Urgence – Sans-abri dans le Calvados – Un campement de fortune pour tout refuge durant la pandémie de Covid-19

ALERTE – Au moment où cet article est publié, l’AG de lutte contre toutes les expulsions, nous informe que ce mercredi 9 septembre au matin, il aurait été sur le campement de fortune à Mondeville (calvados) l’intervention de membres de la préfecture , accompagnés des Forces de l’ordre et de la police municipale pour procéder à un recensement des sans-abri présents sur le site.

Ceux-ci ayant pris peur, craignant une expulsion proche, revivant par la mémoire traumatique les précédentes expulsions, ont décidé de partir sans aucune affaire à la recherche d’un lieu pouvant les abriter, selon nos informations.

Il est choquant de savoir des humains se sentir contraints de devoir se cacher, subissant l’angoisse, la peur, et devant encore tout abandonner.

Accablés en période de pandémie de Covid-19, où les plus vulnérables souffrent d’autant plus de la pauvreté, de conditions de vie très difficiles ne leur donnant souvent pas à l’accès à l’eau, pourtant une priorité absolue.

L’ONU alerte qu’il est près de 3 milliards de personnes à travers le monde sans accès à l’eau potable et au savon, ne pouvant se protéger du Covid-19 et limiter la propagation du virus.

Une telle situation que subissent des sans-abri se trouvant dans des pays riches est profondément choquante.

L’accès à l’eau pour tous devrait être une priorité absolue, un engagement de tous les instants pris par tous les gouvernements.

Urgent – Mardi 25 août 2020 – 6 heures du matin – Expulsion d’un squat à la Grace de Dieu à Caen (Calvados)

L’ AG de lutte contre toutes les expulsions alerte qu’il est 160 personnes de différents nationalités dont des migrants et réfugiés vivant en squat depuis le 20 juillet 2019 dans un immeuble situé à la Grâce de Dieu à Caen (Calvados), qui se trouvent expulsées le 25 août suite à la demande du bailleur Caen-la-Mer.

La préfecture déclarant dans un communiqué qu’ au 24 septembre 2019, « Le tribunal judiciaire de Caen a ordonné l’évacuation » des bâtiments occupés. Soulignant que « L’occupation illégale s’étant maintenue malgré l’injonction du tribunal, Caen la mer habitat a demandé le recours à la force publique »

Le communiqué de la préfecture précise que « Les personnes qui occupaient illégalement ces lieux seront prises en charge et hébergées par l’État »

Cet hébergement proposé évolue différemment en fonction du « diagnostic social » établi pour chaque personne recensée. Il est ainsi selon la préfecture pour les mineurs isolés, « la prise en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ».

Pour les personnes « sans-papier » et dont certaines sont déboutées du droit d’asile, le communiqué de la préfecture précise que « les ressortissants étrangers en situation irrégulière seront invités à quitter le territoire national » Il est fait mention que ces personnes pourraient faire « L’objet, soit d’un placement en rétention administrative, soit d’un hébergement avec assignation à résidence en vue de leur éloignement »

De son côté, la société CLMH déclare dans un communiqué que le bâtiment occupé « doit faire l’objet d’un désamiantage en vue d’accueillir un nouveau projet immobilier ». L’AG de lutte contre toutes les expulsions souligne que l’urgence de procéder à cette expulsion n’était pas justifiée puisque le projet de rénovation de l’immeuble concerné ne serait pas réalisé dans l’immédiat.

Par ailleurs, selon l’ AG de lutte contre toutes les expulsions, il était après l’expulsion près de 50 personnes en grande vulnérabilité, démunies, sans aucune solution d’hébergement se retrouvant ainsi à la rue.

Une urgence humanitaire en pleine pandémie et il fut alors un accueil soit proposé par des habitants qui ont hébergé des personnes expulsées, soit un squat situé avenue Henry Chéron à Caen (calvados) ouvert en dernier recours pour les sans-abri qui à 22 heures se trouvaient abandonnés sans recevoir aucune aide pouvant assurer leur sécurité.

Il fut alors en solution de secours le squat d’un terrain. Des tentes furent amenées par des particuliers, les militants de l’AG de lutte contre toutes les expulsions confient à LiberTerra avoir assumé à hauteur de près de 200 euros les besoins de première nécessité tels que ceux alimentaires.

