Monkeypox – La variole du singe : des cas signalés en Europe et en Amérique du Nord

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Monkeypox – Variole du singe

L’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a détecté depuis le 6 mai, 20 cas de monkeypox – variole du singe – au Royaume-Uni de Grande -Bretagne et d’Irlande du Nord, une infection inhabituelle au Royaume-Uni, a souligné l’UKHSA.

L’OMS indique que selon les informations actuellement disponibles, l’infection aurait été contractée localement au Royaume-Uni. Le 7 mai, l’OMS a été informée d’un cas de variole du singe chez une personne qui s’est rendue au Nigeria, avant de retourner au Royaume-Uni.

La maladie s’est développée par une éruption cutanée le 29 avril, avant l’entrée de la personne au Royaume-Uni le 4 mai. Un cas pris en charge, « immédiatement isolé », souligne l’OMS. De plus, les contacts du vol international ont pu être identifiés et suivis durant 21 jours. « Aucun cas n’a signalé de symptômes compatibles jusqu’à présent », a indiqué l’OMS dans un communiqué, qui a précisé que le risque de contamination à partir de ce cas est « minime ». Cependant, la source n’ayant pas été identifiée, il demeure un risque de transmission continu au Nigeria.

Le 18 mai, un résident américain a été testé positif au monkeypox après un voyage au Canada. Les scientifiques des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) observent des apparitions du virus en Europe et en Amérique du Nord depuis la mi-mai dans plusieurs pays qui normalement ne signalent pas le monkeypox.

Monkeypox – Quelle maladie ?

La variole du singe est une maladie zoonotique virale – un virus transmis à l’homme par les animaux – qui se trouve principalement dans les forêts tropicales humides d’Afrique centrale et occidentale et qui peut parfois atteindre d’autres régions. Différents animaux sont sensibles à cette maladie, tels que les écureuils arboricoles, les rats de poche de Gambie, les loirs, les singes, et d’autres espèces. Des études tentent de comprendre comment le virus circule dans la nature et pour retracer l’histoire naturelle du virus.

La maladie est causée par le virus monkeypox qui appartient à la famille des orthopoxvirus. D’autre part, il y a deux branches génétiques distinctes du virus de la variole du singe – celle d’Afrique centrale et celle d’Afrique de l’Ouest.  Le clade du bassin du Congo a provoqué des maladies plus transmissibles et graves. Cependant, la maladie est généralement « spontanément résolutive », indique l’OMS.

Concernant le clade ouest-africain, le taux de mortalité documenté est d’environ 1 %, alors que celui du bassin du Congo peut atteindre 10 %. Par ailleurs, les enfants sont plus à risque, et le virus peut entraîner des complications pendant une grossesse. 

Des cas moins graves de la variole du singe peuvent passer inaperçus, mais reste un risque de transmission interhumaine.

Aujourd’hui, le Cameroun reste le pays où les deux variants ont été présents.

Transmission de la maladie

Le monkeypox peut se transmettre par contact étroit par les sécrétions respiratoires, des lésions cutanées d’une personne infectée, ou par des objets contaminés. Le risque de transmission par gouttelettes respiratoires demandent un contact prolongé face à face – les professions de santé, et autres contacts étroits avec un cas actif sont plus exposés.

La transmission peut se produire durant la grossesse, via le placenta de la mère au fœtus, ou lors de contacts étroits pendant et après la naissance.  Le contact physique peut être un facteur de risque de transmission.

L’OMS a été informée le 15 mai de quatre cas confirmé en laboratoire présentant « une éruption cutanée vésiculeuse chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ».

Cependant, à l’heure actuelle, il reste une incertitude sur la transmission sexuelle. Des études scientifiques permettront de mieux comprendre les risques de transmission.

Monkeypox et variole

L’OMS souligne que l’arrêt de la vaccination antivariolique expose plus les populations non-vaccinées – cela fait 40 ans que tous les pays ont cessé la vaccination systématique de la variole. La variole était une maladie plus transmissible et plus dangereuse, avec environ le décès de 30 % des patients. Éradiquée dans le monde après une campagne de vaccination, les derniers cas de variole se sont produits en 1977 et en 1980.

Cependant, l’OMS indique que la variole ne se produit plus naturellement, mais que le secteur de la santé observe une vigilance car la maladie pourrait revenir par différents facteurs : naturels, un accident de laboratoire ou sous forme de guerre biologique. Pour assurer la sécurité des populations, le recherche travaille au développement de nouveaux vaccins, médicaments antiviraux, qui peuvent également intervenir pour prévoir et contrôler la variole du singe.

