Tragique naufrage au large de Djibouti – Une mère migrante perd ses enfants sous ses yeux –

Alors qu’il est plus de 80 millions de personnes déplacées et de réfugiés dans le monde avant la fin de la moitié de 2020, selon l’ONU – qu’il est au moins 2, 7 millions de migrants bloqués à cause du Covid, selon le rapport mondial de l’OIM, il est à travers le monde une alarmante violence à l’égard des migrants et réfugiés.

Les migrants partent trouver des opportunités de travail dans l’espoir d’obtenir un salaire, qui peut nous paraître extrêmement bas, mais qui leur permet de survivre et de pouvoir aider leur famille restée aux pays.

Les travailleurs pauvres en situation irrégulière subissent les fortes inégalités imposées par un monde capitaliste sans pitié qui ne donne pas une chance à notre humanité d’aller vers la paix.

Un chemin de paix qui signifie rencontrer la solidarité, l’entraide, des solutions, la lumière pour survivre aux désespoirs les plus intenses.

Naufrage en mer – Le drame insupportable – Une mère migrante a perdu ses trois enfants se noyant sous ses yeux

Misrah est Éthiopienne, elle a 27 ans, et elle confie son témoignage aux membres du personnel du centre de réponse de l’OIM à Obock, Djibouti, qu’elle rejoint après le naufrage meurtrier qui a emporté ses trois enfants, le 12 avril 2021.

La force de la vie et chacun de nous doit voir combien celle-ci est précieuse, combien celle-ci vit en nous et combien il est de respecter l’humain, les femmes, les mères-courage qui traversent les difficultés, les épreuves pour n’apporter que le bonheur de la liberté à leurs enfants. Ces mères qui partout dans le monde sont de plus en plus isolées, subissent les inégalités, les violences, et qui surmontent, dépassent tout par cette force de la vie, cette force d’aimer. Une lumière :  protéger, aimer les siens, se rendre compte de la chance d’avoir leur présence, leur amour près de soi, quand des mères voient leurs enfants périr sous leurs yeux, en pleine mer.

La tragédie des naufrages – La douleur d’une mère

Misrah quitte l’Éthiopie en 2012 pour trouver du travail pour aider sa famille explique-t-elle à l’OIM « Je voulais prendre soin de ma famille, de ma mère et de mes sœurs et frères ». Elle se rend à Djibouti où elle trouve un travail comme femme de ménage, puis « Grâce à l’argent que je gagnais, j’ai pu financer la traversée en bateau vers le Yémen »

Ce sont des milliers de migrants qui effectuent ce périple pour trouver du travail pour gagner de l’argent qui leur permettra aussi de gagner le Royaume d’Arabie Saoudite pour y trouver de meilleures opportunités de travail en espérant obtenir un salaire plus élevé.

Des solutions qui étaient avant les conflits sévissant et plongeant les populations dans des crises humanitaires sans précédent, ainsi qu’avant la pandémie de Covid imposant des mesures sanitaires bloquant les migrants et aggravant leur condition de vie par la violence de la pauvreté, par l’absence de possibilités de faire des choix et voyant l’avenir leur échapper.

En 2014, Misrah construit sa vie dans la ville d’Aden, et épouse Abdul Basit avec qui elle fonde une famille et souligne « J’aimais ma vie au Yémen »

En 2021, la mère de Misrah restée en Éthiopie tombe malade. Misrah décide de rentrer pour s’occuper de sa mère, mais son mari considère que le voyage est trop dangereux pour qu’elle le fasse seule. C’est ainsi que Misrah effectue le voyage avec son mari et ses enfants. Ils leur en coûtent 400 dollars qu’ils sont contraints de verser à des passeurs puisque la famille ne possède pas de documents officiels de séjour au Yémen ni pour rentrer en Éthiopie.

L’OIM indique qu’il est plus de 11 000 périples identiques vécus à bord d’embarcations de fortune en mauvais état, par des migrants de la Corne de l’Afrique qui cherchent un moyen pour rentrer chez eux depuis le Yémen.

