Enfants en danger – La pédocriminalité de plus en plus dangereuse pendant la pandémie

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La violence qui s’exprime dans nos sociétés se révèle par la pandémie et notre lutte contre la Covid-19 entraîne des aggravations des conditions de vies des plus vulnérables.

Les enfants se trouvent en première ligne non seulement par le non respect des droits humains à l’égard des enfants pauvres, mais aussi en étant en danger face à la recrudescence de la pédocriminalité ayant lieu pendant les confinements et couvre-feu.

Enfants en Danger – Exploitation sexuelle en ligne et hors ligne

Mama Fatima Singhateh, avocate, ancienne ministre de la justice de Gambie travaillant à l’élaboration de lois interdisant et criminalisant les mutilations génitales féminines , ainsi que le mariage forcé de fillettes, a été nommé en mars 2020, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la vente et l’exploitation sexuelle des enfants par le Conseil des droits de l’homme.

Ce mardi 2 mars, à Genève, l’experte indépendante de l’ONU a présenté aux membres du Conseil des droits de l’homme, un rapport sur « les effets du coronavirus sur les différentes formes de vente et d’exploitation des enfants ».

Mme Singhateh alerte sur l’augmentation des violences qui mettent en danger les enfants par les formes d’exploitation , de traite, des risques de vente et d’abus sexuel que subissent les enfants.

Un risque majeur pour les enfants qui est en ligne et hors ligne, par une société qui oriente son développement économique sur la production et consommation de toutes choses sans limite. Une déshumanisation s’intensifie par le fait répétitif des modes de vie obtenant une liberté de confort, des encouragements à la surconsommation, excluant de facto les plus vulnérables et se servant de la division, exagérant les séparations. Puis , n’hésitant pas à tirer vers le haut le patriarcat faisant des femmes et des enfants une main d’oeuvre à bas prix, facile à exploiter puisque la justice s’ exclut souvent des plus fragiles et pauvres. La défense des pauvres n’est absolument pas celle qui est offerte à de riches clients, et les personnes précaires pensent que la justice n’est pas pour eux, qu’ils ne peuvent y avoir accès tant le système est manipulateur et donc humiliant, destructeur par la cupidité , l’attirance du pouvoir que certains éprouvent. 

Les enfants et les femmes de génération en génération subissent le patriarcat qui s’aggrave  du fait des mesures sanitaires, d’une crise économique qui touche en premier les plus vulnérables comme s’il était une volonté de maintenir une pauvreté alors que la décennie prend l’engagement de mettre fin aux fortes inégalités par les actes du développement durable. 

La pauvreté et l’extrême pauvreté touchant les enfants et les femmes qui depuis des générations subissent des maltraitances, une mise en esclavage , une exploitation considérée comme normale par des pouvoirs politiques et économiques qui imposent la loi du plus fort et laissent une criminalité masculine impunie la considérant comme acceptable et intégrant la violence comme faisant partie de notre humanité.

Par ce principe , la lutte contre les violences faites aux enfants est pierre par pierre à bâtir une justice véritable pour défendre les droits humains , en sachant que celle-ci ne sera pas  véritablement respectée , appliquée par les gouvernements et la justice. 

Les structures de protection des enfants sont fragilisées 

Les infrastructures sociales accompagnant les enfants pour les protéger des violences et exploitations, risques majeurs portant atteinte à leur vie, se trouvent fragilisées pendant la Covid et de nombreuses associations ont dû à cause des mesures sanitaires annuler des actions, réduire leurs interventions. Des mesures sanitaires qui peuvent remettre en question tous les efforts faits durant ces dernières années par les humanitaires, membres et bénévoles d’ONG, associations et structures sociales œuvrant dans la protection des enfants.

« Nous savons qu’une crise d’une telle ampleur s’accompagne généralement d’un effondrement des structures de protection sociale » affirme l’experte de l’ONU auprès du HCDH.

