Littéraire – Le combat pour la liberté – extrait de : « Les hirondelles chantent en hiver », de fédora Hélène

Combattre pour la liberté, pour un chemin de paix, le sourire d’un enfant –

Je vais ouvrir la porte, voir ce jardin, voir ce matin. Marcher pieds nus dans l’herbe baignée par la rosée, au clair la brume entre les rayons naissant. Je rejoindrai cet enfant. Je toucherai son cœur, elle relèvera la tête, verra l’étoile au jour. Elle saura, elle ira vers ses rêves, elle prendra la liberté pour chemin, renversera sur le côté les pierres, elle sautera par-dessus les flaques de sang.

Je serai cet ange au-dessus d’elle. Je lui donnerai ma force, elle ne tremblera plus au soir venant, elle n’aura plus la peur la couvrant de douleurs, elle franchira les murs, elle s’évadera échappant à jamais à ce monde de violences.

Je serai cette voix soufflant sur la flamme délivrant à sa courbe dansante, le message comme l’oracle dessinant dans le ciel l’avenir, et les images courent, son nom déjà inscrit dans ce petit carnet.

Les possibles, le futur se vivant avant l’heure tapant l’horloge, il y aura cette lumière levant l’obscurité, ces notes déposant sur le tableau le trait des visages, de ses fleurs longeant la toile et grandissante en roses charmantes pour colonne vertébrale s’unissant à la Terre, elle ne sera jamais plus abandonnée.

Ce caillou tapant sur la fenêtre les jours d’ennui, la solitude en décor, plantant au milieu du salon ce bateau à voile, la dernière vague à la marée montante, prendre à la lune, le temps et transformer la pièce disparaissant. La grande voile blanche et partent les chagrins.

Elle n’aura, enfant, qu’à prendre le large et ne jamais revenir. Sa vie à l’étau de vos disciplines écroulant la liberté, et dans la cour grise, les oiseaux sont ces feuilles mortes. Elle lancera les billes virevoltantes en dés à la face gagnante, et des ailes au papier aux lignes sages, elle deviendra la colombe, celle à la craie aux murs et ne s’efface sa vie.

Je vois et ce sourire, traverse la musique au son d’un piano, elle récite une poésie, si fragile, elle a froid à l’hiver des écoles traçant les lettres des par cœur sans cœur. Ces enfants humiliés, frappés, derrière la grande porte des religions, le catholicisme, sonne la cloche, et les blouses bleues en papillon s’envolant entre les grilles, en perce-neige, roses éternelles, croyant en ces quelques secondes de révolte contre la brutalité brisant les cœurs.

Les brimades, humiliations, ce harcèlement long des éducations, où l’enfant obéit par peur, où l’adulte est celui dominant, et non l’ami guidant, offrant le savoir, transmettant, partageant les lettres de la flamme conviant à chaque mouvement celle du mot, vie.

Je me souviens de vouloir m’échapper, escalader les murs, punie dans le couloir, cinq ans à peine, et déjà le poids des peines, des règlements, punie car déposée en retard derrière les hauts murs.

Ces récréations dans un couloir sombre à attendre l’aiguille de l’horloge fixée, comme les rêves des enfants sans mots, assis aux bancs, récitant les leçons, sans jeux, sans oser parler, ce silence de la classe, cinq ans et déjà l’envie de la révolte. De courir dans les rues, franchir les barrières, respirer la paix, loin des sévérités enfermant l’esprit.

La tristesse de l’école maternelle au béton, et pierres, aux escaliers de métal, et tournaient les rondes à la ritournelle de l’hirondelle frappée pour une mie de pain, et apprenant à la volée, les plaines où l’hirondelle, mon amie, on chantait à l’unisson, au diable les coups de bâton.

Je n’ai pas oublié cette jeune fille humiliée, sa copie accrochée dans le dos et devant rester immobile en haut du perron, car son interrogation était tachée du rouge de l’enseignant affichant sa colère, et ainsi l’enfant fut exposée à l’ensemble des élèves.

