Ségur de la Santé – « La santé n’est pas une marchandise » –  » Remettre l’humain au coeur du soin » – Volonté et mobilisation des soignants

La CGT- CHU Caen fidèle à sa mobilisation, aux actions menées pour alerter et secourir l’hôpital public , protéger la santé et donc sauver des vies, déclare à LiberTerra, qu’ « On ne fait pas d’économies sur la santé, sur l’hôpital », que « les économies faites » n’avaient pas lieu d’être et qu’elles ont impacté fortement la santé de ville et celle de l’hôpital. « La pandémie de coronavirus a révélé ce que les soignants dénonçaient depuis des années« , souligne la CGT.

Une pandémie révélatrice de la souffrance de l’hôpital, de la politique catastrophique de rentabilité, et le Ségur de la santé est au prix de patients décédés, de suicides de soignants, d’étudiants en médecine en souffrance et un jeune médecin généraliste confie à LiberTerra « Les étudiants en médecine sont la corporation qui enregistre le plus de suicides et tout le monde s’en fout. Depuis des années on alerte, on dénonce ces faits et personne nous entend ».

Un ségur de la santé et la CGT déclare que « les agents et les soignants attendent beaucoup de ce Ségur ». Un Ségur dont en ce mois de juin, après la manifestation du 16 juin, les personnels hospitaliers n’en savaient toujours que « très peu » et souhaitaient garder confiance. Pour la CGT, le fait que les politiques « s’attardent sur les revendications des soignants, c’est le minimum ».

La CGT qui précise que « Ce ne sont pas les politiques qui sont sur le terrain » et qu’une reconnaissance forte doit-être pour les soignants, pour tous les agents hospitaliers. Plus qu’un métier, c’est une vocation, c’est véritablement « être dans le soin » exprime une infirmière.

Un ségur qui déçoit par les dernières annoncent faites par le ministère, par Olivier Véran.

Les 15 milliards d’euros à mimima souhaités par le syndicat Sud Santé qui rappelle dans une vidéo postée sur sa page Facebook que les 6 milliards annoncés sont bien loin du compte et qu’il est « 86 % de femmes dans ce secteur d’activités » et que cela peut « expliquer en parti la façon dont on est traité, la façon dont on est méprisé, la façon dont est sous-payé, la façon dont on est exploité » . La CGT rappelle aussi que depuis longtemps « On se bat pour l’égalité femme/ homme, l’égalité des salaires ».

Les #premiersdecorvée reçoivent pour reconnaissance un mépris qui peut être expliqué en partie par cette réalité, la persistance du patriarcat, la persistance d’un système économique qui met un point d’honneur à séparer les décideurs politiques et financiers de la population considérée comme devant être celle qui exécute avec obéissance l’ordre donné par le pouvoir politique. Elle doit correspondre à ce que le pouvoir attend.

Peu importe qu’il s’agisse de soignants, de tout ce qui permet à l’hôpital de vivre car avant tout cela concerne la population et non ceux privilégiés par le système. C’est nous tous qui subissons et ceux qui détiennent les pouvoirs politiques et financiers ne vivront pas ce qu’ils imposent.

Emmanuel Macron n’attendra pas aux urgences, ni lui ni sa famille, la prise en charge de leur santé, n’est pas celle que vivent la population et les soignants.

D’autre part, Olivier Véran annonce 300 millions euros pour revaloriser les salaires des médecins hospitaliers quand les syndicats demandent 7 milliards. les syndicats jugent cette somme « inadmissible » et le font entendre lors de la manifestation du 30 juin. Les belles paroles sur les « Héros » face à la « guerre » sont devenus ceux dont les politques « se sont toujours foutus« , selon un médecin.

Il y a une séparation forte entre le politique et la population qui provoque une crise démocratique grave et l’abstention aux élections du 28 juin porte ce signal de fracture profonde. Cette division se vit actuellement par la déception qu’apporte le Ségur de la santé.

Mardi 30 juin, les soignants manifestaient de nouveau pour signifier aux politiques leur volonté, leur mobilisation. Ils souhaitent que soient comprises les conséquences d’injustices vécues, d’une non-reconnaissance , d’absence d’engagements sincères et à la heuteur de l’enjeu pour la santé. L’absence d’actes politiques concrets pour l’hôpital en prenant en compte toute la communauté qu’il représente, aura des répercussions indéniables dans le secteur hospitalier et au sein de la population, car c’est elle qui a besoin de l’hôpital.

Une revalorisation des salaires, le primordial

Le syndicat Sud rappelle que  depuis un an «  est porté avec le Collectif inter-urgence, le Collectif inter-hôpitaux, l’intersyndicale » la revendication de 300 euros net d’augmentation pour toutes et tous.

Une revalorisation des salaires que la CGT-CHU Caen formule en une des conditions primordiales. Le syndicat souligne que « Le gel du point d’indice persiste depuis plus de dix ans »

Des soignants qui savent que le Ségur ne fera pas de « miracle » et certains d’entre eux ajoutent « On est pas dupe, on aura les miettes » même s ‘il est une volonté d’y croire, qu’enfin des réponses justes soient données par des actes forts pour les professions de la santé, pour l’hôpital.

La déception ressentie face aux annonces politiques concernant ce que va concrètement apporter le Ségur de la santé, fait penser à certains soignants que « Le monde d’avant va revenir », que des moyens tel que les respirateurs sont donnés dans la pensée que des pandémies peuvent être en deuxième vague, ou apparaître par d’autres virus, mais qu’il n’est pas une prise de conscience sur l’humain au cœur de l’hôtipal, au cœur du soin , et que des respirateurs sont l’outil pas l’humain qui soigne ni celui qui est soigné.

