Orage – entre beauté de la nature et peur

Mercredi 12 août vers 18 heures de violents orages éclatent en Normandie et particulièrement dans le Calvados. De fortes pluies se sont abatues en quelques instants surprenant les habitants et vacanciers. Ces importantes pluies ont provoqué en quelques minutes des inondations de caves, des rues entravées par l’eau, notamment dans la ville de Caen, ainsi que des chutes d’arbres. Des personnes surprises par l’orage ont été littéralement trempées en quelques secondes. « J’ai eu l’impression d’avoir pris une douche ! J’étais complètement mouillé en quelques secondes » nous confie un habitant de Caen. « Ce qui fut aussi étonnant, c’est qu’avant que l’orage éclate, il était une pluie de feuilles dans la ville de Caen« . La piscine municipale de la ville de Cean (Calvados) pour des mesures de sécurité évidentes ferma au public son bassin extérieur lors de cet épisode orageux . L’annonce d’un ciel se chargeant de nuages de plus en plus sombres et de rafales de vent conduisant à cette pluie de feuilles également au-dessus du bassin extérieur de la piscine.

Ce 12 août, les pompiers en Normandie ont dû réalisé plus de 450 interventions dans l’Orne, la Seine Maritime et le Calvados plus durement touché par les intempéries. Le quartier de la gare notamment et des rues de la vile de Caen furent rapidement partielement inondés par les fortes pluies.

Orage – Énergie d’une impressionnante force et urgence climatique

L’orage, celui que l’on nomme la foudre s’abattant sur les infidèles, la colère des Dieux, ceux que  les sonneurs de cloches devaient éloigner des villes et villages . 
Nombreux sonneurs de cloches tenant la corde mouillée furent foudroyés. Ils étaient alors considérés comme ayant mal fait leur travail, laissant l’orage gagner la partie. Ceux qui étaient grièvement blessés et échappaient à la mort, ne recevaient aucun salaire tant il était considéré qu’ils étaient de  mauvais sonneurs de cloches. 
Les Saints étaient également mis à contribution pour repousser l’orage comme ils l’étaient pour appeler la pluie. 
Aujourd’hui l’orage survenant en période de canicule rappelle non la colère des Dieux mais l’urgence climatique. Celle due aux modifications profondes de l’environnement par les activités industrielles et économiques. 
Au coeur de ce XVIII ème siècle où on sonne avec ardeur les cloches contre l’orage, il est l’élaboration d’une industrie qui s’impose de plus en plus à la construction de notre société. 
Ce progrès coûte déjà très cher à notre humanité. Il est la peine des ouvriers y travaillant bien souvent jusqu’à leur mort, s’épuisant à la tâche sans que les riches propriétaires n’en soient émus le moins du monde. 
Une industrie qui ne cessera de progresser somme toute dans un orgueil effréné que possède l’humain, se prouvant à lui-même son « intelligence » et oubliant dès la création de multiples usines, le bien être des plus pauvres qui servent à construire ce progrès technologique . 
Les simples bouteilles en verre fabriquées en masse, étaient chacune façonnée, triée, expédiée par la main d’un homme recevant un maigre salaire par ce qui était en réalité une mise en esclavage. Puis, cet ouvrier finissait pour mourir d’épuisement. 
L’usine produit des quantités astronomiques de divers produits au prix de vies humaines, celles des plus pauvres en premier. 
Une réalité toujours présente dans les pays où la population est horriblement exploitée, et dans nos pays riches où la pauvreté s’aggrave, où le chômage tue, et s’intensifie inéxorablement. 
Aucunes réformes venant à plier les populations à un ordre politique et économique viendront apaiser les conséquences d’une politique capitaliste, bien au contraire. 
Leur but d’aller vers un profit toujours plus élevé ne fera certainement que amplifier la souffrance et l’épuisement de nos ressources. 
L’aveuglement des technocrates et politiques va finir par abattre tout espoir. Ils se veulent garants de la sécurité et lutter contre une pandémie, alors que le désastre qu’ils créent est infiniment plus persévérant et redoutable. Et, là ni masques ni vaccins ne viendront en secours. 
L’illusion, nous traversons certainement la plus grande période d’illusion où nos modèles de sociétés, nos acquis, certitudes, ordres risquent de s’écrouler. 


Pourquoi ? 


Peut-être que le fait de mettre l’humain et la Terre en souffrance par une exploitation sans fin, n’était pas la source portant l’essentiel pour que nous puissions subsister. 
Au delà d’une pandémie, l’homme dévaste et il poursuit ce chemin sans en être troublé. L’argent, les milliards s’opposant les uns aux autres et la mort des abeilles par l’utilisation de pesticides destructeurs qui perdurent dans notre environnement malgré l’interdiction récente de leur utilisation, refait surface par cette guerre économique redoutable que l’homme livre. 
On pense sauver l’un en prenant le risque de détruire l’autre et on confronte la valeur des milliards d’un côté et de l’autre pour déterminer lequel va gagner. 


Personne ne gagnera car de toutes les manières la course folle se poursuit et les États ne sont pas à la protection de la Terre, de l’humanité mais à l’aveuglement perpétuel, à l’apparence du gain, de l’image, de cet endoctrinement lourd du roi émergent, de celui qui dépasse les autres et conduit, dirige. 
Alors qu’il suffit de voir que tous ces siècles voués à cette conception mentale brisent notre humanité et usent notre Terre mère. 
Détruire la nature par orgueil, cupidité, entêtement borné à la valeur de l’argent, est-ce notre futur, est-ce ce qui attend notre avenir, ce que nous transmettrons à nos enfants ? Les pleurs, nos semblables perdus au front des famines, des guerres, des conflits, de tout ce qui confronte notre humanité à elle-même, cette impossible paix, et la haine, la violence poursuivent leur route. 


