Normadie Pour La Paix – Prix Liberté décerné à Sonita Alizada, jeune rappeuse Afghane

La 4ème édition du Forum mondial Normandie pour la paix ouvre ses portes en cette année 2021 sur le Prix liberté décerné à Sonita Alizada, jeune rappeuse afghane âgée de 25 ans, exprimant par la force de sa voix dans une musicalité les blessures des femmes.

Née en Afghanistan en 1996, année où les talibans prennent Kaboul et qui signera le début de la troisième guerre, la « guerre des talibans » qui durera jusqu’au 13 novembre 2001. Une politique destructrice se met alors en place, les droits des femmes sont anéantis, la pauvreté sévit et les enfants afghans grandissent dans un Afghanistan meurtri où la liberté est toujours cette source jaillissante dans le regard des enfants, des filles qui subissent à l’aube de leur jeune vie, la violence du patriarcat.

Les parents de Sonita Alizada décident de fuir sur les routes pour tenter d’échapper au régime des talibans et les kilomètres parcourus sous la pluie, la neige, sans rien que son corps se faisant le refuge de son cœur libre se multiplient pour arriver à Téhéran. Réfugiée, sans papiers, pauvre, ne pouvant aller à l’école , Sonita résiste et espère, aspirant par ses rêves déjà éprouvés à une vie meilleure. Puis, une ONG locale viendra  en aide aux enfants afghans réfugiés en leur permettant d’aller à l’école. Sonita peut alors recevoir une éducation. Recevoir une éducation  est un droit , souligne Henrietta Fore, Directrice de l’UNICEF,  lors de la table ronde sur le soutien à l’éducation des filles en Afghanistan. L’UNICEF  a triplé le nombre d’écoles en Afghanistan, avec 10 millions d’enfants scolarisés, dont 4 millions de filles. Par ailleurs, Henrietta Fore rappelle que tous les enfants doivent aller à l’école, filles et garçons.  

Puis, l’école s’arrête pour Sonita. Le vertige, comme si la vie s’arrêtait d’un coup et ne voulait plus tenir ses promesses d’avenir. Sonita Alizada à 10 ans et tout bascule dans cette violence marquant de blessures la vie de filles et de femmes à travers le monde. Rien de ce qui prend la liberté d’un être humain car il est une femme ne veut s’arrêter, ce mouvement se voudrait perpétuel et seule la voix de femmes le combat en traversant les cols et montagnes d’Afghanistan, les océans et les plaines de tous les continents pour pourvoir signer un jour sur ces lettres de la paix, celles de la liberté.

Sonita Alizada a 10 ans quand elle vit cet inconcevable d’un mariage forcé, « À l’âge de dix ans, j’ai été vendue en mariage forcé. Le contrat a échoué. » explique-t-elle, précisant qu’à l’âge de 16 ans un mariage forcé se présente de nouveau, elle s’échappe.

Fuir pour gagner la liberté. Tout perdre pour ne gagner qu’elle, la liberté est mon regard, et elle écrit pour témoigner des douleurs que subissent les filles et les femmes, ses amies mariées de force, comme si elles disparaissaient dans ce brouillard des violences qui peut marier une fille de 16 ans à un homme de 80 ans.

« Daughters sale », Sonita Alizada écrit cette chanson pour témoigner, pour lutter, pour devenir ce rêve d’être avocate pour les droits humains. L’art est ce partage et un cinéaste iranien lui permet de faire un clip. Puis, il sera en 2016, un documentaire de Rohksareh Ghaemmaghemi, intitulé « Sonita ». Primé, il sera présenté en avant-première au Sundance Film festival en 2016.  Grâce à sa chanson, au documentaire, une nouvelle vie commence pour Sonita Alizada qui pourra alors  aller à l’école aux États-Unis. Puis, une plate-forme sera ouverte pour lutter contre le mariage forcé.

Nommée, en 2015 comme l’une des Global Thinkers du Foreign Policy Magazine, puis comme une des 100 femmes de la BBC, cette même année, la voix de Sonita porte celles des plus de 12 millions de filles vivant un mariage forcé chaque année à travers le monde.

@liberterradaily

Le Prix liberté 2021 attribué à Sonita Alizada prend toute la dimension de la liberté quand le 15 août dernier, Kaboul tombe aux mains des talibans

Il est alors la voix de l’art en partage pour lutter pour les droits des femmes en un combat international qui est au cœur de ce qui peut fonder la paix universelle. Les droits des femmes afghanes sont gravement menacés  par le régime des talibans et en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, s’est tenue une table ronde alertant sur la mise en danger des droits des femmes en Afghanistan.

Un solidarité internationale se lève pour secourir les droits des femmes qui dans le monde sont à lutter pour la liberté, et qui en Afghanistan pourraient perdre des années d’efforts accomplis pour l’égalité, pour le respect de la vie de chaque femme, de ses rêves, de sa liberté.

Reconnaître les droits des femmes et qu’ils puissent demeurer en notre vie, qu’ils puissent ne plus être meurtris ; qu’aucuns ne puissent les mettre en danger pour que demain les futures générations n’aient pas à franchir dans leur vie ces marches de la violence faites aux femmes. Comprendre que nous sommes « une famille mondiale » comme le souligne la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, le 24 septembre dernier.