Rien – Ce mot s’imposait tel un mur dans la nuit

Ni eau, ni nourriture, ni couvertures, le secours se faisait rien. Ni les pouvoirs publics, ni les associations se manifestèrent , selon l’AG de lutte contre toutes les expulsions. Sans la mobilisation de militants de cœur , d’habitants solidaires, sans leur générosité qui démontre ce que signifie le courage de la population, la signification de se soutenir mutuellement, de ne laisser personne sur le bord de la route ainsi que le recommande l’ONU, les sans abris auraient été à l’abandon dans l’ombre de notre démocratie.

22 heures – Un abri pour la nuit en ce mois d’août 2020

Ce refuge conçu à la hâte avec quelques tentes fut de courte durée puisqu’il aurait été déclaré un arrêté de péril par la mairie de Caen concernant le terrain occupé, selon l’AG de lutte contre toutes les expulsions.

Mais, la volonté, le courage ne faiblissent pas, et ce sont 22 enfants qui sont scolarisés, et 15 adultes parents qui le samedi 5 septembre aboutissent sur un campement de fortune sur un terrain communal à Mondeville (Calvados)

Des personnes sans-papiers, parfois déboutées du droit d’asile, dont certaines d’entre elles ne sont pas recensées car fuyant et vivant la peur récurrente que soit une expulsion du territoire. La France, le pays où pour des familles leurs enfants sont nés et où ils sont scolarisés.

Le droit d’aller à l’école pour devenir autonome à l’âge adulte est un droit fondamental universel. L’UNICEF rappelle que « Le droit à l’éducation est l’un des cinq principes majeurs de la Convention internationale des droits de l’enfant ». (CIDE. Article 28 et 29)

Venues d’Albanie ou du Kosovo pour donner à leurs enfants le droit d’aller à l’école et de vivre sereinement, ces familles sont éprouvées par des conditions de vies très difficiles qui pourraient leur dire que la liberté leur est refusée, que l’errance s’impose , que notre humanité en peine n’entend pas les paroles du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres qui déclare le 7 septembre, lors de la Journée de l’air pur , que « Nous avons besoin d’un changement radical et significatif » et le 8 septembre, il rappelle que si nous ne savons pas être unis, solidaires, vivre en fraternité d’actes « Nous sommes perdus », soulignant « Soit nous sommes unis, soit nous sommes perdus ».

Il ne pourra y avoir de changement radical de notre économie, de notre politique pour protéger notre humanité des changements climatiques , s’il n’est pas une prise de conscience forte et des actions humanitaires inédites, une lutte contre la pauvreté, un respect profond des droits humains.

Si la conception de notre société ne s’attache qu’à la valorisation du PIB, à la sur-industrialisation, à la compétitivité féroce, aux solutions en milliards d’euros et de dollars, et non allant vers les solutions issues de notre humanité, de son cœur, de sa force de vivre, le point de non retour qui est déjà significatif pourrait conduire à un chaos sans précédent.

Se soutenir mutuellement est une des clés nous permettant de survivre.

Normandie – Une région où le mot solidarité imprègne l’histoire

La belle Normandie près de Caen ne peut oublier les temps qu’elle célèbre chaque année et qui sont du D-Day, de la libération, du débarquement, des bombardements qui assaillirent la ville de Caen entres autres, laissant des cicatrices et blessures vives d’une partie de la population se retrouvant sans rien à la rue ; du désastre qui saisit un matin – des morts , des blessés, de ce jour qui marque l’histoire de notre humanité et qui demeure en notre mémoire collective.

L’errance, le désespoir et ce fort de vivre qui permet un courage immense et donne la force de reconstruire

Cette résilience qui n’est possible que par la vitalité de la liberté qui coule dans les veines de chacun d’entre nous, qui donne l’envie de bâtir de nouveau, d’avancer pour un but, hisser la victoire de la paix toujours plus haut.

C’est cette volonté, cette émotion qui prédominent la création du Prix Liberté en Normandie, proposé par la Région Normandie, réalisé avec l’Institut international des droits de l’homme et de la paix et en partenariat avec les Académies de Normandie et le réseau Canopé, donnant aux jeunes de 15 à 25 ans la possibilité d’élire une personnalité ayant oeuvré pour la liberté, pour le respect des droits fondamentaux universels.

Deux femmes obtiennent le Prix Liberté en 2019 et 2020. Greta Thunberg, jeune suédoise militante écologiste pour l’année 2019 et Loujain Al Hathoul, militante saoudienne des droits des femmes pour cette année 2020.

