Calvados – Des enseignants épuisés, la problématique des remplacements – Le syndicat Sud alerte

@liberterradaily
Problématique des remplacements dans certaines écoles du Calvados – Situation au point de rupture

Le département du Calvados en Normandie fait face à un manque d’enseignants et se trouve confronté à la problématique des remplacements, alerte le syndicat Sud Éducation. Le syndicat indique qu’il a été des suppressions de postes, dont les conséquences reposent sur les épaules des enseignants en excercice. La pandémie de Covid-19 et le nouveau variant Omicron, des enseignants malades, vulnérables et un système aux rouages complexes pour assurer les remplacements, imposent des conditions de travail difficiles pour de nombreux enseignants et certains élèves ne peuvent suivre une scolarité sans rupture.

Le syndicat souligne l’impact qui en résulte dans le 1er cycle, quand des « classes restent sans enseignant-e pendant plusieurs jours ». Il est fait part dans un communiqué de presse de situations « invraisemblables » où des enseignants vont devoir jongler entre différentes affectations pour un remplacement d’un enseignant absent pour maladie, vulnérabilité, ou dont les enfants sont malades, et pour répondre dans ce même temps, à la demande d’une autre école et « compenser une journée d’absence pour formation ».  

Ainsi, des élèves se trouvent coupés du jour au lendemain du remplaçant qui assurait la continuité de la classe et peuvent être répartis dans différentes classes dans l’attente d’un nouvel enseignant. C’est ainsi que des écoles peuvent afficher une moyenne de 38 élèves par classe. Le communiqué de presse cite l’exemple d’une école de la circonscription Caen Sud, ou encore celui d’une école de Lisieux, qui le 28 mars a pu recevoir jusqu’à 9 élèves supplémentaires par classe.

D’autre part, Sud Éducation alerte sur le fait que des élèves sont restés sans enseignant pendant plus d’une semaine, comme cela a pu être à Authie Village, où les représentants des parents ont saisi la DASEN, sans succès.

Une situation problématique pour les élèves qui ne peuvent vivre une scolarité fluide et sereine, et à ce propos Sud Éducation souligne que « Qui dit répartition des élèves dans les classes au pied levé, ça veut dire que l’on n’a pas préparé la classe pour eux », et précise, « On ne l’improvise pas la classe ».

Un déséquilibre entre absence et remplacement, « ça signifie des effectifs surchargés, des classes qui ne fonctionnent pas et des élèves qui n’apprennent pas », souligne Sud Éducation.  

Par ailleurs, le syndicat précise que lorsque le Comité d’hygiène, sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a siégé à la commission, et qu’ ils ont posé la question des remplacements, on leur a répondu : « Il n’y a pas de problème ».

Pourtant, Sud Éducation souligne que, « On arrive à la situation où on demande aux AESH, aux ASEM, aux stagiaires, et parfois dans certaines écoles, aux personnes réalisant des tâches administratives, de prendre en charge les élèves ». Le syndicat évoque le fait que « c’est un peu un jeu de pouvoir. On les force un peu à prendre des classes, alors qu’encore une fois, ce n’est pas leur fonction à la base ».

Cette problématique des remplacements impose aux enseignants « un épuisement complet », souligne Sud Éducation, et « surtout une perte de sens, l’impression de ne pas faire leur travail correctement et de ne pas accueillir les enfants de façon correcte ». On demande « à des élèves de venir s’asseoir toute la journée, dispatchés dans des classes », précise le syndicat qui ajoute, « une journée de classe, il y a un sens derrière, on apprend quelque chose« . L’école ne peut avoir l’image d’une garderie, mais doit avoir celle du savoir, de l’apprentissage des connaissances.

Apprendre au sein de l’école, cela doit être le sens de grandir en paix et sécurité, de devenir autonome pour réaliser ses projets futurs, ses rêves. La confiance entre les uns et les autres forme une cohérence, un lien essentiel pour apprendre dans de bonnes conditions, avec sérénité. La résolution de la problématique des remplacements permet une fluidité dans la continuité des apprentissages, et permet à l’élève de garder sa classe, un lieu où il se sent en confiance, avec lequel, il établit un lien affectif.  L’enfant est en quelque sorte « chez lui » le temps d’une année, il y possède ses repères.  C’est un lieu rassurant pour l’enfant, comme un enseignant peut être attaché à sa classe.  Il faut alors prendre en considération que pour certains enfants, se retrouver dans une autre classe, signifie ne pas faire partie du groupe, ni de la journée de classe, des activités s’y déroulan. C’est perturbant et cela peut apporter une tristesse. D’ailleurs « être mis dans une autre classe », est parfois considéré comme une punition.