Symptômes de la maladie

La période d’incubation du monkeypox est comprise entre 6 à 13 jours, mais peut aller jusqu’à 21 jours. Rassurant, le plus souvent, la maladie reste bénigne et les symptômes disparaissent généralement au bout de 14 à 21 jours.

Cependant des symptômes peuvent être légers à graves et se divisent en deux périodes. La première phase de la maladie dure jusqu’à 5 jours, et se manifeste des maux de tête intenses, de la fièvre, une lymphadénopathie (gonflement des glandions lymphatiques), des maux de dos, des douleurs musculaires, une fatigue. La deuxième phase de la maladie est l’éruption cutanée dans les 1 à 3 jours après l’apparition de la fièvre. Elle touche le visage dans 95 % des cas, la paume des mains et la plante des pieds dans 75 % des cas, les muqueuses buccales peuvent être également touchées dans 70 % des cas, les organes génitaux (30 %) et les conjonctives (20 %), jusqu’à la cornée.

Le nombre de lésions peut varier de quelques à plusieurs milliers.

Traitements pour lutter contre la maladie

L’OMS recommande d’optimiser les soins cliniques pour soulager les symptômes, et prévenir les complications et séquelles à long terme. Un médicament antiviral, le tecovirimat, a été mis au point pour la variole et autorisé par l’Association médicale européenne (EMA) pour le monkeypox en 2022. Toutefois, ce traitement n’est pas encore largement disponible. L’OMS a souligné dans un communiqué que « s’il est utilisé pour la prise en charge des patients, le tecovirimat doit idéalement être suivi dans un contexte de recherche clinique avec collecte de données prospective ».

Vaccination

Des études ont démontré que la vaccination contre la variole évite les cas graves de la maladie de la variole du singe à environ 85 %. Pour savoir si vous avez été vacciné contre la variole, sans carnet de vaccination disponible, généralement la preuve de la vaccination contre la variole se traduit par une cicatrice sur le haut du bras. Ces vaccins de première génération ne sont plus disponibles. Des personnels de santé exposés peuvent avoir reçu une forme plus récente du vaccin antivariolique. D’autre part, en 2019, un vaccin basé sur un virus de la vaccine atténué modifié (souche Ankara) a été approuvé pour prévenir du monkeypox. Un vaccin à deux doses, qui reste peu disponible.

Des études en cours évaluent la pertinence d’une vaccination généralisée pour lutter contre le monkeypox. Aujourd’hui, certains pays sont en train d’établir des politiques de santé visant à offrir le vaccin aux personnels de santé potentiellement exposés à des risques.

Comment réduire les risques de transmission zoonotique

La crise climatique bouleverse l’environnement des populations pouvant être exposées aux risques de contamination. La sécheresse touchant depuis plusieurs années des territoires, ne permet plus de pérenniser l’agriculture et l’élevage, et les déplacements forcés du fait de conflits armés et de catastrophes climatiques, aggravent les crises alimentaires. La chasse de gibier sauvage devient alors un moyen de se nourrir et expose l’être humain à plus de risques. La viande doit être bien cuite avant d’être consommée. De plus, le contact avec les animaux sauvages, et particulièrement avec ceux malades ou morts, augmente considérablement les risques.

La modification de l’environnement touche également l’habitat des animaux, et leurs moyens de subsistance, ainsi ils peuvent se rapprocher des villages, habitations pour s’alimenter et contaminer les lieux de vie des habitants.

Certains pays mettent également en place des réglementations pour limiter l’importation de rongeurs et de singes et placent en quarantaine les animaux contaminés. Ils resteront en observation pendant 30 jours.

Voyages et risques

L’OMS ne recommande aucune restriction pour les voyages vers le Royaume-Uni ou le Nigeria, selon les informations actuelles. Si des symptômes surviennent pendant ou après un voyage dans une zone d’endémie, cela doit être signalé auprès d’un professionnel de santé. Pour les personnes voyageant dans un pays à risque, il est recommandé de ne pas avoir de contact avec des animaux malades ou morts susceptibles d’être contaminés, et de s’abstenir de manipuler et de manger du gibier sauvage. Le lavage régulier des mains, et l’utilisation de gel désinfectant sont recommandés. 

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