision.
La Samolie tiendra la dramatique place de 1 er pays pratiquant l’excision.

Excision, un rituel qui se pratique dans le monde

Mais, l’excision ne se limite pas à être pratiquée que dans quelques pays, cette tradition patriarcale qui mutile, qui tue car cette coutume peut-être mortelle, est dans le monde. Et, l’excision ne se limite pas à une communauté. En Guinée, par exemple, toutes les etnies, toutes les religions, toutes les classes sociales et professionnelles pratiquent le rituel de l’excision.
Ainsi, le rituel de l’excision traverse toutes les couches de la population et ne se cantonne pas non plus que dans deux ou trois pays.
Elle persiste en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine, En Europe de l’ouest, en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande. Les déplacements de populations, selon l’Onu, entraînent le déplacement des coutumes.
Des traditions qui sont directement liées à la culture patriarcale qui étend sa continuité à travers le monde.
Les violations des droits des femmes et des enfants sont partout dans le monde et l’excision est une violation fondamentale des droits humains que transmet la culture patriarcale.
C’est donc par son anéantissement que nous parviendrons à protéger les enfants et les femmes de cette coutume de l’excision, que nous pourrons accéder au but que l’excision n’existe plus et qu’aucunes filles et femmes subissent cette barbarie.

La culture patriarcale en cause

Les filles et femmes ne subissent pas uniquement l’excision. Elles vivront également les mariages forcés, les mariages précoces, une impossibilité de faire des études et d’excercer le métier de leur choix. Il est également une interdiction de sortir librement et d’aller dans certains lieux publics. Il est une impossiblité de vivre en paix et en sécurité du fait de multiples agressions sexistes et sexuelles qui sont commises à l’égard des femmes. Des faits qui restent trop souvent impunis et c’est le cas en France où nombreuses plaintes sont refusées aux victimes ou minimisées ou classées sans suite.
L’excision est d’autant plus pratiquée que la culture des maltraitances à l’égard des femmes et la violation des droits fondamentaux des femmes est en permanence.

Pour lutter contre l’excision, le plan international agit :

Sur le terrain


Enseigner, éduquer les filles, les femmes et les garçons et les hommes, ensemble à élaborer une égalité et un abandon de la coutume de l’excision.
Eduquer les filles, précise l’Onu, c’est « investir dans leur connaissances, leurs compétences, et dans la transmission de ces savoirs au sein de leur famille et de leur communauté »
C’est la lutte qu’entrepend Amel, 9 ans, qui par le plan international a réussi à convaincre ses parents de ne pas l’exciser et qui lutte auprès de sa communauté pour que l’excision ne soit plus pratiquée dans son village en Egypte.
Amel déclare « je veux participer et mobiliser tous mes amis pour encourager ma communauté à se battre contre l’excision, informer les gens et que le monde entier mette fin à cette pratique. » (Onu)
Une des amies d’Amel est morte d’une hémorragie suite à une excision.
Le plan international ouvre des centres d’accueil pour les enfants et les femmes, pour informer sur les sujets de la sexualité et de la reproduction, pour informer sur la santé et les risques et séquelles graves suite à une excision, de l’horreur de la douleur que subissent des fillettes et des femmes.


Pour mettre fin à la pratique de l’excision le plan international s’engage à :

  • faire changer les opinions sur cette pratique ancestrale
  • faire évoluer la place et le rôle des filles dans la société
  • encourager le plus possible l’éducation des filles pour qu’elles ne reproduisent pas la pratique sur leurs propres filles.

L’action de ce plan est de travailler auprès de chacun pour qu’il y est une cohésion de l’évolution et qu’elle soit ainsi réelle. La prise de conscience doit-être pour tous, pour l’ensemble d’une société. Chaque acteur est important et il est de donner un message fort à tous. Les intervenants, bénévoles rencontent les chefs de village, les chefs religieux, les mères, les pères, les grands-parents car chacun doit savoir que cette pratique viole les droits fondamentaux des femmes et des enfants, qu’elle blesse, qu’elle est dangereuse, qu’elle tue et qu’il est nécessaire de l’abandonner au plus vite.
Des rituels alternatifs pour le passage de l’enfance à la vie adulte sont proposés aux communautés.
Tout doit être mis en oeuvre pour que cette pratique soit anéantie et c’est aussi en permettant aux victimes de porter plainte que cela sera. Les lois existantes doivent être appliquées pour protéger toutes les filles et les femmes de l’excision.

