Ukraine – 7ème jour – L’intensification des combats entre guerre et pourparlers pour la paix – Est-il l’échec de la solution politique ?

1 er mars : L’OTAN fait parvenir des propositions écrites à Vladimir Poutine

2 mars : Une solution politique qui demeure à l’échec . L’intensification des bombardements et tirs jour et nuit sur les villes d’Ukraines persiste et marque une réponse de guerre et non de paix à la « main tendue », tel que l’OTAN définit sa démarche de négociations entre la Russie, l’Ukraine et les Alliés de l’OTAN.

. La Russie annonce avoir conquis la ville de Kherson (sud) après d’intenses bombardements de l’armée russe sur des zones urbaines. Des quartiers résidentiels touchés, des civils tués et blessés. Le désastre de l’agression russe effondre des vies humanies, sème le chaos pour des millions de civils en Ukraine.

. Une offensive russe attaque de nombreuses villes ukrainiennes. Les forces russes sont entrées dans Kharkiv dans la nuit du 1er au 2 mars. Des troupes aéroportées sur notamment Kharkiv, des bombardements, tirs accablent toute l’Ukraine. Le président ukrainien souligne « Les derniers crimes de la Fédaration de Russie contre la population civile« . Zelensky informe sur Twitter des « Actions coordonnées avec le Premier ministre Boris Johnson », précisant « Nous sommes reconnaissants », à l’égard du Royaume-Uni, « Pour l’aide significative constante dans la résistance à l’agression ». Des partenaires forts aux côtés de l’Ukraine, « Ensemble, nous défendons l’Ukraine ! » déclare Zelensky.

2 mars – Emmanuel Macron s’exprimera à 20 heures sur le conflit en Ukraine.

La guerre s’impose – Confrontation de deux mondes : L’Occident et la Russie,

Démocratie et dictature

Au sixième jour de guerre en Ukraine, les frappes aériennes de l’armée russe se sont intensifiées et ont atteint la capitale de l’Ukraine, Kiev. La tour de télévision de Kiev a été détruite, coupant la diffusion de chaînes. Cette agression a fait cinq morts et cinq blessés, selon le service d’État ukrainien.

Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky annonce sur Twitter qu’une bombe est tombée sur le site historique de Babyn Yar, tuant 5 personnes. Une agression, rappelant, selon Zelensky, le drame du 29 et 30 septembre 1941, où plus de 33 000 juifs ont été exécutés par balles dans le ravin de Babyn Yar, situé à proximité de Kiev. Le président de l’Ukraine a déclaré concernant l’attaque d’aujourd’hui , « À quoi bon dire « plus jamais ça » pendant 80 ans, si le monde se tait lorsqu’une bombe tombe sur le même site ».

Une journée, une de plus, sous le ciel assombri par la poussière des explosions,  par l’agression de l’armée russe en zones urbaines, tuant et blessant des civils, dont des enfants. L’agression s’intensifie, des « actes de guerre » au cœur des villes, ainsi que le déclare Jean Castex ce mardi à l’Assemblée nationale. Le premier ministre a affirmé « condamner de la manière la plus absolue » l’agression russe qu’il qualifie de « cynique et préméditée ».

Une condamnation unanime prononcée par l’Europe, par l’OTAN. Lequel déclare ce 1er mars, que le renforcement militaire de la Russie à l’intérieur et autour de l’Ukraine, avec plus de 100 000 soldats russes positionnés et d’autres en mouvement vers l’Ukraine, ainsi que le déploiement de forces armées en Biélorussie, place en situation critique la sécurité euro-Atlantique, exprime le Secrétaire général de l’OTAN.

La désescalade est encore possible

L’OTAN  a transmis aujourd’hui des propositions écrites à la Russie, et en parallèle envoyées aux États-Unis pour ouvrir le dialogue pacifique. Jens Stoltenberg déclare lors de la conférence de presse se déroulant mardi 1er mars, que « Nous sommes prêts à écouter les préoccupations de la Russie et à engager une véritable conversation sur la manière de défendre et de renforcer les principes fondamentaux de la sécurité européenne auxquels nous avons tous adhéré, à commencer par l’Acte final d’Helsinki ».

Un appel lancé à la Russie pour revenir vers les négociations, alors que le Kremlin a récemment rompu ses relations diplomatiques avec l’OTAN, ce qui selon Jens Stoltenberg, « rend notre dialogue plus difficile ». Lequel voudrait rétablir les bureaux respectifs à Moscou et à Bruxelles.

