Syrie et Ukraine – Les crises humanitaires en lien – Fragilisation de la paix au niveau mondial

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La guerre, le mot prononcé par Emmanuel Macron, ce mot prononcé sur le sol européen et de France ne vient pas subitement, il est issu de décennies de guerre, jusqu’à la référence de la seconde guerre mondiale. Nous faisons face à notre histoire. Nous sommes à une période de profond changement, un bouleversement est actif et s’est révélé lors de la pandémie de Covid de manière globale.

La crise climatique, les conflits armés, l’aggravation de la pauvreté sont en constante augmentation, alors que les efforts humanitaires ont été sans précédent et ont permis de ralentir la pauvreté au niveau mondial. En 2010, il y avait 14,3 % de travailleurs subissant l’extrême pauvreté, et en 2019, les efforts pour lutter contre la pauvreté ont permis de baisser de moitié cette pauvreté, passant à 7,1 %. La pauvreté est évitable et son élimination est possible.

Les politiques ont pourtant par la poursuite d’une économie mondialiste, par la continuité de l’armement, des ventes d’armes, par cet esprit de la guerre, par la mise en avant des lobbies et milliardaires, provoqué un appauvrissement bien avant la crise de la pandémie de Covid. Ainsi, les estimations faites par les Nations Unies, évaluent qu’il serait en 2030, toujours 6 % de la population mondiale subissant l’extrême pauvreté. Un chiffre qui s’aggrave après la pandémie. Celle-ci fait basculer plus de 70 millions de personnes dans l’extrême pauvreté.

L’éclatement de la guerre en Ukraine qui pourrait provoquer d’ici les prochains mois, 4 millions d’ukrainiens déplacés, fuyant les bombardements, provoque en cascade une aggravation des crises humanitaires à travers le monde et notamment en Syrie.

Une aggravation par les sanctions prises contre la Syrie et qui touchent en premier les plus vulnérables et non l’élite politique et économique. Dix ans d’un conflit « dévastateur », selon l’ONU, viennent de s’écouler et il en résulte, « la violation de presque tous les droits humains fondamentaux, la commission de presque tous les crimes contre l’humanité énumérés dans le statut de Rome et de presque tous les crimes de guerre ». Cet atroce de la guerre dévaste notre humanité et ces guerres ne sont pas séparées les unes des autres, mais ont cette dimension internationale.

Cette peur de la guerre mondiale que l’on ressent aujourd’hui en Europe, est en réalité trop tardive. Les Européens auraient dû avoir peur de celle-ci, il y a dix ans. Cela fait dix ans que la guerre est cultivée sur plusieurs continents et cette guerre contre notre planète en accélérant une pollution catastrophique. Les Européens crient à la maison qui va brûler, quand elle brûle.

Aujourd’hui, en Syrie, les besoins humanitaires ont atteint le plus haut niveau depuis le début de la guerre civile en 2011 à la suite du « printemps arabe », d’un soulèvement du peuple à travers le Moyen-Orient. En Syrie, ce sont 11 millions de personnes qui ont besoin d’une aide humanitaire vitale. En 2019, l’ONU et ses partenaires ont pu porter secours à 6 millions de personnes chaque mois et dans toute la Syrie. Un secours alimentaire, une aide qui a aussi fourni des médicaments pour près d’un demi-million de personnes.

Le 11 mars 2022, l’anniversaire tragique, en Syrie « des millions de déplacés internes et de réfugiés luttent pour survivre dans des circonstances les plus difficiles » a souligné le Chef de l’ONU, M. Guterres.  Mais, affirme t-il « Nous ne devons pas perdre espoir, nous devons agir maintenant » pour la paix, « pour parvenir à une solution politique négociée, conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité ».

« Nous ne devons pas perdre espoir » M. Guterres

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Une paix dramatiquement menacée quand ce même jour, le 11 mars, la Russie annonce que des ressortissants syriens se porteraient volontaires pour combattre aux côtés de la Russie.

Un 11 mars difficile, Emmanuel Macron a déclaré à la presse, à Versailles où les dirigeants européens se sont réunis, que le conflit en Ukraine était « un immense traumatisme », « un retour du tragique » et il a expliqué ne pas « ménager les efforts pour obtenir un cessez-le-feu si important », mais il a souligné, « être inquiet, pessimiste » quant à la résolution diplomatique du conflit russo-ukrainien.

Un 11 mars en tristesse pour en premier les populations vulnérables qui ont besoin de la paix pour survivre, qui ont besoin de couloirs humanitaires sûrs et pourtant les conflits persistent, quand il faudrait en urgence un cessez-le-feu mondial. Mais celui-ci peut-il être quand l’économie augmente sa puissance, que des hommes ont choisi d’être le business avant d’être humain.

