COP 26 – L’espérance plus forte que les promesses, se fait actes – « Agir maintenant » déclare Barack Obama

Barack Obama, l’ancien président des États-Unis, témoigne devant la Cop 26 lors de la rencontre des représentants des États insulaires. Né à Hawaï, île de son enfance, Barack Obama témoigne de son inquiétude quant à l’avenir des îles. Ces îlots de beauté, hors du monde, surgissant comme miraculeux, ces trésors de notre planète portant l’Histoire de peuples, et celle de notre imaginaire. Chaque enfant a son île des légendes. Ces îles fortement menacées par le réchauffement climatique et le ministre des Affaires étrangères de l’archipel de Tuvalu, Simon Kofe, a tenu à faire son discours en costume face à un pupitre posé dans l’océan pour dénoncer l’inaction des pays développés à l’égard de la population d’îles fortement menacées par la montée des eaux. Des îles qui pour certaines ont déjà été englouties, où subissent de fortes inondations, des cyclones passant de tempêtes tropicales à des cyclones intenses et dévastateurs.

Hawaï est particulièrement exposée aux catastrophes naturelles, l’US Geological Survey annonçait en septembre dernier la rentrée en éruption du volcan Kilauea assombrissant le ciel de smog volcanique. Même si celui-ci n’a pas présenté de menace pour les habitants, bien que les résidents impactés par le vent émanant du volcan pouvaient être à respirer au dioxyde de soufre et autres gaz volcaniques, les volcans influencent la qualité de l’environnement et impactent la biodiversité. En 2018, une explosion volcanique avait détruit plus de 700 maisons et contraint au déplacement de milliers d’habitants.

Hawaï et les cantons alentours sont également exposés à de fortes inondations provoquées par des pluies diluviennes, débordement de barrages comme il fut en mars 2021 avec le barrage de Maui. Des eaux déchaînées dévalant et provoquant des glissements de terrain ont entraîné un état d’urgence ordonnant l’évacuation de milliers de personnes. Hawaii News Now annonçait alors que deux personnes avaient été emportées par les violents courants des eaux déferlantes, un jeune homme de 27 ans ayant pu être secouru.

En 2018, le climatologue Chip Fletcher relatait dans la presse la disparition d’une île après le passage de l’ouragan Walaka. East Island a été engloutie en quelques instants. Inhabitée par les humains, elle représentait un refuge pour nombreux animaux en danger tels que les phoques moines, qui du jour en lendemain voyaient un de leur espace de vie disparaître. Il n’est pas que l’humain qui est menacé, mais également la faune et la flore, les éléments vivants tels que l’eau et l’air que nous respirons. Un air pollué provoquant des maladies respiratoires et le décès de 4,2 millions de personnes au niveau mondial, selon l’OMS se référant aux estimations faites sur l’année 2016.

Un air dégradé et le nombre de décès estimé est en hausse de 45 %, selon une étude publiée en mars 2019 dans l’European Heart Journal. Tandis que des chercheurs de l’université de Harvard (États-Unis) en association avec les universités britanniques de Birmingham, Leicester et Londres, évaluent une mortalité liée à la pollution de l’air par les particules fines issues des énergies fossiles à près de 100 000 décès/ an pour uniquement la France. Un différentiel non négligeable avec les chiffres de Santé publique France qui établit en avril 2021, une estimation de 40 000 décès chaque année attribuables aux particules fines (PM 2,5).

Les catastrophes naturelles amplifiées par le réchauffement climatique ne touchent pas uniquement une partie de notre planète et quand les îles sont touchées de manière violente, les conséquences sont pour toute notre humanité, autant qu’elles sont pour la biodiversité actuellement en danger.

La mesure la plus juste concernant le réchauffement climatique : la voix des plus vulnérables

La voix des plus vulnérables, des peuples autochtones est la plus sûre pour établir la réalité d’un avenir menacé par le développement d’une économie destructrice qui persiste et qui annonce – de manière jugée insuffisante par les représentants des États insulaires, comme par les jeunes manifestant, les plus vulnérables, absents des Sommets internationaux comme la COP 26 –  les promesses en milliards de dollars pour sauver notre monde. Des promesses non respectées comme celle des 100 milliards de dollars promis depuis plus de 10 ans pour venir en aide aux pays fortement touchés par le réchauffement climatique.

Des promesses qui selon certains décideurs politiques, justifieront la nécessité de faire progresser un capitalisme destructeur pour répondre aux moyens financiers nécessaires à l’adaptation des infrastructures, aux paiements des dégâts causés par les catastrophes naturelles dans le cadre des « pertes et dommages » processus élaboré par la Convention-cadre des Nations Unies (CCNUCC), reconnaissant la révolution climatique provoquée par les activités humaines. Une Convention contestée et un représentant de l’ONG Climate international a affirmé lors d’une conférence de presse que « Six ans après l’Accord de Paris, qui a son propre article sur les pertes et dommages, les petits pays doivent encore se battre pour avoir un point à l’ordre du jour à ce sujet à la COP« .

En 2020, le coût des catastrophes naturelles s’élèverait à  210 milliards de dollars, soit une hausse de 26,5% par rapport à 2019, selon une étude publiée par Munich Re. Il a été dénombré 980 catastrophes naturelles en 2020.

Concrétiser des actions efficaces pour ralentir le réchauffement climatique exige une condition : la solidarité internationale

Barack Obama donne le cap à suivre pour solution face au désastre qui n’en finit pas de s’annoncer et qui est responsable de la perte de vies humaines, d’une instabilité qui s’accélère au fur et à mesure que les divisions entre puissance s’imposent en compétitivité, profits et rapports de force menaçant la paix.