Je n’ai pas oublié ce garçon frêle, le nez en sang après avoir reçu une gifle par l’enseignante pour une mauvaise note.

Les écoles brisant et ma colombe à la craie vole au secours des enfants en larmes et la révolte. Je ferai une copie volontairement pleine de fautes rendues à cette instructrice ayant frappé un enfant, après en avoir parlé aux adultes qui laisseront faire, et continueront les coups, les orages sur les têtes sages et enfantines.

La violence des religions, je quitte l’école, le cœur traumatisé, et mes yeux pleurent toujours au vent. Il fait froid en France dans l’archaïsme des extrêmes qui étaient en ce 20 -ème siècle et perdure ces élites aux mensonges moralisateurs aux sombres des bourgeoisies enterrant la démocratie.

La croix pleure aux enfants maltraités, la foi au secret de leur cœur, loin de ce qui s’impose en endoctrinement, cassant le pas des libertés. Croire aux nations libérées, à la fin des pouvoirs d’une oligarchie régnant toujours dans les salons culturels aux menteurs, à leur haine récitant toujours les lignes pensant posséder la lecture des âmes pures, et peignant de noir l’horizon, brouillant la vérité, la fraîcheur des pensées libres. Les élites accusatrices dissertant sur les colonnes des journaux à la droite charmant la cupidité et l’orgueil, quels enfants traumatisés ont-ils été ?

La violence de notre société, la pauvreté en brouillard persistant, la colline aux oiseaux, ces corps dormant à terre, ces enfants dormant le ventre vide, la richesse à creuser l’enfer, il n’est pas pire échec que de devenir milliardaire.

Et, pourtant aux bruits des canons, ils ont gagné leurs millions et quand frappe à la porte la misère, la peur tout en douleur, les verres de champagne se lèvent aux donateurs richissimes qui ne laissent qu’une miette du pain qu’ils ont volé aux misérables. Ils ne leur rendent que cela de ce qu’ils ont pris des ressources de la nature, des ressources de l’amour donnant vie à leur cœur aussi.

Leur cœur aussi, les tourments de leurs souvenirs, et s’en vont leur joie qu’ils repêchent au fleuve des richesses, ces ivresses coulant à pic, un long désespoir. L’argent marchant derrière les cercueils, faisant les funérailles, l’espoir au lointain supplie à la lumière perçant l’aube aux nuages aux couleurs indéfinissables, du bleu, de l’oranger, des blancs aux reflets d’or et sombre, la nuit vient, tombe. Lourd, le fardeau, notre humanité séparée, les oppresseurs et l’enfant aux pleurs de souffrance, les cœurs déchirés, tombe la nuit, et le sommeil en tyrannie, aux cauchemars et brusquement le chagrin, les yeux s’ouvrent sur le désert, ils détruisent la vie. Puis, la poésie fait renaître le chemin de paix. Sa terre en poussière légère couvre nos mains, et doucement se teintent nos visages d’elle fidèle, la paix lumineuse.

Je m’éloigne du bruit, et j’écoute la liberté, frôle sa brise, l’air si bon, je prends toute la générosité de ma Terre, emporterai en ma mémoire sa tendresse, et sans peur avancer, combattre jusqu’ à la dernière lune, ne jamais céder pour qu’un enfant puisse grandir libre. Le calme berçant son sommeil, veillant, les guerrières ne laisseront pas entrer les loups. Ces hommes de violences blessant nos corps, laissant meurtries nos mémoires, ces hommes devenant ces ennemis en forgeant leur haine à l’acier des systèmes violant les droits humains, et mettant à terre la rose, piétinant ses pétales, écrasant les fleurs, hurlant à la mort sur ceux aimant la vie.

Combattre, donner sa vie pour la liberté, son avenir, elle protégeant, elle, le sens. Combattre sans faille, et jamais renoncer, être au plus près de l’étoile, avant la fin, savoir que l’on aura tout donner au-delà de nos forces, marquant le sable de cette signature, un ange a consolé un enfant. 

© Fédora Hélène

extrait de « Les hirondelles chantent en hiver » ©

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