L’OTAN appelant de nouveau la Russie à « retirer ses forces d’Ukraine, de Géorgie et de Moldavie, où elles sont déployées sans le consentement de ces pays » et demande également à la Russie de « s’abstenir de toute posture de force coercitive, de rhétorique agressive et d’activités malveillantes dirigées contre les Alliés et autres nations ».

Jens Stoltenberg appelle toutes les parties à s’engager dans un dialogue constructif pour élaborer une solution pacifique, et pour revenir dans le format Normandie. Il souligne également la nécessité d’une transparence et un contrôle des armes pour établir une véritable sécurité pour tous.

Les politiques et exercices nucléaires doivent être évoqués en séances d’information au sein du Conseil OTAN-Russie, souligne le Secrétaire général de l’OTAN. Par ailleurs, il explique que le « Document de Vienne sur la transparence militaire » doit être modernisé. Une réforme des Traités doit être envisagée face à l’évolution technologique permettant l’élaboration de nouvelles armes, ainsi que le danger cybernétique et spatial. Des outils qui forment des menaces réelles et lourdes de conséquences pour les pays.

Jens Stoltenberg évoque également la problématique des armes chimiques et biologiques qui constitue cette succession de menaces qui pèsent sur notre monde. Ce fléau de la guerre doit être combattu, et le Secrétaire général de l’OTAN exprime qu’il est nécessaire que toutes les parties aient une conversation sérieuse sur le contrôle de l’armement.

La guerre est toujours plus destructrice et la dimension spatiale fait entrer dans l’histoire de notre humanité un nouveau danger qui n’est qu’au début de son expérimentation, comme nous le vivons par les cyberattaques, l’espionnage par satellite et l’utilisation d’armes nucléaires autonomes, auxquels s’ajoute les possibilités de guerres chimiques et biologiques.

Les populations sont de plus en plus menacées par l’éclatement de guerres en préparation plusieurs années avant leur déclenchement. Le système économique en valeur exponentielle cherchant un enrichissement toujours plus élevé et créant des crises humanitaires, aggravant la crise climatique est déjà la guerre que nous affrontons. Une guerre utilisant une bombe à retardement par le bouleversement climatique que seule la paix peut ralentir.

Des conflits dans différents territoires comme au Yémen, en Afghanistan, au Soudan, en Éthiopie, en Palestine et aujourd’hui en Ukraine, nous indique la nécessité absolue de fonder de nouveaux Traités pour le maintien de la paix, renforcer le droit international humanitaire et le contrôle de l’armement, ce qui sera la partie la plus délicate. Certains pays pourraient refuser l’application de la transparence en matière d’armement et maintenir une opacité qui domine partout dans le monde et qui élabore le maintien d’armes nucléaires et autres types d’armes dangereuses pour la survie de notre humanité.

 Entre la solution de la paix et la préparation au pire

L’OTAN signifie aujourd’hui tendre la main à la Russie pour que soit des négociations constructives et dans ce même temps, tout se prépare au pire qui pourrait advenir par l’échec des négociations.

Un dialogue et de l’autre côté s’inscrit le renforcement militaire par la présence des Alliés de l’OTAN dans la région de la mer Noire, et de la mer Baltique, avec « plus de navires et d’avions, en partie pour effectuer de la surveillance, pour surveiller, pour avoir la meilleure image possible des développements en Ukraine », explique Jens Stoltenberg.

La force de réaction de l’OTAN se compose actuellement de 5 000 soldats, actuellement dirigée par la France. D’autres pays ont également déployé des troupes. Une force militaire qui peut être mise en mouvement en quelques jours, précise le Secrétaire général de l’OTAN.

Une force militaire qui, sur décision du Conseil de l’Atlantique Nord, de l’OTAN peut être vite mise en action. « Nous avons des plans en place que nous pouvons activer, exécuter dans un délai très court », explique Jens Stoltenberg, qui ajoute, « Ce que nous avons fait au cours des deux dernières semaines, c’est d’augmenter l’état de préparation ».

Les États-Unis ont annoncé la décision « d’affecter 8 500 soldats en état de préparation élevée à la Force de réaction de l’OTAN », souligne le Secrétaire général de l’OTAN. Un engagement « très fort » des États-Unis, précise Jens Stoltenberg.