Les mesures prises pour limiter les déplacements, la fermeture des frontières ont entrainé des situations dramatiques vécues par les migrants les plus vulnérables, ceux sans-papiers, ceux qui ne sont pas reconnus alors qu’ils sont des êtres humains, et que cela doit suffire à donner accès à des droits et aux libertés.

La communauté internationale, les autorités politiques devraient prendre en urgence les décisions permettant à tous d’être protégés et accueillis pour lutter contre l’injustice qui enferme des êtres humains dans des conditions de vie très éprouvantes.

L’OIM établit dans un rapport publié en octobre 2020, qu’au moins 2,7 millions de migrants sont bloqués du fait des mesures sanitaires et qu’ils subissent des conditions de vie très difficiles, des arrestations arbitraires, des enlèvements, la torture, la xénophobie, la stigmatisation et autres exactions.

Abandonnés de tous, subissant des politiques organisant des lois à l’encontre des migrants, renforçant la répression dont les conséquences sont pour des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes qui ont leur vie souffrant de ces choix politiques. Des choix qui entrainent l’exploitation des plus pauvres, l’appauvrissement des populations. Puis, ces mêmes politiques retournent les conséquences de leurs lois contre les migrants et réfugiés les subissant.  Les crises économiques conçues par le système opèrent de manière similaire contre les plus pauvres, contre les sans-papiers.  Sans terre, abandonnés, nombreux migrants sont éprouvés par le non-respect de leurs droits humains. L’exclusion que les pouvoirs politiques autoritaires conçoivent, et non un hasard.

Des politiques se servent ensuite des migrants et réfugiés pour propager leur haine séparant les peuples, gardant impossible une réconciliation, et le respect des droits humains pour tous. Les Fake news distiller contre les migrants et réfugiés sont cet odieux d’utiliser les migrants à des fins électoralistes, de domination en infériorisant les plus vulnérables, ceux qui ne peuvent répondent, se défendre de manière égale face aux mensonges de partis politiques, médias, et autres autorités politiques.

Le système d’inversion plonge des êtres humains en souffrance et utilise leur vulnérabilité, leur impossibilité à se défendre pour les accabler toujours plus. Des politiques   garantissent ainsi leur pouvoir et leurs intérêts par des discours faciles, manipulés où ils se posent en personne vertueuses, choisissant des termes les faisant passer pour des sauveurs, des humanistes défendant leur pays et sa culture.

Défendre sa culture, c’est défendre les cultures car aucune culture n’est sans les autres, sans la richesse que porte tous les peuples. Comme aucune culture ne peut exister sans l’humain – il est la société, il forme la possibilité de fonder une communauté, il doit être de ce fait la pensée d’établir les citoyens du monde, de délivrer notre humanité des frontières se dressant en mur et qui font que des migrants subissent des arrestations, la torture, que des femmes sont échangées ou vendues, ainsi que des enfants.

En France, le renforcement de lois pour durcir les politiques de rétention ne font qu’établir un mouvement de souffrances que les décideurs politiques ne vivent pas, mais font subir aux autres.

Il est alors nécessaire de démonter les mensonges concernant les migrants et réfugiés, de continuer sans relâche à défendre les droits humains, l’accueil, les possibilités de développement de notre humanité par l’équité, par la lutte contre la pauvreté de manière durable faisant des droits humains un acquis sûr et certain pour l’avenir de notre civilisation.

Par le secours, nous pouvons lutter contre les passeurs et les trafiquants, mettre fin aux naufrages meurtriers, tel que celui qu’a vécu Mishra.

12 avril 2021 – Naufrage meurtrier d’un bateau contrôlé par des passeurs traversant le golfe d’Aden depuis le Yémen vers la Corne d’Afrique via Djibouti

Mishra , son mari , ainsi que leurs trois enfants, Aziza (5 ans), Rachar (3 ans) et Ikram (2 ans) ainsi qu’au moins 55 migrants et réfugiés se trouvaient à bord de l’embarcation alors surchargée et voyageant en pleine nuit.

Le naufrage tragique qui survint emporta la vie des enfants de Mishra dont celle de 13 autres enfants et d’au moins 44 migrants. Mishra et son mari furent parmi les 14 survivants.