Une liberté et paix sans frontière, des femmes dans cette universalité des droits humains en osmose avec le respect de notre Terre, le respect profond et sincère à l’égard de celles et ceux vulnérables, celles en détresse à travers le monde. Ces femmes persécutées, ces femmes luttant contre la pauvreté, luttant pour protéger les enfants contre toute la violence que notre société érige , provoque par la puissance du pouvoir et de l’argent.

Et, il est des femmes en extrême vulnérabilité aujourd’hui sans-abri en France et tenant le coup pour survivre, désirant la liberté et la paix pour elles-mêmes et plus que tout pour leurs enfants.

La Normandie rappelle la nécessité de paix par ce Prix Liberté. Une paix qui ne peut être sans l’effort de mémoire, sans une réalité forte de solidarité, de fraternité par des actes sans frontière, des actes de cœur allant vers l’humain, vers toutes et tous, vers les populations les plus pauvres, vers les plus vulnérables pour qu’aucun anfant, qu’aucune femme, qu’aucun homme soit sur le bord de la route sans rien. Il ne peut être un de nous qui soit celui abandonné, celui oublié, vivant dans la souffrance car aucune reconnaissance est pour son humanité.

Les personnes sans-abri ont cette dignité forte, ce regard qui exprime toutes les émotions de la vie, toute l’espérance pour un jour vivre heureux et libre.

Le bien-être est un droit fondamental et aucune puissance politique ne peut plonger un être humain dans le malheur.

Urgence – Sans-abri près de Caen (Calvados) – Sans rien, un campement de fortune pour tout refuge en pleine pandémie de Covid- 19

Une maman lance un appel « Il y a bien quelqu’un pour mettre la main sur le coeur ».

Elle s’appelle Xhilda, sa voix, son regard parlent de sa peine, de son courage et de cet incompréhensible, qui nous blesse toutes et tous, comment peut-on laisser des enfants vivrent sans refuge au 21ème siècle et ce durant une pandémie ?

Maman de trois enfants, Xhilda, jeune femme albanaise, témoinge des paroles de son fils de 12 ans, qui ne peut dormir sereinement car il est le froid, les piqures incessantes des moustiques sur le terrain humide et la peur d’une explusion, la peur traumatisante impactant des enfants, des femmes et des hommes en situation de grande vulnérabilité.

Vivre dans la peur, le froid des nuits humides et envahies par les moustiques au 21ème siècle dans le pays des droits de l’homme, dans une région célébrant la liberté et la paix , est-ce possible ?

Une autre jeune maman albanaise confie à LiberTerra que « Nous sommes pas des chiens, mais des humains. On n’a pas volé, on a pas fait de mal et on ne vient pas pour les aides sociales. Si on nous donne du travail, on paie par nous-mêmes. Je suis traductrice bénévole auprès du CHU de Caen et de la clinique de la Miséricorde à Caen. Je me déplace en urgence pour assister des malades qui ne parlent pas le Français pour qu’ils puissent communiquer avec les soignants ». Puis, elle souligne que, « On veut donner à nos enfants une vie normale. Je suis Rom et en Albanie, il y a un racisme important. Les enfants vivent le racisme à l’école, ils sont parfois frappés par des enseignants  ».

Une maman confirme ses propos en expliquant que les enfants de la communauté Rom, entre autres, ne pourraient grandir sereinement et avoir un avenir en Albanie.

Les militants solidaires précisent qu’il serait pour ces communautés en Albanie une forte discrimination à l’embauche.

Il est rappelé que l’Albanie est l’un des pays les plus pauvres d’Europe et qu’en 2017, les migrants Albanais étaient les premiers demandeurs d’asile en France , fuyant un pays considéré comme « sûr » par l’Union Européenne.

Les Albanais disent fuir la pauvreté, la violence, un taux de chômage massif qui en 2016 touchait 16,8 % de la population active, soit 1 jeune sur 3 trois sans emploi, selon les statistiques. Il était établi en 2017 qu’il serait plus d’un million d’Albanais partis à l’étranger. Soit le nombre le plus élevé dans le monde.

France – 21ème siècle – Durant la pandémie de Covid-19

Campement d’urgence – 5 septembre 2020 – Terrain à Mondeville (Calvados)

25 mineurs, des enfants dont le plus jeune est âgé de 16 mois et 15 adultes qui sont parents, des familles venant d’Albanie et du Kosovo, vivent sans que soit le respect des droits fondamentaux, puisqu’il n’est ni eau, ni électricité, ni sanitaires, ni possibilité de se laver, ni les capacités à pouvoir se nourrir, cuisiner en respect de la santé des personnes et de la croissance, du bon développement des enfants.

