Bordeaux – 4 colleuses sont placées en garde à vue pour avoir affiché sur les murs, le cri du cœur

Ce lundi matin était à 10 heures un rassemblement devant l’hôtel de police de Bordeaux en soutien aux quatre colleuses mises en garde à vue pour avoir collé sur un mur en face de la préfecture suite à l’expulsion le 11 février de la Zone Libre à Cenon (Gironde), cette phrase « T’en as pas marre de faire pleurer des enfants Buccio » , nom de la préfète de Bordeaux. 

Le 11 février à 6 heures du matin était l’expulsion de 80 familles et 110 enfants du squat la Zone Libre à Cenon qui a soulevé l’indignation de nombreuses associations et collectifs humanitaires, ainsi que de nombreux anonymes citoyennes et citoyens. (voir l’article de LiberTerra)

Il est alors revenu à l’esprit de tous notre besoin vital de solidarité, d’exprimer notre humanité et de vouloir la gratuité pour que soit respecté les droits fondamentaux tels que le droit au logement, à une sécurité alimentaire, qui répondent aux engagements de la décennie pour le développement durable soutenu par l’ONU et ses partenaires, le droit au bien-être, le droit à la santé et « Pas de pauvreté » engagement premier.

La lutte pour y parvenir, l’appel à la solidarité internationale est constamment fait par l’ONU, l’UNICEF et leurs partenaires, par les ONG humanitaires et associations. Une urgence révélée par la pandémie de Covid, il doit être acquis que nous sommes tous citoyens du monde et que la faim, la pauvreté qui blessent profondément notre humanité doivent prendre fin. C’est par cette volonté, conscience de faire cesser les souffrances qui accablent les plus fragiles que le prix Nobel de la paix 2020 a été décerné au Programme Alimentaire Mondial.

La pandémie, les confinements et mesures sanitaires ont aggravé les conditions de vie pour les plus pauvres, les personnes réfugiées, les migrants qui ont continué à fuir la misère, les conflits durant la pandémie, espérant plus que tout et au péril de leur vie, trouver la liberté, la paix pour donner à leurs enfants, aux familles restées au pays, la possibilité de survivre. Survivre signifie pour les personnes mises en danger par un système de violences, par l’injustice, sauver leur vie.

Partir sans rien, traverser des zones dangereuses, fuir les violences, dépasser chaque jour les souffrances pour avancer et sourire au monde par cette volonté, cette énergie de vie, les personnes migrantes, les personnes ayant subi ce périple, cette quête de la liberté, savent ce que cela signifie d’être déplacé sans en faire le choix et perdant encore tout une nouvelle fois , en donnant tout leur temps de vie pour résister à la souffrance, au chagrin que la violence cause, aux inégalités fortes et à l’insupportable d’avoir le sentiment de ne pas exister, d’être exclu car jamais réellement accepté, accueilli. 

Ce sont les larmes brûlantes qui inondent le cœur avant de couler en encre de douleur sur le visage en premier des mères qui cachent leurs yeux rougis pour ne donner à leurs enfants que leur sourire, la force de vivre par la force d’aimer. Cela est notre humanité, et notre humanité ne peut concevoir pour perdurer de marquer encore et encore la mémoire de ceux ayant déjà tant souffert au risque de briser leur vie en brisant leur cœur.

Nous ne pouvons faire cela et la légalité est une, humaine, reconnaître l’humain , protéger la vie, secourir ceux vulnérables, en détresse. C’est ainsi que notre humanité est arrivée jusqu’au 21ème siècle et a survécu à l’atroce des guerres, d’un pouvoir qui conduit à la ruine quand il brise la paix.

Briser, alors que notre humanité ne vit que de rassemblement. Aller les uns vers les autres est l’origine de nos sociétés qui n’auraient jamais vu le jour sans ce voyage de notre humanité à la rencontre d’elle-même, sans l’accueil comme force première dépassant ce qui brise, ce qui en nous exprime ce qui met en souffrance, notre division, notre volonté de pouvoir, notre volonté de politique oubliant d’une manière où d’une autre la nécessité de nous rassembler de manière solidaire, d’être dans l’essentielle réconciliation.

Les associations appellent à travailler avec les pouvoirs publics main dans la main pour secourir , pour ouvrir les portes et donner les clés à tous d’une porte ouverte vers notre avenir serein et non destructeur car la Terre ne le supportera pas et c’est notre humanité qui serait face à son pire abandon celui de son humanité.