Il faut des lois pour que l’homme soit bon ? 
Le cœur de l’être humain ne se commande pas par des lois et elles sont reniées avec cruauté. 
En ce 13 août 2020, il est 58 féminicides en France. Une femme de 30 ans a été assassinée par son conjoint. 
Nous pleurons et nos yeux délivrent ses larmes en abondance. Une abondance, cette écoute de la  conscience, cette issue de secours, celle qui signifie patience, celle qui nous rappelle l’infini générosité du cœur, du verbe Aimer qui est celui que notre société tait le plus souvent. 
Nous sommes en détresse car également sous le poids d’inventions politiques , économiques, des titres, d’hierarchie en verrou bloquant la nécessité de la réconciliation, l’anéantissement de la pauvreté. Sous le poids des belles paroles et discours qui n’arrêtent pas la cruauté car de l’autre côté est ce trait, cette ombre qui paraît constamment à l’écriture de chaque mot. 


À l’instant où la larme disparaît, il est une souffrance qui se perpétue
Les mêmes politiques promettant les jours heureux les assombrissent et le malheur est à cette course folle de la production, de l’infernal pouvoir donné à l’argent. 
L’agonie, notre agonie et la peur survient, elle est cet orage, ce beau, cet éclair dans le ciel et notre pensée revient aux alertes qu’émet notre conscience. La Terre est en souffrance par notre impossibilité à déposer les armes faites d’argent, de dominations, de possessions, d’horreurs racistes, patriarcales, de terrorisme, de valeur boursière mettant un prix, une valeur marchande sur la vie elle même . 
Nous détruisons la nature, blessons notre humanité pour ce qui n’existe pas, le pouvoir de dominer sur tout, et par cette folie suicidaire de ne rien respecter et de penser que tuer est le pouvoir de notre intelligence. 
La cruauté, la barbarie sont chaque jour par la pauvreté, les maltraitances que subissent des êtres humains et notre Terre mère. 
Notre peine, une peine immense et une plume, des mots qui voudraient écrire celui qui peut supplier d’arrêter cette démence à détruire la vie. 

Quand est-ce que la pauvreté sera anéantie ? 

Les pauvres, ceux fragiles, vulnérables, leur vie volée par le pouvoir de quelqu’uns, qu’ils ont obtenu par leur naissance puis par toutes les cupidités. Ces vies prises par les plus riches ordonnant, vont construire par leur travail  une société allant vers la machine, vers l’outil de plus en plus perfectionné aidant l’humain à progresser plus vite, à façonner un confort, à créer ce 21 ème siècle technologique qui a eu besoin pour naître de tous ces siècles industriels usant la vie devenue elle-même un outil. 
Sans mesure, il faut toujours produire plus, toujours être de plus en plus orgueilleux et à exploiter les populations pauvres d’autres pays, à utiliser sans limite les ressources de la Terre, être à prendre sans retenue, sans ressentir la vie, sans s’apercevoir que cette frénésie industrielle met la vie en péril. 


Les tempêtes violentes s’installant, les cyclones, inondations, sécheresses s’intensifient sur plusieurs années consécutives. La peur que nous pensions avoir vaincue par notre progrès, nos connaissances revient forte et armée d’un bouleversement planétaire. 
L’urgence climatique et il est  le chiffre vertigineux de tous les humains qui souffriront de ces conséquences alors que se poursuit notre course folle au progrès pour une production économique se plaçant à la pointe de la pyramide en valeur d’argent et de pouvoir. 
Les épidémies évitables tel que le choléra se poursuivent dans les pays en voie  de développement. Les famines, crises humanitaires, se font chaque jour plus violentes et les ONG se retrouvent seules face à la catastrophe.


Ce 14 août 2020 sera l’hommage aux six jeunes humanitaires français assassinés au Niger par la barbarie, le terrorisme . 
Mais c’est notre monde que la politique au plus haut niveau façonne depuis des siècles. Notre système économique marchand qui s’affronte dans une guerre permanente entre les uns et les autres, dans un but de profits, de pouvoir absolu se résume en une finalité, la destruction. 
Tout cet acharnement qui nous paraît si intelligent, si performant, si évolutif pour notre conquête forte de technologies peut s’effondrer en quelques secondes car il détruit le beau, l’essentiel, le précieux, la vie. 
Comme en ces siècles passés, le bien être, la liberté de l’humain et de la nature sont oubliés. 

Notre ciel d’orage se fait notre peine, notre peur et nous y percevons la force et la beauté de la nature. 
Sans plus rien savoir que regarder en laissant nos émotions, notre cœur s’exprimer, nous saurons peut-être saisir la chance, l’envie de faire éclore une nouvelle civilisation respectueuse de ce qui nous façonne, nous crée, la vie. 


© Fédora Hélène 

La belle invention des avions se transforme en celle particulièrement polluante par cette dualité de tout faire de ce que l’on conçoit, une arme.

Le capitalisme vert est un mensonge ou la solution à tous les problèmes pour ceux qui s’engagent à écouter les promesses et pensent aux futurs profits …

©LiberTerra photo 2020 Orage – 12 août à Caen

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