La fragilité de l’environnement des enfants pauvres, des structures pouvant les secourir, ne font plus suffisamment barrage aux diverses formes d’ exploitations , abus sexuels commis à l’égard des enfants par des réseaux qui sont structurés, qui ont une puissance financière et qui tirent profit d’un temps libre dont bénéficient les populations riches ayant accès à une consommation permanente, comblant des insatisfactions grandissantes avec les mesures sanitaires, confinements et couvre-feux.

Mama Fatima Singhateh souligne à l’ONU que la production en fil continu sur internet, l’accès à tout contenu, présence de personnes malintentionnées, sont un danger pour les enfants qui s’aggrave par les mesures de confinement et de couvre-feu. « L’augmentation de l’activité en ligne des personnes à la recherche de matériel pédopornographique, en raison du temps accru passer à l’intérieur, a aggravé les schémas déjà existants d’exploitation sexuelle en ligne et de cyberintimidation des enfants »

Il est à souligner qu’à l’heure où la parole des victimes de violences se libèrent en France, il demeure des lacunes graves au sein de la justice, et un manque alarmant de structures permettant de respecter le bien-être et la santé des victimes en les protégeant, les accompagnant en faisant intervenir différentes disciplines pouvant répondre au droit à la résilience.

Agir pour protéger, sauver la vie d’enfants 

Mme Singhateh recommande à tous les gouvernements de « créer un système de protection fondé sur les droits » Il est une nécessité urgente de lutter contre toutes les violences faites aux enfants et de ne plus laisser un système d’impunité exister au bénéfice des agresseurs, pédocriminels. Il est important de renforcer toutes les structures de protection des enfants.

France – 165 000 enfants dont 130 000 filles et 35 000 garçons victimes d’abus sexuels, de viols chaque année et la justice n’est toujours pas face à ses responsabilités alors qu’en 2019, 1 % des violeurs étaient condamnés après souvent des années de procédures apportant des traumatismes supplémentaires aux victimes sans aucun respect pour leur santé.

10 ans après une plainte, #JusticePourJulie apparaît par les dysfonctionnements graves de la justice que seules les victimes supportent. C’est une violence envers les victimes dans un système d’inversion qui encourage les victimes à subir en silence, et qui peut détruire des années de la vie d’une victime , en sachant que les femmes peuvent subir plusieurs agressions , violences multidimensionnelles au cours de leur vie.

Lorsque ces violences sont subies dans l’enfance, l’adolescence, elles fragilisent et abîment la santé des victimes surtout quand il n’est aucune reconnaissance qui se renouvelle si d’autres agressions sont, puisque les agresseurs sont majoritairement impunis, ou à user de procédures déclarant souvent un non lieu au bénéfice du doute, quand les plaintes ne sont pas classées sans suite !

La pandémie révélatrice de la grande violence qui domine dans nos sociétés doit appeler les gouvernements à prendre des mesures sanitaires respectueuses des droits humains. Il doit être aussi  des mesures de protection des plus vulnérables, des enfants précaires, de manière urgente et efficace pour secourir des vies. Si celles-ci  ne sont pas victimes du Covid, elles risquent de l’être par la violence de la pauvreté qui s’aggrave et se décline avec la traite, l’exploitation, la vente, les abus sexuels à l’égard des enfants à travers le monde. 

Des risques importants d’exploitation qui entravent la vie des enfants vivant des discriminations, de fortes inégalités et qui, d’autre part , imposent aux enfants pauvres des privations alimentaires ne pouvant que les rendre toujours plus fragiles et non à l’abri de tous les trafics criminels.

Droits humains , le plus sûr des secours 

Seul le respect des droits humains fondamentaux et universels luttent efficacement et durablement contre la pandémie et non l’inverse qui pourrait faire plus de victimes que la Covid elle-même.

Il n’est de pires murs que l’indifférence du pouvoir qui rend impossible le possible. 

© Fédora Hélène

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