L’enjeu de la décennie est celui-là donner à notre humanité toute l’ampleur de sa liberté qui ne pourra vivre que par les valeurs de partage, d’accueil construit par le verbe aimer.  Est-il possible une politique capable d’être à l’écoute de notre cœur et qui n’ imprime pas dans la mémoire des enfants ce matin froid qui les réveille pour partir vers nulle part, et avoir ses larmes brûlantes qui éreintent leur cœur. Des enfants qui ne se souviendront pas d’un nom, mais uniquement de la peine. Ces larmes sont celles d’anciens qui a plus de 90 ans les versent encore car l’exil, la pauvreté, la violence des hommes, les guerres ont marqué leur enfance, leur jeunesse et leurs larmes nous ont transmis l’essentiel du savoir, aimer.

La violence, la faim, le froid imposent une pauvreté multidimensionnelle qui fait surgir des inégalités fortes durant toute une vie, et dont les conséquences sont  irréversibles d’autant quand elles touchent un enfant.

C’est cet appel qui est lancé par l’ONU et ses partenaires pour mettre fin aux souffrances qui accablent près de 2,3 millions d’enfants au Yémen, et près de 190 millions d’enfants à travers le monde. Les cinq doigts d’une main, nous sommes cela, et la pauvreté, l’injustice impactent toute notre humanité et pas seulement ceux qui la vivent. Il est un déséquilibre sans précédent et nous le savons, nous le ressentons, et nous devons lutter contre ce qui peut l’aggraver et la pauvreté, cette pandémie de violences qui nous touche, peut faire de notre monde celui « perdu » ainsi que alerte le chef de l’ONU.

Quatre colleuses ont collé sur un mur une phrase en cri du cœur, une phrase qui mérite d’être écoutée car elle dit ce qu’éprouve le cœur des mères, des enfants qui à travers le monde vivent une expulsion forcée d’autant en pleine pandémie de Covid. La légalité pense être la décision à prendre, l’ordre à donner, mais en réalité cela n’est pas être dans la bienveillance quand on donne au cœur d’un enfant les larmes, la tristesse qui voile son sourire.

Il peut y avoir mille noms écrits sur les murs, les noms des politiques, des pouvoirs, puissants, le nom des marchands de sommeil, le nom de l’injustice, le nom de ceux qui ont abandonné une mère, un enfant en pleine pandémie sans se soucier de leur santé, de leur bien-être et qui ne seront pas en garde à vue, et dont le nom ne sera qu’écrit  dans le cœur de ceux qu’ils font pleurer.

Un être humain pleure et en France un mal-être profond , grave sévit et ce sont des enfants à partir de l’âge de six ans qui ont de plus en plus besoin de soins en étant hospitalisés en psychiatrie tant la souffrance psychique est intense. Ce sont également des augmentations alarmantes de suicide, ce désespoir qui brise. Il est aussi plus de 9 millions de personnes en insécurité alimentaire en France, près de 3 millions d’enfants pauvres en 2020, un chiffre qui pourrait être en augmentation en 2021 si rien n’est fait pour mettre fin aux violences faites aux plus fragiles et la pauvreté est la violence première, celle qui interdit à une personne de recevoir la justice, qui est une reconnaissance de son humanité.

Écrire une phrase sur un mur car notre humanité est en peine, si l’instable qui met notre monde en danger n’était pas, et celui-ci prend sa source dans tous les éléments qui mettent la liberté en souffrance, elle n’aurait pas été écrite sur un mur car les actes politiques auraient répondu à la nécessité de protéger tous, de donner un logement pérenne à tous. La légalité, c’est l’égalité, tous humains. 

S’exprimer contre un mur, s’exprimer en inscrivant un mot sur un mur, est lorsque la démocratie est en peine et étouffe une expression, manifestation de la liberté qui se trouve sous une surveillance constante des pouvoirs.

On punit les mots, les efface , mais rien ni personne ne pourra effacer les larmes coulant au cœur d’un enfant et voilant ses rayons de lumière, ses rêves, son droit au bien-être, à rire, à jouer en sécurité , en paix car il est un être humain et que la Terre est sienne , et que nos frontières politiques ne déterminent que ce qui au cours de notre histoire a brisé tant de territoires, de peuples, de cultures. La Terre ne peut être au verbe posséder, appartenir. Elle ne révèle que la liberté qu’elle porte en elle, la nature et notre humanité, unies. « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse » Nelson Mandela

Des millénaires, faudra-t-il cette patience pour espérer que la liberté mère de la paix s’épanouisse et aurons-nous le temps de vivre génération après génération cette longue attente du bonheur d’être libre ?

Être libre, donne-moi un toit, pas des larmes !

©Fédora Hélène 

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