Des couloirs humanitaires qui doivent être aussi assurés en Syrie, « Nous devons assurer un plus grand accès humanitaire pour répondre aux besoins des personnes dans tout le pays » a déclaré Antonio Guterres qui précise, « les livraisons à travers les lignes de front et à travers les frontières sont essentielles pour atteindre des millions de personnes dans le besoin ». Le Chef de l’ONU rappelle l’objectif, répondre « aux besoins immédiats pour sauver des vies », ce qui constitue « un impératif moral et humanitaire » a affirmé M. Guterres.

Le Chef de l’ONU a appelé le Conseil de sécurité à renouveler la résolution 2585 (2012), pour garantir le maintien de la circulation de l’aide humanitaire en Syrie, au plus près des populations traumatisées par la guerre.

Une guerre, et l’ONU estime qu’il y a 100 000 personnes disparues en Syrie, et qu’« Il est temps de répondre aux appels urgents des familles à travers la Syrie qui cherchent à clarifier le sort et le lieu de disparition de leurs proches. Alors que des familles cherchent la vérité pour leurs proches, des milliers de personnes continuent de croupir dans des prisons dans des conditions inimaginables ».

Antonio Guterres a affirmé, « Nous ne pouvons pas laisser tomber le peuple syrien. Le conflit doit cesser », ajoutant, « Mon message est clair ».

Le Président de la Commission d’enquête internationale et indépendante de l’ONU, Paulo Pinheiro, a exprimé que « Certains d’entre vous se demandent peut-être quelles leçons peuvent être tirées de la crise syrienne – en particulier le rôle de la Russie – lorsque nous examinons ce qui se passe en Ukraine aujourd’hui ».  L’inquiétant conflit qui perdure en Ukraine fait craindre une longue guerre, une crise humanitaire profonde, et une violation du droit international humanitaire, comme avec l’attaque de l’armée russe sur un hôpital pédiatrique, et fermement condamné par la France.

« Nous voyons des pratiques similaires dans le conflit que nous voyons actuellement dans un autre pays » que la Syrie, a indiqué à la presse l’enquêteur de l’ONU. Les droits humains bafoués signifient des vies humaines profondément blessées, traumatisées, des civils tués.

Notre humanité est à un moment crucial, et « Nous pouvons espérer que les dirigeants mondiaux font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter que l’Ukraine ne connaisse un sort similaire », exprime l’ONU. Les bombardements attaquant les civils en Ukraine, des infrastructures de santé, comme l’hôpital pédiatrique de Marioupol, que Joe Biden qualifie « d’acte barbare », renforcent la gravité du conflit et le font glisser pas à pas aux frontières de l’Europe. Des frappes aériennes russes qui rappellent les violations du droit international humanitaire observées en Syrie, souligne Hanny Megally, membre de la Commission, qui dit être « très inquiet » de constater des similitudes avec la Syrie.

De la crise en Ukraine à la crise en Syrie

14,6 millions de personnes en Syrie ont besoin de l’aide humanitaire, dans un pays qui subit une sécheresse durable touchant les récoltes. « Les conséquences négatives » de la guerre en Ukraine, souligne la Commission d’enquête, ont de fortes répercussions sur les prix des produits alimentaires. Une inflation proche de 140 % au début de l’année, le gouvernement syrien a décidé de rationner les produits essentiels et le carburant.

Le blé, base importante de l’alimentation, « les prix des importations ont grimpé en flèche et nous devons nous rappeler que la plupart des importations de blé de la Syrie proviennent d’Ukraine et de Russie », explique M. Pinheiro.

Le peuple syrien est en souffrance, est réprimé, ce sont des enfants qui grandissent dans la guerre, et la paix doit s’imposer partout dans le monde pour instaurer la justice par la reconnaissance des populations opprimées. Leur liberté garantit notre liberté à tous, c’est ce que les dirigeants mondiaux doivent réaliser, mais les dictatures ne laissent pas la liberté diriger notre monde. Les prochains mois, et particulièrement avril et mai, pourraient vivre une violence, des tensions internationales renforcées et la menace nucléaire d’actualité et non résolue. Les Européens et l’OTAN doivent garder en mémoire que la lutte pour la paix va connaître un moment déterminant pour notre monde.

Il est de rappeler avec force que les ambitions des partis politiques qui servent en premier leurs intérêts doivent vraiment laisser toute la place à un débat pour la paix. Les actes aussi des populations par les manifestations, par également des intentions de partage, de renforcer l’aide humanitaire, d’appels aux dirigeants pour favoriser la paix, doivent soutenir la paix. On ne peut pas penser comme si de rien n’était. La priorité absolue est la défense des droits humains dans leur globalité et en ne les séparant pas les uns des autres. Le malheur du peuple d’Ukraine et de Syrie sont liés et ainsi ce que vivra  les Européens sera aussi par ce lien. C’est quand l’appel à la paix subit le plus de barrages, qu’il doit être puissant. Chaque jour compte quand la vie d’enfants est menacée par la guerre. Chaque seconde pour la paix compte. 

© Fédora Hélène

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