Jean-Pascal Zadi , simplement sincère, partage avec le public – Ciné-débat – Lumière sur : Simplement Noir

Un evènement organisé par le Café des images et par l’Université de caen, qui accueillent le film Simplement noir, ainsi que son concepteur, réalisateur et acteur principal, Jean-Pascal Zadi.

Un public conquis par le film et la personnalité de Jean-Pascal Zadi qui se trouvait en famille ce soir là puisque originaire d’If (Calvados) commune se situant près de Caen.

Simplement noir est un film qui par l’expression d’artistes, d’un artiste engagé, Jean-Pascal Zadi, exprime avec humour, vitalité, émotion et sincérité toute la complexité de l’identité noire , toute sa richesse , les différences entre les uns et les autres révélés par chaque invité dans ce faux documentaire où JP, 40 ans, youTuber, tient à organiser une marche voulant rendre visible ceux que la société tend à rendre invisibles car ils sont simplement noirs.

Pour réaliser sa marche, JP décide de contacter des personnalités pouvant l’aider et c’est ainsi que Omar Sy, Lilian Thuram, Claudia Tagbo, Amelle Chahbi, Cyril Hanouna, JoeyStarr, Éric Judor, Soprano et tant d’autres qui sous leur véritable nom jouent chacun un personnage à l’intérieur d’un faux documentaire sur comment cette marche « de la colère noire » peut se réaliser, comment elle évolue au fur et à mesure des rencontres.

Chaque invité exprime sa différence, évoque l’histoire, l’esclavage, le colonialisme, les divisions. Il est alors ce dialogue entre les invités et JP et les conflits appraîssant par le franc-parler, l’authenticité de JP disant ce qu’il pense sans trop de diplomatie et viennent alors en conséquence, ces scènes drôles où la table se casse, où les invités se fachent entre eux !

À travers ces échanges parfois vifs, la question du faux documentaire prend forme « Qu’est-ce qu’être noir ? ». C’est une multitude d’identité qui au final forme une grande famille.

L’idée de « la marche » évolue à la rencontre des féministes noires, de Ramsy, se dessine alors un événement où serait finalement la solidarité contre le racisme, pour que tous nous puissions être présents dans la société de manière entière.

JP maladroit, sincère, attachant, faisant preuve d’autodérision, n’oublie rien de la noble cause : lutter contre le racisme, contre ce qui nous sépare, et rappelle ceux qui réconcilient et font que les grandes souffrances soient reconnues, que la liberté soit rendue à ceux et celles qui en furent privés.

Simplement noir, c’est également rendre hommage à ces hommes exceptionnels, Mandela, Martin Luther King, et il est ce message que nous pouvons ressentir : marchons ensemble sur le chemin qu’ils ont tracé pour nous, la liberté par la solidarité, par la réconciliation.

Ces lumières qui éclairent et libèrent des souffrances, celle de l’esclavage, du colonialisme, de la discriminition, du racisme qui persiste dans notre pays .

Un film, des artistes qui transmettent un message, de ces artistes qui par la dimension du jeu d’acteur, par le savoir faire rire, savoir émouvoir et transmettre de la bienveillance nous donnent cette envie irrésistible de participer à cette première marche contestataire.

Simplement noir, le film qui donne aussi un message politique où les violences policières ne sont pas oubliées, qui appelle aussi  à la reconnaissance des souffrances dues au racisme, qui invite à réfléchir sur des évènements de notre histoire tel que l’esclavagisme,  pour devenir cet avenir réconcilié donnant à toute notre humanité, la chance d’être une famille.

Tout simplement noir et il est la complexité de l’identité , d’appartenir à , de respecter nos différences car nous sommes unique et en même temps unis par une ressemblance ,notre l’humanité, tous simplement des êtres humains liés tous les uns aux autres.

Partage micro ouvert entre le public et Jean-Pascal Zadi

Cet échange avec le public est en famille avec la présence d’un des cousins de Pascal Zadi, annonce-t-il, d’également un ancien élève de son collège , ainsi que de son institutrice du CM2, à qui il rend hommage et qui reçoit les applaudissements chaleureux du public .

On est en « famille » rappelle l’acteur saluant le public normand accueillant, heureux de participer à cet événement, venu pour certains-es découvrir pour la première fois le film et surtout pour pouvoir échanger avec Jean-Pascal Zadi.

Simplement sincère, l’acteur-réalisateur évoque ces cinq années pour concevoir le film, sa rencontre avec des stars comme Omar Sy, et ce qui le construit également, ses échecs .

Avec beaucoup d’humour , il évoque ce temps où il souhaitait devenir footballeur et où ce fut un échec. Il énumère ses « échecs » comme il dit et le fait qu’il a su persister pour se découvrir et aller à la rencontre d’artistes comme Omar Sy dont il évoque la gentillesse et la simplicité.

Avec justesse, il exprime que l’ échec n’est pas ce négatif qui le définit souvent, mais ce qui est normal de vivre. On ne peut avancer sans le rencontrer , il nous apprend sur nous-même, nous pousse à aller plus loin, à découvrir la volonté, la force de continuer et de ne pas abandonner.