Les droits des femmes sont toujours d’actualité quand chaque jour une fille est interdite d’aller à l’école, quand elle est mariée de force, quand elle subit les violences multidimensionnelles que notre civilisation inflige inlassablement aux femmes. Reconnaître la vie des femmes comme étant le cœur de la liberté. Sans elle, quelle autre liberté est possible ?  Le corps des femmes que la violence masculine prend le droit de blesser. Les femmes maltraitées pour leur genre, des femmes  considérées comme rentables pour être vendues en esclave sexuelle, en esclave d’un patriarcat qui doit prendre fin et non notre monde empli d’espérance, de paix et de cette lumière de la liberté.

« C’est là que nous devons être déterminés : cette reconnaissance vient avec votre capacité à faire partie d’une famille mondiale. Cela a un certain ensemble de valeurs et de droits qui doivent être respectés. Et, l’éducation est au premier plan, en particulier pour les filles et les femmes », souligne Amina Mohammed.

Ces lumières d’espérance

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Ces lumières d’espérance : Sonita Alizada, aujourd’hui prix Liberté 2021,  comme l’a été Greta Thunberg en 2019 et la présence du vétéran, Charles Norman Shay en 2019 et en 2021, se fait le lien pour transmettre cette mémoire de la résistance bâtissant un futur en paix. Puis, la lauréate du prix Nobel de la paix et messagère de la paix des Nations Unies, Malala Yousafzai, survivant à une tentative d’assassinat par les Talibans quand elle était adolescente et qu’elle militait pour que les filles puissent aller à l’école dans son pays natal, le Pakistan, – se fait ce lien luttant pour les droits des femmes quand en 2021 les violences envers les femmes s’aggravent, et que la pauvreté frappe en premier 47 millions supplémentaires de femmes à travers le monde. 

Aller à l’école, Sonita Alizada a pu s’y rendre grâce à la solidarité, grâce à ce partage car nous sommes une famille mondiale, une famille d’espérance travaillant pour la liberté

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Ce travail menant au Prix Liberté, a été rendu possible par toute une jeunesse qui participe activement au Prix Liberté de la conception du trophée remis à Sonita Alizada, au travail effectué durant une année par différents lycées, aux rencontres magnifiques entre jeunes issus de 86 pays différents.

Le Prix Liberté 2021 a mobilisé 5 683 jeunes de 15 à 25 ans de 86 pays différents et c’est sous la présidence de la dessinatrice tunisienne Nadia Khiari, dit Willis from Tunis, que 30 jeunes de 17 nationalités différentes ont formé le jury sélectionnant trois nominés parmi 370 candidats-es.

Trois candidats ont été nommés, et les deux autres sont  : Agnes Chow, jeune militante de 24 ans du mouvement prodémocratie de Hong-Kong, ainsi qu’Omar Radi, journaliste marocain âgé de 34 ans et militant des droits de l’homme, condamné à six ans de prison. En mars 2020, le journaliste avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir critiqué un juge sur Twitter. Amnesty international, ainsi que Reporters sans frontière et des ONG ont appelé en 2020 les autorités marocaines à mettre fin à « toute intimidation et harcèlement ».

La liberté menacée, la paix en souffrance quand des vies sont meurtries car aujourd’hui encore les droits humains, les droits des femmes ne sont pas respectés et cela sur tous les continents, y compris en Europe.

Voix d’enfants, voix de paix

Une jeunesse brillante d’espoir, de celui que l’on veut vivre, de celui que l’on veut toucher par cette joie de vivre quand apparaît le sourire d’un enfant, quand il chante la paix et qu’il nous dit que la liberté fait partie de nous, que « la liberté, c’est la vie », comme le souligne François-Xavier Priollaud, Vice-président de la Région Normandie lors de la cérémonie de remise du Prix Liberté.

Une vie, et il est d’être cette famille mondiale en ce jour particulier où la Liberté est célébrée pour former également une alliance contre la faim dont souffre 50 % des enfants afghans. La liberté  menacée, ce sont plus de 200 000 enfants déplacés qui en 2021 fuient sur les routes d’Afghanistan en marchant de longues heures sous 39°c avec le minimum d’eau. Ce sont également des femmes enceintes qui marchent ainsi pour espérer trouver la liberté. Ces enfants et ces femmes en souffrance à travers le monde qui compte en 2021, 80 millions de déplacés cherchant à échapper aux conflits générés par la crise climatique, la faim et un capitalisme dévastateur donnant à la vie ce sens du marchand.

Mais, il est la force de ces voix d’enfants, de ces voix de paix qui avancent, qui s’annoncent haut et fort pour la liberté !

La paix tient entre nos mains et notre cœur, entre nos actes et notre force d’aimer. L’heure de la paix doit être au cœur des actions, qu’elles soient celles des organisations gouvernementales, onusiennes, d’ONG, où qu’elles viennent de chacun d’entre nous. Un travail de chaque instant pour grandir vers la liberté.

© Fédora Hélène 

Instant Forum : Dessinatrice : Nadia Khiari – Dessinateur : Benoît Peyrucq

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