La bienveillance à l’égard de l’humain passe par le respect, la reconnaissance, une justice véritable. Une augmentation des salaires, c’est permettre à des citoyennes et citoyens de vivre décemment et de ne pas être dans un épuisement physique et psychique, ce que la population en générale vit, subit.

Une augmentation des salaires qui n’est pas au rendez-vous, selon les syndicats et Collectifs, et des mesures essentielles pour l’hôpital qui de ce fait risquent de rester en carence comme les effectifs des personnels soignants, la non fermeture de lits, la tarification des soins entre autres problématiques.

Hôpital public – Il est un besoin urgent de personnels soignants

La CGT rappelle qu’il « faut des effectifs supplémentaires alloués dans les hôpitaux ». La crise sanitaire, les conséquences suite à ce que les soignants ont vécu en sein de l’hôpital public durant la pandémie, font que des soignants réfléchissent sur leur carrière et « vont avoir envie de partir ». Il est déjà « des jeunes infirmières qui n’ont pas envie de venir travailler à l’hôpital », selon la CGT. Il est alors expliqué que lorsque de jeunes infirmières « viennent en concrat contractuel quelque temps, parfois elles partent avant la fin de celui-ci ou alors elles ne veulent pas le renouveler  » Ce qui laisse une inquiétude réelle concernant le manque de personnel soignant qui pourrait perdurer si les conditions ne changent pas rapidement et efficacement. Et, la revalorisation des salaires doit être une priorité.

La transmission vers les générations futures ne se fait pas suffisamment pour garantir la survie de l’hôpital public, un constat que nous pourrions tous craindre car l’hôpital, c’est nous tous. Tout le peuple est concerné par la santé, d’autant avec les conséquences de la pollution, des maladies liées au stress, aux chocs traumatiques qu’une société violente provoque en conséquences. La crainte des épidémies reste présente à l’esprit et on ne peut pas envisager un hôpital en souffrance et devant affronter une crise comme nous venons de le vivre.

De plus, une crise économique majeure peut entraîner des traumatismes se répercutant directement sur la santé. Un rapport de 2016 émanant du CESE, expose clairement les traumatismes impactant l’ensemble d’une famille touchée par la précarité. La santé sera vraiment au cœur du bouleversement qui touche notre société et encore une fois, la pandémie est révélatrice.

Un hôpital fort se réalise par des effectifs forts, ce qui permet d’assurer la sérénité, la confiance des soignants, des malades par la possibilité de se consacrer entièrement aux soins sans subir de pressions en surabondance.

Une politique salariale à changer pour fidéliser le personnel hospitalier

La politique salariale mise en place depuis « une bonne dizaine d’années » précise la CGT, qui fait que « Dans l’hôpital public sur un poste vacant, on ne stagiairise pas directement des soignants »

Actuellement, sur un poste vacant pour être stagiairisé, il faut attendre une période de 24 mois. Ce qui a pour résultat qu’ « Une jeune qui sort de l’école diplômée, elle va être à l’hôpital 18 mois en CDD , 6 mois supplémentaires en CDI contractuel et au bout de 24 mois, elle peut prétendre à la stagiairisation. Stagarisation pendant 12 mois et ensuite une titularisation. C’est à dire qu’il faut 3 ans pour une infirmière diplômée d’état avant qu’elle soit titulaire de la fonction publique hospitalière ». Si on ajoute à cela un salaire faible, des conditions de travail difficiles,  « Les jeunes infirmières n’ont pas envie de rester », selon le constat fait par la CGT-CHU Caen.

« On ne sait pas fidéliser les personnels hospitaliers » et au delà des infirmières, ce sont tous les métiers au sein de l’hôpital qui sont impactés.

Les aides-soignants-es attendent aussi une reconnaissance de la part du Ségur, ainsi qu’une prise de conscience sur le manque d’effectifs dans leur secteur, qui risque de s’accroître dans le futur. Actuellement, il y a des postes vacants et un manque de jeunes se tournant vers ce métier.

Il faut véritablement comprendre qu’à l’hôpital « tous les agents hospitaliers sont importants », souligne la CGT qui précise « Il manque une profession dans les rouages et ça ne fontionne pas ». Tous sont importants et ne doivent pas être oubliés par le Ségur de la santé.

« Tout le monde se complète » ajoute la CGT, et pendant la pandémie, cela a vraiment été une réalité, « Il ne faut oublier personne » insiste la CGT.

Les techniciens, les ambulanciers, tous ont été présents et ont permis que l’hôpital fonctionne.

Notre société est une communauté qui ne peut perdurer que par la solidarité, par le respect de chacun, par un sens de justice envers tous. Les décideurs politiques ne peuvent exclure un seul d’entre nous, sauf à vouloir déséquilibrer, mettre en souffrance. Personne ne doit rester sur le bas côté et une bienveillance doit être pour tous et prouvée par des actes.

La revalorisation des salaires pour tous est une nécessité , comme repenser les conditions de titularisation, réfléchir à fidéliser les personnels hospitaliers, rompre avec une politique de l’argent en finalité, une politique d’éconmies sur la santé. Tous conscients que la santé se situe hors valeur marchande, boursière.

La finance ne peut diriger l’humain. Ce n’est pas l’argent qui sauve, c’est une volonté d’aimer, d’agir, d’être en actes bienveillants, respectueux de l’humain. « Remettre l’humain au coeur du soin ».

©Hélène carion

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