Les enseignants-es font leur possible pour accueillir au mieux les élèves supplémentaires, mais « On ne peut pas prévoir de la classe comme ça en cinq minutes et s’adapter à tous les niveaux d’élèves que l’on reçoit dans la classe », souligne le Syndicat Sud. 

Il est donc cette rupture du rythme scolaire pour les élèves répartis dans différentes classes, et pouvant changer souvent de remplaçant sans avoir été prévenus de ce changement.  

Une perte de sens, un épuisement, la période de la pandémie, une gestion instable des absences, des facteurs multidimensionnels et arrive le point de rupture, « Il y a un certain nombre d’enseignants qui ont tenu, sauf que lorsqu’on tient, qu’on essaie de résister, que l’on ne va pas bien et que l’on ne prend pas un arrêt – le jour où on se met en arrêt, c’est une absence sur la durée », explique le syndicat. Des absences qui deviennent longues par la fatigue accumulée et la problématique des remplacements prend encore plus d’ampleur.

Le ministère de l’Éducation répond à LiberTerra 

Une crise des remplacements qui n’est pas nouvelle et qui a toujours été présente sur tout le territoire et sous différents gouvernements. Le ministère de l’Éducation souligne que la crise sanitaire a modifié considérablement les conditions de remplacements des enseignants absents et « c’est cette crise sanitaire qui a accru nos besoins en termes de remplacement ».  

Le ministère rappelle que « pour assurer la continuité du service public, il avait été décidé de recruter 3 300 enseignants contractuels supplémentaires ». Une décision prise en janvier sous forme de contrats longs allant jusqu’à la fin de l’année scolaire, précise le ministère. Un recrutement, qui selon le ministère a fait partie de 6 000 équivalent temps plein annoncés à la fin de l’année 2021. Le ministère souligne qu’il avait été ainsi décidé «tout un archipel de mesures» pour renforcer la réponse à la crise sanitaire, comme recourir aux listes complémentaires de concours de 1er degré, comme le recrutement de 1 500 assistants d’éducation supplémentaires dans le second degré et le recrutement de vacataires administratifs tout au long de l’année. Le ministère précise également qu’il a été la prolongation de 1 700 contrats de médiateurs anti-Covid.

Un arsenal de mesures prises pour répondre aux absences dues en partie à la crise sanitaire, selon le ministère de l’Éducation, qui précise que ce dispositif de soutien « ne résout pas tous les problèmes de remplacement car il y a des endroits où malgré les efforts des chefs d’établissements, malgré ce qui est mis en œuvre, il y a des tensions locales fortes ».  

D’autre part, le ministère souligne que le dernier mouvement de grève des enseignants, « Nous a alerté pour prolonger jusqu’à la fin de l’année scolaire des recrutements pour régler le problème de remplacements ».

Le ministère précise également, qu’il n’y a pas plus d’absence parmi les enseignants que dans d’autres professions, mais cela a « un retentissement tout particulier », car il s’agit de l’éducation des enfants, du droit à l’éducation dans les meilleures conditions.

Le ministère exprime aussi la complexité de la gestion des remplacements et qu’il est de prendre en compte l’expérience de la pandémie, comme il a été l’enseignement à distance durant la période du confinement.

À l’écoute des enseignants et des élèves

Être à l’écoute des enseignants qui partagent leur quotidien auprès des élèves, qui ont à cœur de réaliser des projets, d’innover pour améliorer le monde éducatif, pour répondre aux défis majeurs que nos sociétés affrontent comme la pandémie de Covid, la crise climatique – et  par cette écoute, mettre en œuvre ce qui est nécessaire pour le bien-être des élèves et des enseignants. Il est de veiller à une sérénité de travail pour les enseignants ayant à cœur leur métier, la vocation d’enseigner et une responsabilité concernant l’avenir des enfants par l’acquis de l’autonomisation. Un métier profondément humain qui exige un investissement important. 

Un épuisement, les témoignages d’enseignants auprès des syndicats expriment cette fatigue ressentie – une fatigue émotionnelle, physique qu’il est à prendre en compte. Un épuisement vécu par des enseignants, des directrices et directeurs d’établissement, qui nécessite de poser à plat sur la table tous les dysfonctionnements, ainsi que le manque de reconnaissance du travail accompli, le manque de compréhension concernant la réalité du métier d’enseignant, qui pourrait être. Écouter, et l’administration, le politique doivent être la garantie d’un soutien efficace pour le bien-être de tous, pour favoriser un enseignement de haute qualité dans une continuité des apprentissages. 

© Fédora Hélène

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