Le président de l’Ukraine a informé sur Twitter, s’être entretenu par téléphone avec Joe Biden et déclarant, « Le leadership américain sur les sanctions anti-russe et l’aide à la défense de l’Ukraine a été discuté. » Puis, disant « Il faut arrêter l’agresseur au plus vite ».  

Il est donc ce qui semble être cette dernière chance d’un règlement pacifique par les propositions écrites au nom de 30 Alliés, et de l’autre la préparation à une potentielle action militaire engageant l’OTAN. Jens Stoltenberg définit ce positionnement entre paix et préparation à la guerre, en soulignant que « Tous les Alliés soutiennent également ce que j’appellerais l’approche à double voie, la dissuasion et la défense combinées au dialogue ».

L’OTAN souligne qu’« Une solution politique est encore possible. Mais la Russie doit s’engager de bonne foi, désamorcer et s’asseoir et vraiment faire un effort pour trouver une voie à suivre ».

Par ailleurs, Zelensky a demandé que soit une procédure urgente pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Europe, puis celle à l’OTAN.

Le président de l’Ukraine a eu le 1er mars une conversation téléphonique avec également Olaf Scholz, sur les bombardements par la Russie sur des quartiers résidentiels « lors de pourparlers de paix », précise Zelensky, qui souligne que « Les travaux sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne doivent être accélérés ».

De son côté Ursula von der Leyen a déclaré, « Aujourd’hui, l’Union européenne et l’Ukraine sont déjà plus proches que jamais » et précisant qu’« Il y a encore un long chemin à parcourir. Nous devons mettre fin à cette guerre. Et nous devrions parler des prochaines étapes ». Puis, donnant un fort signe de soutien à la demande de l’Ukraine, la présidente du Parlement européen souligne que « Personne ne peut douter qu’un peuple qui défend si courageusement nos valeurs européennes appartient à notre famille européenne ».

Le président de l’Ukraine a témoigné lors d’une intervention en visioconférence avec le Parlement européen, et a déclaré, « Nous luttons pour la survie, c’est cela notre motivation première, mais nous luttons aussi pour devenir un membre à part entière de l’Europe ». Puis, affirmant – « Nous avons prouvé notre force et nous avons prouvé que nous sommes au moins les mêmes que vous », « Avec nous l’Europe sera plus forte ». Le président ukrainien a lancé cet appel poignant , « Ne nous lâchez pas, ne nous laissez pas, prouvez-nous que vous êtes Européens, ainsi la lumière va vaincre l’obscurité ».

Le parlement européen comme l’Assemblée nationale ont fait ce mardi 01 mars, une ovation à Volodymyr Zelensky.

De son côté, la France accélère le déploiement de soldats en Roumanie. Les premiers soldats français sont arrivés à la base aérienne de Mihail Kogalniceanu, à Constanta. Une base située dans une ville du sud est de la Roumanie, près de la mer Noire, et accueillant également des soldats américains.

Par ailleurs, plus de 500 soldats du 27e bataillon de chasseur alpins, répondant aux missions d’urgence sur des terrains difficiles et par des conditions climatiques extrêmes, pouvant évoluer en zone de montagne, comme en zone urbaine, ont rejoint la base d’Istres (Bouche du Rhône) et ont décollé mardi 1er mars vers 15 heures pour gagner la Roumanie.

De la même manière des soldats du 126ème régiment d’infanterie de Brive (Corrèze) sont partis par convoi routier rejoindre la Roumanie. Une mission de présence, de surveillance comme l’a indiqué le Secrétaire général de l’OTAN. Une intervention sur le sol ukrainien n’est ni annoncée, ni décidée pour le moment. L’Europe face à la guerre, les conséquences économiques seront graves pour les populations de différents pays. Les plus vulnérables subiront les premiers l’effondrement d’un système si la confrontation avec la Russie entre dans une guerre profonde.

La guerre fait rage, quand nous voudrions voir la paix triompher. Les prochains jours seront décisifs pour l’évolution du conflit en Ukraine. Des bombardements ne se sont pas arrêtés, malgré la main tendue à la Russie par les Alliés de l’OTAN pour donner une chance à la paix de vaincre la guerre. Elle doit être la seule gagnante. 

© Fédora Hélène

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