Jean-Pascal Zadi est ce vivifiant encouragement, et « Vas-y fonce, crois en toi » pourrait être le conseil qu’il donne à tous.

À travers ses propres expériences qu’il partage avec humour, sourires, il précise qu’il ne faut pas se mettre des barrages en tête, de nous les imposer à nous-même car en réalité tout est possible.

Ce possible se prouve nous présente-t-il par sa rencontre avec Omar Sy. Il lui a envoyé le projet du film et il ne croyait pas qu’il lui répondrait jusqu’à ce que la star le contacte et accepte de participer au film.

Ce oui spontané que lui donne nombreuses personnalités.

Tout est possible et durant ces 5 ans pour élaborer la réalisation du film, il souligne les refus qu’il essuya pour sa production, jusqu’au jour où Gaumont a soutenu le projet et a permis sa concrétisation.

Il précise qu’il ne faut pas hésiter à solliciter une personnalité quand une cause, un projet vous tient à cœur. Il est de saisir sa chance en se donnant un coup de pouce ; avoir confiance en soi, en la vie.

Persévérer, ne pas lâcher, surtout pas et encore moins au premier échec, Jean-Pascal Zadi nous révèle un de ses secrets pour avancer vers un but, vers un travail à réaliser.

Une question du public, lui demande s’il réalise un rêve : faire du cinéma.

Jean-Pascal Zadi répond que son rêve est plus tourné vers le bonheur quotidien qu’il peut apporter à ses proches, faire en sorte que tout aille bien. Il déclare considérer le cinéma comme un travail plus que comme un rêve qu’il réalise.

Jean-Pascal Zadi évoque sa formation de comédien, elle et comme lui, spontanée, sincère, apprise à l’école de la vie. Il déclare, « j’ai pas fait d’école du cinéma. En fait, je ne connaissais rien du tout à tout ce qui est le monde du cinéma », précisant qu’il n’est pas « spécialement cinéphile » et que ces références sont« La grande vadrouille », « L’arme fatale » , « Le flic de Beverly Hills ».

« Je n’étais pas spécifiquement fan de cinéma » poursuit Jean-Pascal Zadi et soulignant que « ce n’était pas un truc qui m’animait, mais « j’avais envie de raconter des choses. »

Il fait ses classes en faisant ses trois premiers films de manière « autonome et indépendante » en tant que réalisateur « pour apprendre le métier » précise-t-il. Films, qui lui ont « mis le pied à l’étrier » souligne-t-il .

Une jeune ado, lui demande comment faire du cinéma et il lui répond « filme ! » . Jean-Pascal Zadi encourage à faire même avec des petits moyens, même si on est critiqué, même si on est pas connu, l’important c’est de faire ce qui nous tient à cœur.

Les questions affluent, chacun tient à féliciter l’acteur et les bravo se font entendre.

Simplement noir, le point de départ du film, «  C’est assayer de faire un film qui raconte un peu la France mais d’un autre point de vue ». Un message à transmettre par la comédie, « Montrer une autre facette de la France sans juger, sans prendre de haut », souligne-t-il.

Faire ce film , « Une envie de se raconter, d’être autonome », c’est un des éléments déclencheurs souligne-t-il au public.

Il précise avoir voulu jouer le rôle de JP, lui-même, être partie intégrante de l’aventure . Soutenu par l’équipe ce choix le fait entrer dans cet échange direct avec les personnages du film et les questions qui le traversent. Il devient celui qui apprend aussi sur qu’est-ce qu’être simplement noir, la complexité des différences dans le langage émotionnel de l’identité, de ce qui signifie non seulement être soi-même, mais également la culture, l’éducation transmise, l’histoire apprise qui influencent sur la prise de conscience concernant sa propre identité, son positionnement au sein d’une communauté.

Une personne lui demande s’il stresse face aux pressions qui peuvent être de par son métier et Jean-Pascal Zadi répond non, qu’il est des situations difficiles, graves que l’on peut rencontrer dans la vie et qui là sont vraiment stressantes.

Une jeune femme souligne que ça fait du bien de voir que la cause des féministes noires n’est pas oubliée dans le film. Jean-Pascal Zadi confirme au public considérer comme effectivement important de la rendre présente.

Un autre spectateur évoque quant à lui les événements dramatiques qui ont eu lieu avant la sortie du film en juillet.

Jean- Pascal Zadi cite Georges Floyd, décédé le 25 mai, puis Adama Traoré. Chacun de nous pouvait alors entendre ces mots en soi : plus jamais ça !

Un spectateur tient juste à prendre le micro pour donner de la force à Jean-Pascal Zadi et ce sera le moteur de cet échange avec le public, se donner de la force, de la solidarité .

Le grand sourire de Jean-Pascal Zadi brille dans son regard et le masque obligatoire en cette période de pandémie , n’empêche nullement de le ressentir, de l’entendre par les sourires qu’il met dans sa voix. L’élève de CM2 à If a su apprendre comme il le souligne que ce qui est important est de savoir s’améliorer.

Jean-pascal Zadi donne rendez-vous au public en 2021 pour découvrir son futur film. 

© LiberTerra ©Fédora hélène

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