Gisèle Halimi est décédée – Le féminisme est un combat au cœur de notre humanité

Depuis toujours les femmes se battent pour leur liberté, contre la souffrance . Le féminisme est un nom mais plus largement au delà de la limite d’un mot, il s’agit de lutter pour la liberté, pour notre humanité.

Au cours des évènements qui peuplent notre histoire , il y a des personnalités qui par leur métier, leur caractère, leur propre histoire, la politique qui tient notre civilisation, seront celles qui auront porté la finalité d’un combat.

Gisèle Halimi, avocate, militante et écrivaine est décédée ce 28 juillet à 93 ans.

Maître Gisèle Halimi aura en 1972 par son combat, son « obstination », un mot qui l’encourage dans la lutte, libérée de la justice une jeune fille de 16 ans ayant avorté après avoir subi un viol.

Il sera le Manifste des 343 publié le 5 avril 1971 dans Le Nouvel Observateur. Le « Manifeste des 343 salopes » comme il est appelé , ce sont les signatures de personnalités féminines médiatisées et anonymes qui créent en quelque sorte le premier #MeToo, en déclarant avoir avorté pour qu’il soit une loi légalisant l’avortement et mettant fin ainsi à la barbarie des avortements clandestins, au joug de la société qui condamne, juge et détruit des vies.

Il sera également une des premières associations féminines, « Choisir » la cause des femmes , fondée par Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, Jean Rostand, Jacques Monod, en juillet 1971 pour défendre les femmes à travers trois objectifs , la défense gratuite des femmes ayant avorté, la contraception, l’éducation sexuelle et l’abrogation de la loi répressive de 1920.

C’est donc l’association « Choisir » par sa volonté de solidarité et de fraternité qui prendra en charge le procès de Bobigny en 1972.

« Ce procès d’un autre âge », quand la justice se fait cruelle et il est des personnalités comme Michel Rocard, le Professeur Paul Milliez, catholique et père de six enfants, Françoise Fabian et d’autres qui viennent dénoncer cette culture patriarcale qui tue, mutile, traumatise des femmes . Et, la réalité des avortements clandestins est celle-là.

Puis , il sera le combat mené par Gisèle Halimi pour que le viol soit non pas un délit mais un crime.

Le viol est un crime, il aura fallu tant de souffrances, de vies brisées pour que cela soit reconnu pour ce que le viol est, un crime.

Aujourd’hui, le combat pour la liberté des femmes continue

L’humanisme est à tous, il appartient à chacun de nous et il est au delà de l’image, le Combat et c’est lui qui importe, c’est chacune des voix, des gouttes d’eau qui lui permettent d’avancer.

Ce n’est pas Gisèle Halimi qui enseigne aux enfants l’humanisme, c’est chacun de nous. Les petites filles apprennent de leur mère, de leur sœur, de leur tante, de la vie elle-même qui instruit, guide, et donne la force de la révolte, comme toutes et tous nous apprenons.

La lutte présente, ce seront les enfants qui adultes la vivront. On plante un arbre et les jeunes et futures générations en récoltent les fruits.

Les fillettes qui seront les femmes de demain n’auront pas à franchir cette marche obligatoire des violences sexuelles, des maltraitances dans leur vie de femme. Nous devons leur assurer cette paix.

Et , dans cette action, il n’est pas de personnalité importante et d’autres pas pour la lutte pour la liberté.

Il y a moins de cinq ans en arrière , nous n’aurions pu manifester autant, libérer aussi fortement la parole dans une société qui ne porte que la pensée du profit par un mental narcissique, par ce qui tient tout, la politique et son incessante domination.

Il est cette mère qui se bat pour son enfant, pour sa vie, qui porte sans parti, sans association la voix de notre humanité . C’est sa fille qui a été violée, traumatisée ou tuée par son conjoint ou ex-conjoint. Le féminisme, s’il n’est qu’un seul rassemblement, il est celui-ci, libre, sans parti sans être d’une association, mais dans l’action concrète.

Des femmes maltraitées, subissant des violences conjugales, des violences sexuelles peuvent croire qu’elles ne pourront se sauver, qu’elles n’auront pas la force, pas le droit, qu’aucune reconnaissance de leur humanité sera, mais toutes ces victimes portent en réalité le combat, ne comptant que sur elles-mêmes pour survivre, pour se délivrer d’un prédateur, pour dépasser chaque jour un traumatisme.

L’humanisme est une union, pas un, une, pas des personnalités, mais bien nous tous ensemble. Se soutenir mutuellement et reprendre le verbe aimé par Gisèle Halimi, « obstiner ».

Que les prédateurs qui haïssent les femmes, le féminisme, ceux qui torturent une femme qui a subi un avortement en l’injuriant, en la maltraitant, en imposant un traumatisme, en l’humiliant, en usant qu’une atroce lâcheté pour soumettre un être humain, pour rabaisser une femme et s’inventer supérieur et l’enfermer dans une prison érigée à force de méchanceté et de cruauté, qu’ils sachent que nous serons tous, Femmes et Hommes, obstinés et que nous combattrons sans relâche celui qui hait une femme, son humanité et détruit une vie au nom de sa prédation.

Un combat obstiné, qui ne cèdera jamais et le temps doit être au présent pour la lutte contre toutes les violences faites aux femmes

Ces femmes maltraitées ont un père, un fils, un frère, un ami qui vivent le drame des maltraitances faites aux femmes et qui en souffrent. Il est des hommes bienveillants, tout simplement humains, respectueux de la vie, amoureux d’elle, qui combattent aux côtés des femmes.

C’est ce fils qui a vu sa mère souffrir, qui a été traumatisé par un prédateur, c’est ce père qui pleure sa fille tuée par un conjoint ou ex conjoint, c’est ce frère qui ne voit plus sa sœur sourire car elle a été violée. Le féminisme est notre combat à tous car il est notre humanité.

© Fédora hélène

Copyright © LiberTerra 2020, Tous droits réservés

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s