« Alors que nous approchions de la côte djiboutienne, le bateau s’est retourné. Je tenais Ikram dans mes bras. Je savais que je pouvais nager. C’est comme ça que j’ai survécu. Malheureusement, ce ne fut pas le cas pour mes enfants. Ils étaient trop jeunes ; la mer était trop agitée ».

Mishra regagna seule le rivage à la nage, avant de marcher, puis de trouver l’aide d’un automobiliste pour rejoindre le centre de réponse pour les migrants de l’OIM.

Arrivée, Mishra reçoit l’aide du personnel du centre de l’Organisation internationale pour les migrants (OIM), « On m’a donné un téléphone pour appeler ma mère. Plus tard, ils m’ont aidé à localiser mon mari, qui a heureusement réussi à rentrer en Éthiopie », et ajoute-t-elle, « les membres du personnel s’occupent de moi, ils essaient de me rassurer. Je voudrais voir ma mère ; elle est la seule à pouvoir me réconforter en ce moment », témoigne-t-elle.

Mishra a reçu un soutien psychologique fourni par les membres du personnel de l’OIM à Djibouti, qui en lien avec l’OIM en Éthiopie, l’aide à rentrer chez elle pour retrouver sa mère et son mari.

Une aide psychologique continuera à lui être apportée par l’OIM en Éthiopie. La perte de ses trois enfants est une souffrance incommensurable qui ne pourra jamais s’effacer. Mishra alerte concernant la dangerosité de traverser la mer, « Je veux que les migrants au Yémen comprennent que le voyage est trop risqué » souligne-t-elle à l’OIM et dit-elle « Je suis en vie, mais j’ai l’impression d’être morte ».

L’OIM annonce que ces six derniers mois, ce sont plus de 100 migrants qui sont morts au large des côtes de Djibouti en traversant la mer dans des conditions similaires. L’OIM alerte sur le fait qu’au moins de mars 2021, 80 migrants traversant la mer à bord d’une de ces embarcations, allant de Djibouti vers le Yémen, ont été jetés par-dessus bord par des passeurs et qu’il fut plusieurs morts. À la fin de l’année 2020, au moins 50 migrants sont morts dans des conditions similaires.  

Fonder les chemins de la paix

L’OIM indique aider les migrants bloqués par la pandémie de Covid à rentrer chez eux en toute sécurité. Deux premiers vols humanitaires volontaires ont eu lieu en mars et en avril. Par ailleurs, le gouvernement éthiopien a régularisé la situation de 1 100 migrants sans-papiers.

De nombreux migrants restent cependant bloqués et rien qu’à Aden, l’OIM enregistre qu’il est plus de 6 000 migrants qui souhaitent rentrer chez eux en toute sécurité. Ce sont des milliers de migrants à travers le Yémen qui ont besoin d’aide.

Mais, tant que tous les gouvernements ne s’uniront pas pour sauver des vies, pour accueillir, des migrants et réfugiés n’ont que cette solution de traverser la mer sur des embarcations de fortune et dans des conditions dangereuses.

En mars 2021, ce sont plus de 2 343 personnes qui sont arrivées dans ces conditions au Yémen.

Protéger les migrants de toutes formes d’exploitation, l’OIM, ses partenaires et associations humanitaires s’y engagent et travaillent avec les gouvernements.

C’est également à chacun de nous d’exiger que ces drames terribles puissent cesser, de permettre à l’information, à la transmission des témoignages des victimes d’être visibles, et libres de s’exprimer, comme le fait SOS Méditerranée, La Cimade, la Marche des sans-papiers, les ONG et associations humanitaires.

Mishra – La peine immense d’une mère

« Avant de quitter Djibouti, je veux dire au revoir à mes enfants. Je voudrais avoir l’occasion de pleurer sur leurs tombes avant de retourner en Éthiopie » confie-t-elle à l’OIM.

Son témoignage restera dans la mémoire de notre histoire commune et il doit toujours nous convaincre de bâtir les chemins de paix, d’être unis pour garder leur lumière.

© Fédora Hélène

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