La force des témoignages

Ceux-ci sont primordiaux, ils sont ce qui fonde la liberté pour des millions de femmes dans le monde. C’est eux les porteurs du message de lutte contre l’excision.
Les témoignages sur les violences faites aux femmes et aux enfants sont les preuves fortes d’une réalité de la culture patriarcale à combattre.
Des témoignages objectifs, fort de vérités tant ils parlent de la vie et qu’ils la défendent. Ils sont parole du corps meurtri par une excision.
Ces témoignages qui permettent de lutter contre les violences faites aux femmes, ne doivent être en aucun cas minimisés car ils constituent l’évolution positive de notre société. Ne pas les écouter, ne pas leur donner toute leur valeur, c’est accepter que des enfants, des femmes soient martyrisés, soient à vivre sans leurs droits fondamentaux.
C’est à tous nos pays d’évoluer et de lutter contre les violences faites aux femmes, à vouloir l’anéantissement de la culture patriarcale pour que naisse la culture du respect de l’être humain, de la reconnaissance de la liberté qui est source de vie.
Plus la culture patriarcale sera, plus l’étendue de la violence sera dans nos sociétés car elle part du principe que blesser gravement un être humain n’est pas interdit, que de le priver de sa liberté fondamentale est possible.
Cela doit prendre fin si nous voulons véritablement vivre dans un monde en paix et en équilibre car toutes les parties de son existence seront respectées.
Sans la réussite de cette lutte, une civilisation guerrière, des rituels brisant la vie continueront à se perpétuer dans le monde. Un enchaînement dramatique de drames succesifs seront et diviseront notre humanité.
L’universalité est primordiale et elle est avant tout l’égalité entre tous les êtres humains donc par évidence entre les femmes et les hommes.

Témoignages


L’Onu a recueilli des témoignages car tout le travail des Nations-Unies, des ONG, du Conseil de l’Europe ne peut exister que par les témoignages des victimes. C’est elles qui constituent le fondement d’une Convention.
Les témoins portent à connaissance de la communauté internationale ce qu’elles ont subi et souvent témoigner est une bataille.
C’est également une souffrance qui prend le droit de s’exprimer pour dire qu’elle est humaine et pour lutter pour sa volonté de liberté, de vivre en paix pour l’ensemble de la communauté.

Des témoignages de victimes et ils sont pour toutes les victimes la valeur de vie. Par eux, les Nations-Unies affirment que les violences faites aux femmes et aux enfants, que la pratique de l’excision vont à l’encontre des droits suivants :

  • Droit à l’intégrité physique et mentale
  • Droit de ne pas subir de discrimination fondée sur le sexe
  • Droits de l’enfant
  • Droit de nepas subir des traitements cruels, inhumains et dégradants
    -Droit à la vie

Le droit de savoir

Les victimes doivent savoir que toutes les violences sexuelles, sexistes et les victimes d’excision ont tout un ensemble d’instruments juridiques pour les protéger. Souvent leur droit à accéder à la justice n’est pas et les situations de vulnérabilité, de pauvreté sont d’autant de barrages les empêchant d’accéder à leurs droits.
Alors que ce droit est justement conçu pour les victimes vulnérables. Il s’agit notamment de :

  • Chartre internationale des droits de l’homme
  • Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes
  • Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.
  • Chartre africaine des droits de l’homme et des peuples et son protocole relatif aux droits des femmes en Afrique
  • Convention de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul)

La culture patriarcale en mur

Il est bien des décennies de lutte pour les droits des femmes et des enfants, pourtant la violence à leur égard demeure tenace. Les militantes et militants pour les droits de l’homme, le plan international, les multiples Conventions se heurtent en permanence à la culture patriarcale qui n’est que la négation de l’être humain.
Car il est la violence contre les femmes exercée par des hommes alors que les hommes naissent d’une femme. C’est une culture destructrice à laquelle il faut mettre fin.
Sans cela, des fillettes continueront toujours à souffrir de l’excision. Nous sommes tous vivants au coeur d’une même civilisation et c’est bien la communauté qui doit lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
En France, les prises de conscience ne suffisent pas à lutter contre les féminicides, les violences sexuelles et sexistes car il est toujours ancré une éducation, des lois, des raisonnements accréditant le droit d’un homme de maltraiter une femme. Il était dans une médiation familiale, la médiateur qui parlait d’amour passionnel pour justifier la violence d’un conjoint. La victime a répondu qu’il ne s’agissait pas d’un amour passionnel mais subi. Qu’il existait des violences et un traumatisme.
Il n’y a pas d’amour dans la violence, il n’y a pas d’amour dans la culture patriarcale et il est pour que des fillettes ne subissent plus la pratique de l’excision, d’anéantir cette culture grave des maltraitances.

©Fédora Hélène

(source Onu)

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