Seuls, les dons faits par des particuliers, l’aide précieuse de l’AG de lutte contre toutes les expulsions et l’association Trait d’Union apportant de l’eau, viennent en aide aux migrants, selon les militants solidaires.

Unique point d’eau sur le campement de fortune ©LiberTerra photo 2020

La santé psychique et physique des personnes, des enfants sans-abri subissant ces conditions de vie très éprouvantes est impactée et il peut demeurer des traumatismes suite à ces épreuves évitables par le respect des droits fondamentaux, par la solidarité.

Une solidarité, une fraternité qui doivent être cette signification de se soutenir mutuellement pour perdurer, pour résister à une pandémie. Emmanuel Macron soulignait dans son allocution à l’annonce du confinement, que nous ne pouvions pas réussir à lutter contre la pandémie de Covid-19 en « solitaire » et qu’il fallait être « solidaire ».

L’AG de lutte contre toutes les expulsions souligne que seule l’association Trait d’Union a procuré de l’eau et des masques .

Les militants de l’AG précisent que la Croix-Rouge n’aurait pas répondu positivement à une demande de couvertures et ce à 21 heures, le soir de l’expulsion de la Grâce de Dieu (Caen), où les sans-abri revêtaient la souffrance de ne pas être reconnus dans leur dignité humaine par notre démocratie.

Quant aux mairies concernées par la présence de sans-abri , elles répondraient selon, les militants solidaires que « ce n’est pas à leur ville de supporter tout ça ».

Toutefois, la maire de Mondeville, Hélène burgat, de sensibilité de gauche, aurait précisé ne pas demander l’expulsion du squat d’urgence établi le 5 septembre, selon les militants de l’AG de lutte contre toutes les expulsions .

Solidarité – pour que nos sociétés soit ce phare qui éclaire toujours la nuit et non celui éteint qui abandonne les plus vulnérables.

© LiberTerra 2020

Cette situation d’urgence ne peut garantir aux personnes de vivre sereinement, en paix et sécurité et ce en pleine pandémie de coronavirus.

Il est alors de rappeler avec force , la déclaration à Genève de M. Rajagopal, rapporteur spécial de l’ONU qui soulignait craindre qu’il soit un « Tsunami d’expulsions », précisant « je suis alarmé par l’augmentation mondiale des expulsions forcées » durant la pandémie de Covid-19. M. Rajagopal déclarant « Les expulsions forcées sont une violation scandaleuse des droits de l’homme, y compris le droit à un logement adéquat ». Le Rapporteur de l’ONU souligne alors, « Perdre sa maison pendant cette pandémie, pourrait signifier perdre la vie ».

Une année blanche concernant les expulsions est alors observée dans de nombreuses villes pour préserver la santé de personnes, pour que soit le respect des droits fondamentaux tel que rappelé par l’ONU.

L’AG de lutte contre toutes les expulsions souligne que sur le Calvados, il est depuis le 24 juin 2020, 9 squats expulsés, qu’il est une minorité de familles relogées, d’autant que la priorité semble donnée au « diagnostic social » établissant la situation administrative de chaque personne et donc ouvrant des droits très différents.

Il serait actuellement des femmes seules avec enfants assignées à résidence et qui déclarent dans cette situation désespérée, qu’elles ne souhaitent que le meilleur pour leurs enfants et préfèrent alors les confier à l’aide sociale à l’enfance pour qu’ils puissent aller à l’école, selon les militants de l’AG pour la lutte contre toutes les expulsions.

Une situation alarmante qui marque ce Nous Tous Ensemble primordial à la survie de l’humanité

Nous ne pouvons être dans le déni, dans l’enfermement des mesures prises par le passé pour ordonner des expulsions, nous devons être en conscience du bouleversement civilisationnel qui est aujourd’hui , des enjeux majeurs auxquels nous devons faire face et qui seront décisifs pour la pérennité de notre humanité.

Ce qui détruit ne sauve pas, il est à rappeler cela pour que nos sociétés ne s’enlisent pas dans l’erreur en croyant bien agir, dans le respect des lois alors qu’il doit être pour les sans-abri des réquisitions de logements, des lieux sécurisant mis à disposition en urgence pour les personnes de la rue, pour ceux que nos sociétés ont décidé qu’ils n’étaient pas de droit.

Une personne n’est pas une situation administrative, elle est à avant tout un être humain. Une dimension qui correspond à celle de la liberté qui est sens d’universalité.

Il est l’urgence de  » mettre la main sur le cœur »

© Fédora Hélène

© LiberTerra photo 2020

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