Rappelant un adage hawaïen, l’ancien président des États-Unis confirme que l’union internationale est essentielle, « Si vous voulez pagayer un canoë, vous feriez mieux de ramer tous dans la même direction en même temps. C’est la seule façon d’avancer. C’est le genre d’esprit dont vous avez besoin pour aller de l’avant ». Une sage décision qui se trouve confrontée aux conflits qui impactent les populations les plus vulnérables et laissent les blessures ouvertes durant de longues années comme c’est le cas en Syrie, où en Afghanistan qui accuse des années de sécheresses, d’instabilité politique et qui est actuellement au bord d’un effondrement économique, alerte l’ONU.

Ce n’est pas un élément indépendant qui provoque un tel déséquilibre grave, c’est l’intégralité de ce qui constitue nos systèmes, dont un des plus violents, le système économique. Nous élaborons des stratégies protectrices dépendantes des systèmes provocateurs du déséquilibre actuel. La COP 26 ne peut qu’établir une insatisfaction, augmenter le sentiment d’inquiétude face au bouleversement climatique puisque tout est dépendant d’un système accélérant le bouleversement mondial, un système capitaliste nous menant droit dans le mur.

Par ailleurs, Barack Obama souligne qu’il faut « agir maintenant », et que l’union des forces est essentielle pour agir efficacement, concrètement non « dans 10,20 ou 30 ans » précise-t-il mais bien « maintenant », affirme-t-il.

Nous accusons déjà un retard que nous ne pourrons rattraper. Il est primordial d’établir le partage en valeur économique et non la virtualité d’un pouvoir de profits qui laisse des promesses ne pas s’accomplir et le préjudiciable, la confiance rompue. « Les pays développés nous font défaut. Ce sont eux qui ont les ressources et la technologie pour faire la différence, mais ils ont laissé tomber le potentiel d’énergie propre et d’adaptation en ne respectant pas l’engagement de 100 milliards de dollars pendant deux années consécutives … Nous les plus vulnérables on nous dit d’attendre 2023 » explique M. Bainimarama, premier ministre des Fidji, soulignant que 13 cyclones ont touchés les Fidji depuis l’Accord de Paris.

Si les décideurs politiques des pays riches sont influencés par l’enrichissement  à acquérir avant tout, la nature, elle, décidera avant l’homme et ce temps sera perdu pour notre humanité. Le premier ministre des Fidji insiste sur le fait que la résilience ne peut attendre quand elle est le mouvement permettant de sauver des vies. Les décideurs politiques ont donné à l’argent un pouvoir démesuré, Il est devenu le moteur indispensable à la réalisation d’événements importants. À partir de cette interprétation de notre monde que font les politiques, faisant de l’argent une nécessité absolue pour agir dans nos sociétés, les plus vulnérables , puisque l’argent est l’incontournable,  doivent posséder des moyens financiers réels « purement et simplement » pour affronter le changement climatique. 

L’ incohérence, notre monde suspendu aux raisons d’argent pour solution. Cette machine économique possédant le pouvoir donné à l’argent, et celui qui coule à flot pour l’enrichissement d’une minorité, devient l’appauvrissement dans cet absurde de faire passer la vie après. Une autodestruction, l’argent revêt les caractères d’orgueil, de cupidité, d’enfermement des actes politiques.

Le temps – cette énergie qui nous échappe 

Le temps, notre humanité ne le maîtrise pas. C’est courir après le vent, il s’agit d’une énergie que nous ne pouvons pas contrôler. Le temps nous échappe et s’impose cette peur de demain, de cet avenir incertain. Les études scientifiques sont ce repère que nous devons respecter. Mais année après année , les dirigeants prônent essentiellement une valeur marchande pour identité de notre civilisation, qu’ils entrechoquent d’éléments de langage, tels que « solidarité ». Emmanuel Macron en a fait l’exercice lors de son allocution du 9 novembre dernier. Alors que notre monde a besoin de confiance, d’union, la COP 26 paraît comme non réussie par le langage politique y imposant le vide des promesses faites, des habituels engagements pris qui font en premier servir des intérêts industriels en valeur commerciale. La non confiance en les déclarations des dirigeants des pays riches, le ministre négociateur guinéen représentant les pays du G77 et la Chine,  exprime la déception ressentie par également toute une jeunesse venue manifestée lors de la COP 26, –  et déclare qu' »Une COP sans financement concret ne peut être qualifiée de réussie »  ajoutant qu’il est « des promesses vides », précisant « Nous sommes déçus que les pays développés ne soient pas disposés à discuter de questions financières » .

Des négociations qui ne sont pas finalisées – alors il est d’affirmer le primordial : la vie. Il est espéré l’atténuation des effets du bouleversement climatique, à défaut de pouvoir rattraper le retard pris en matière de politique écologique véritable. Une jeunesse engagée qui est la force de l’espérance, celle qui exige d’être réalisée pour donner à l’avenir cette chance de la liberté de la vie. Laquelle ne peut être freinée jusqu’à être ruinée par des intérêts politiques absurdes en valeur de pouvoir.

La voix des plus vulnérables est celle juste et la justice doit s’appliquer à la respecter. Des populations vulnérables, toute une jeunesse est dans cette attente d’une politique plus juste, plus humaine, plus honnête. Une attente douloureuse quand des vies sont menacées et qu’il est d’établir ainsi que le définit également Barack Obama, une humanité réconciliée, unie avançant vers la paix, avançant vers un objectif commun, notre Terre.

© Fédora Hélène 

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